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(2) Mystére, P. 24.
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protestante contre ces nouveaux ennemis; mais nous serions étonné qu'il se fût mépris sur leur véritable nature, et pour nous restreindre au sujet de cette dernière note, nous serions encore plus étonné qu'il partageât l'indignation de M. de Gasparin contre notre chapitre de Cideville, ne fût-ce que par respect pour son fondateur et son prophète, le célèbre Wesley. Voici, en effet, ce que nous lisons dans le t. 1 de Gœærres, pag. 338, à propos des esprits frappeurs des siècles précédents (1).
« Un esprit de cette sorte, hanta la maison paternelle de WESLEY, le fondateur de la secte des Méthodistes. Cette maison était située à Epworth, dans le Lincolnshire, où le père de Wesley était alors senior, et le bruit commença le 1°" décembre 1716, par des gémissements devant la porte de la salle à manger, et dura jusqu’au 27 janvier 4717 ; de sorte qu'on eut tout le temps de bien étudier cette affaire. Tous les membres de la famille étaient sans peur et sans préjugés, Ils firent tout ce qu’on peut faire en pareil cas, pour découvrir l'erreur ou la supercherie , et Samuel, fils du senior, homme sincèrement religieux, comme on le sait, nous a conservé les résultats de l’enquête, tels qu’il les avait trouvés dans le journal de son père, dans les lettres de sa mère, de ses frères et de ses sœurs. Cette histoire réunit donc tous les signes d'une authenticité parfaite. La fimille de Wesley pria le père d'adresser la parole à l'esprit qui les tourmentait. Un soir donc, vers six heures, il entra dans la chambre des enfants, où il entendait des gémissements et des coups. Il conjura l'esprit de parler, s’il en avaitle pouvoir, et de lui dire pourquoi il hantait ainsi sa maison. L’esprit ne répondit pas, mais frappa trois coups, suivant sa coutume. Wesley prononça un nom, et lui dit que, si c'était le sien, il eût à frapper, dans le cas où il ne pourrait parler. Mais l'esprit ne frappa plus tout le reste de la nuit. Plus tard, Wesley répéta plusieurs fois la même chose, suivant l'esprit de chambre en chambre, de jour et de nuit, avec ou sans lumière, et lui adressant la parole quand il le sentait approcher; mais il n’entendit jamais une voix articulée. Une ou deux fois, seulement, il entendit deux ou trois sons très-faibles , un peu plus distincts
(1) N'est-ce pas déjà une chose très-étonnante que de retrouver cette même dénomination d’espriés frappeurs dans les siècles précédents ? Gœrres lui-même les nommait ainsi dix ans avant la dernière invasion. Nous avons rappelé déjà le spiritus percutiens du rituel; aujourd’hui nous pouvons ajouter qu’on l’appelait plus anciennement «spiritus malleus » esprit marteau.
ET LE METHODISME. 213
que le sifflement d’un oiseau... Il est remarquable, que lorsque la famille était réunie autour de Wesley pour prier, et que celui-ci était arrivé à la prière pour le roi et pour son héritier, l'esprit frappait trèsfort au-dessus de leurs têtes, et que ce bruit se répétait quand il prononçait la prière , tandis qu'il n’avait pas lieu quand on l’omettait; de sorte que les enfants disaient qu’il était jacobite.
« Si les esprits frappeurs (sic) voient ainsi, et entendent ce que les hommes font et disent, ils peuvent aussi quelquefois se faire voir et entendre de ces derniers. La famille de Wesley avait entendu plusieurs fois l'esprit qui hantait la maison, marcher comme un homme vêtu d’une robe de chambre très-large..….
«L'esprit de Wesley en voulait principalement à l’une de ses filles nommée Hetty. Il changeait de lieu avec elle, et c'était sous elle que se faisaient entendre ordinairement les coups...
« L'esprit commençait ordinairement ses scènes par un bruit que Wesley comparait à celui que fait une meule de moulin qui tourne, lorsque le vent change tout à coup, mais que ses enfants comparaient à celui que fait de la ferraille que l’on remue. D'autres fois, il semblait qu'un menuisier rabotait des planches (rapping); puis l'esprit frappait trois coups (£nocking ), une fois, deux fois, trois fois et ainsi de suite, pendant plusieurs heures. Tous les membres de la famille entendaient ces coups, à la même place, tantôt dehors, à la porte du jardin; puis, une demi-minute après, au-dessus de leurs têtes. Les coups étaient forts et creux, et tels que personne ne pouvait les imiter. Lorsqu'on visitait les chambres, le bruit se faisait entendre chaque fois dans celle que l’on venait de quitter, ouverte ou fermée : il imitait tantôt le bruit de la danse, tantôt le gloussement d’un dindon; tantôt il semblait qu’on répandait une masse d'argent, tantôt qu’on Jetait avec force du charbon par terre. Quelquefois les plats dansaient sur la table en présence de Wesley; les portes s’ouvraient et se fermaient, et comme la clenche du loquet s’élevait et s’abaissait, une de ses filles voulut la tenir une fois par dedans, mais elle s’abaissa malgré tous ses efforts, et la porte frappa violemment contre elle, quoiqu'on ne vit personne dehors. Wesley, lui-même, se sentit pressé contre le coin de son secrétaire, ou bien contre une porte. Au reste, les enfants tremblaient toujours dans le sommeil avant de se réveiller, quand l'esprit était près d'eux. Un dogue , que Wesley s'était procuré précisement à cause de ces bruits, aboya très-fort la première nuit, mais se tut
214 CIDEVILLE DEVANT LE MAGNÉTISME ET LE MÉTHODISME. ensuite, et semblait avoir plus de peur que les enfants... » (Gœærres, t, IT, p. 368.)
Quoique ce récit ne puisse guère laisser subsister le moindre doute sur les opinions du célèbre WESLEY, qui se trouvait au nombre de tous ces enfants si croyants, on regrette que Gærres n'ait pas cru devoir les donner.
Toujours est-il, que ces faits de Cideville « qui n'ont eu dit-on, aucune espèce de réalité» se retrouvent dans tous les siècles, y compris le xix°, et dans toutes les croyances, y compris le méthodisme. C'est ainsi que chacun des coups, que notre adversaire a cru nous porter, avant de retomber sur les milliers de témoins modernes, retombent en plein sur Wesley, sur sa famille, et pour le moins sur sa maison.
LETTRE M. GouceNor Des MOUSSEAUX a M. De MIRVILLE.