‹ Question des espritsChapitre 32 sur 117 · PENDULE EXPLORATEUR · texte numérisé non relu

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établir ce qu'il peut y avoir de commun entre ce produit imperceptible d’une pensée naissante et ces révélations de choses et de faits complétement inconnus non-seulement aux {ourneurs, mais encore à {ous ceux qui les interrogent.

Ainsi quand Aymar suit les meurtriers et sur terre et sur mer, désigne tout ce qu'ils touchent, tout ce qu'ils foulent, tout ce qu’ils habitent, et livre à la justice le seul coupable qu’il peut atteindre; quand Bleton, autre sourcier, suivi pendant trente ans et cautionné par le célèbre physicien Thouvenel, découvre une multitude de sources qui toutefois n'excèdent pas trente pieds de profondeur ; quand le comte de Tristan, savant contemporain, cité par M. Chevreul, ne peut pour ainsi dire traverser un seul terrain, sa furcelle à la main, sans se Voir à son grand étonnement arrêté par Îles couches d’eau qu’il renferme, que deviennent leurs pensées propres, sinon un témoignage constant et formel de leur propre ignorance, et de la complaisante intervention d’un agent tout à la fois extrinsèque et accidentellement interne qui s’accommode, non pas à leurs pensées, mais à leur intention ?

Car le père Lebrun ne s’y laisse pas prendre, lui, il distingue parfaitement entre la pensée et l'intention. M. Chevreul convient bien avec lui qu’il s'agit « d’une cause intelligente et libre ». Mais l’oratorien ajoute : « Puisque nous avons démontré que nul corps ne fait tourner la baguette, voyons quel est l'esprit qui la remue ? Serait-ce le désir de ceux qui la consultent? Mais l’esprit de l'homme ne peut rien que sur le corps qui lui est uni. D’ailleurs, n’est-ce pas l'esprit humain qui consulte la baguette et qui la consulte sur une chose qui lui est inconnue? Il ne sait donc pas ce qu’elle doit répondre. Comment pourrait-il en diriger le mouvement? » (t. 11, 333).

Or, M. Chevreul ayant pris soin, comme nous l’avons vu, de nous avertir que dans tout cela « le père Lebrun raisonne a merveille, » il faut qu’il nous rende raison comme lui des faits merveilleux de Jacques Aymar, qu'ils ont cités l’un et

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l’autre, et quin’embarrassent pas du tout le pieux oratorieni,

Ah! c'est ici que le savant moderne va retomber dans l’ornière habituelle de la science, ornière dont il était cependant digne de sortir, c’est-à-dire qu'après avoir admis ou paru admettre comme indubitable le récit longnement copié dans son maître, admirateur infidèle 11 l’abandonne subitement, tourne bride, me tout court, comme dit Bayle, et retourne à ses misérables soupçons de jonglerie sur cetté simple raison, que l’impuissance subséquente d’Aymar, à Paris, « et son àpreté au gain, doivent donner bien des doutes aux esprits raisonnables sur les faits si extraordinaires de Lyon, ete, » (209 ).

Quoi! pas d'autre raison! mais alors pourquoi donc nous les avoir si solennellement rapportées? pourquoi tous ces honneurs, ces hommages à l’auteur qui s’en porte garant et que vous transformez tout à coup en radoteur d'une simplicité ridicule? (4)

Vraiment, il faudrait refaire un cours de philosophie et bien rappeler, à ceux qui s’en occupent, ce principe inébranlable ei pour ainsi dire sacré, « que mille faits négatifs ne peuvent jamais détruire un fait suffisamment démontré».

Or, celui d’Aymar venant de nous être présenté comme

(4) «Hn’y a nulle raison, dit le P. Lebrun (t. 111, p.344), pour traiter tout cela d'imposture. Les faits sont attestés par cent témoins habiles, critiques attentifs, et les circonstances sont de telle nature que la fourbérie n'aurait jamais pu se soutenir jusqu’au bout: Ne nous mettons donc plus en peine $i quelques personnes nient le fait, occupons-nous à en chercher la cause.» Il n'y à nulle raison, dirons-nous à notre tour, pour attacher la moindre importänée aux aveux qué ce même Avmar aurait faits au princé de Cotidé à Chantilly. Malgré l’imposante autorité d'un tel nom, il faudrait savoir encore sur quoi auraient porté ces aveux, leur étendue, leur portée. II faudrait savoir surtout Sils n'étaient pas de même nature que ceux des somnambules qui mentent sur leur propre compte, et ne se comprennent plus étant réveillés. Il en était de même des possédés, et nos adversaires prétendent que ces milliers de sorciers qui se donnaient la mort par leurs aveux, n'avaient rien fait de ce qu'ils avouaient. D'ailleurs, les aveux de ce cas de fourberie, ne prouveraient plus rien aujourd’hui, qu'on assimile avéc raison tous ces phénomènes à ceux de nos médiums, dont on reconnait la bonne foi.

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