‹ Question des espritsChapitre 29 sur 117 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

Brochure de M. Thury, professeur à l’Académie de Genève.

Au moment où nous allions livrer notre travail à l’impression , nous entendimes parler d’une brochure pubhée à Genève par l’un des savants collaborateurs, ou plutôt coexpérimentateurs de M, de Gasparin, Nons avons vu plus haut avec quelle confiance ce dernier en appelait à tous les bons yeux, qui secondaient les siens à Valleyres, par conséquent 11 devenait intéressant pour nous, non pas de contrôler son rapport paf un second, puisque notre confiance était entière, mais de jugér de la similitude ou de la diversité des impressions produites par l’obtention des mêmes faits.

Nous fimes donc venir cette brochure, signée par M. Thury, membre de la Société de physique et d'histoire naturelle, et, comme nous l’avons dit, professeur à l’Académie.

Pour M. Thury , au point de vue religieux (1) comme au point de vue scientifique, la question est « TRÈS-GRAVE » (p. 4). Et, lui aussi la traite, il faut le dire , en homme tresgrave et en véritable savant.

Lui aussi, il a des préjugés, mais ses préjugés ne le dominent jamais , et lors même qu'il les écoute, 11 sait les tenir à leur place et véritablement à grande distance.

Dans l’état actuel des choses, c est out ce que l’on peut exiger d’un savant.

La position de celui-ci étant excellente, on comprend qu'il puisse dire à chacun ses vérités. Il commence par les nôtres ; puis, fort peu satisfait, on le voit, des théories proposées à l’Insütut, et surtout du dédain ant-philosophique de celui-ci pour une question si sérieuse, 1l se retourne vers M. de Gasparin et lui fait remarquer fort malicieusement que, « lui aussi,

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(4) Nous supposons ce même point de vue, protestant, par tout l’ensemble des considérations exposées dans les premières pages.

M. THURY. 23 rejette dans son livre, et rejette sans examen, ce qui Jui parait improbable (p. 8). » Sous ce rapport, savants el nova- (eurs n’ont donc rien à se reprocher.

« Quant aux phénomènes annoncés, nul, dit-il, ne pouvant démontrer a priori leur impossibilité... nul n’est en droit de traiter d’absurdes les témoignages sérieux qui viendraient les affirmer (p. 9).

Parmi les faits étranges, confirmés par M. Thury, se trouve compris bien entendu le fameux soulèvement sans contact, et plus souvent encore «le balancement toujours sans contact, jusqu’au renversement total du meuble » (p.15 et 16).

En lisant dans M. Thury les détails de ces expériences, on s’assurera que les précautions les plus minutieuses et les suppositions les plus méfiantes ont entouré la constatation dé ces phénomènes, « qui ont eu en outre pour témoin et pour contrôleur scientifique un membre de l'Institut parisien, »

Pour M. Thury, les phénomènes de M. de Gasparin sont donc exacts. « Leur réalité est établie» (p. 17).

Quant à la théorie que propose notre adversaire, M. Thurv la juge sévèrement. Tout en reconnaissant que dans les expériences de Valleyres le siége de la force est dans l’individu (1), et que la volonté'a pu être ordinairement nécessaire (p. 20), il ne laissera pas facilement oublier ce qu’il a dit dans sa préface. « Ces faits, M. de Gasparin nous les présente encore bruts, et les explications qui les accompagnent, il nous les donne pour ce quelles valent. SOUFFLEZ DESSUS ET JE CROIS QU'IL N'EN RESTERA PAS GRAND CHOSE DEBOUT. Non, il ne restera rien ou pas grand’chose des explications. Quant aux faits, ils demeurent acquis » ( p. 40 ).

Ceci nous dispense de tout le reste, et c’est avec plaisir que nous retrouverons M. Thury à la fin de chacun de nos chapitres.

(1) Nous disons, nous, qu'il est intrinsèque et extrinsèque tout ensemble.

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DÉBARQUEMENT DE LA FACULTÉ! — « Depuis huit jours, disait la trèssérieuse Gazette d’Augsbourg (1853, n° 94), notre bonne ville est dans une agitation difficile à décrire; elle est complétement absorbée par une merveille à laquelle on ne songeait pas avant l’arrivée du vapeur le Washington... Le nouveau phénomène est importé d'Amérique. »

De son côté, le docteur Eissen, rédacteur en chef de la Gazette médicale de Strasbourg, écrivait à l'Union médicale du 30 avril : «Notre dernier numéro était sous presse, quand la ville de Strasbourg fut envahie subitement par une épidémie importée de l’Allemagne, qui elle-même l'avait reçue d'un de ses ports du Nord en communication avec les États-Unis d'Amérique. »

Enfin, M. Babinet s'exprime ainsi dans le travail que nous venons de mentionner : « On sait que ces manifestations prétendues surnaturelles sont arrivées en Europe par Brême, Hambonrg et l'Allemagne en 1852; en 1853, elles ont passé en France et en Angleterre. »

Nous tenions beaucoup à constater le voyage et la marche de la Faculté, et nous y tenions d'autant plus que nous avions lu dans M. de Gasparin : « que le mot épidémie ne pouvait jamais s'appliquer qu'aux maladies.» Nous le prétendons bien ainsi, seulement nous ajoutons qu'il y a des maladies, et par conséquent des épidémies spirituelles.

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