CHAPITRE II
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MM. de Tristan, Thury, Bautain, Almignana , de Saulcy, de Lorme, et Bénézet.
Commençons par les deux autorités dont le témoignage sera naturellement le plus sensible à MM. Chevreul et de Gasparin.
Le premier a consacré, quelques pages à l'analyse d’un ouvrage, publié, 1l y a une vingtaine d'années, par M. le comte de Tristan, membre de plusieurs sociétés savantes.
Dans cet ouvrage, intitulé Recherches sur quelques effluves terrestres, « M. de Tristan, dit M. Chevreul (p.122), cherche, comme le physicien Thouvenel, à faire rentrer la cause, qui, selon lui, agit sur la baguette, dans la catégorie des forces qui produisent les phénomènes du monde physique. …. Mais M. de Tristan est si loin d’estimer la baguette employée à découvrir les sources, qu’il ne veut pas en prononcer le nom et encore moins ceux de rabdomante, d'hydroscope, de tourneur, de sourcier, etc... M. de Tristan admet que des effluves électriques s'élèvent de la terre, différant en qualité et en quantité selon les heures et les saisons... que le corps
FAITS REBELLES AUX THÉORIES PRÉCÉDENTES. d1 de certains hommes est conducteur de ces effluves, et une fois qu'ils y ont pénétré, ils peuvent imprimer un mouvement de rotation à une baguette, etc. » (p. 123).
On ne peut voir assurément une théorie plus exclusivement physique, et M. Chevreul, il faut le reconnaitre, agrandit et spiritualise la question lorsqu’en présence des questions résolues par la baguette à propos des bornes déplacées et de la recherche des voleurs, il nous dit : « Les choses amenées à ce point, il est évident à mes yeux que la cause du mouvement de la baguette, n'appartient pas au monde physique, mais au monde moral... Quant à moi, sans hésitation, je pense que dans la plupart des cas au moins, où la baguette est tenue par un homme probe et qui a foi en elle, le phénomène est la conséquence d’un acte de la pensée de cet homme. Telle est la cause, par exemple, des phénomènes décrits par M. le comte Jules de Tristan » (p. 131).
Il devenait curieux, après la grande épreuve de 1853, d'interroger de nouveau une aussi grande autorité que M. de Tristan, et de connaître les modifications que les nouveaux phénomènes auraient pu apporter à ses théories exclusivement physiques. Interrogé par nous, ïl a bien voulu nous répondre une longue et très-intéressante lettre, que nous donnerons ailleurs en entier, et dont nous allons extraire aujourd hui ces quelques passages,
« Pendant 40 ans, mes recherches physiques portaient d’abord sur Pélectricité pure, ensuite sur plusieurs fluides électroïdes, qui me présentaient des caractères particuliers et qui ne sont peut-être que des modifications électriques, puis enfin sur les deux fluides nerveux dont la substance est certainement tout autre... Tels étaient les sujets de mes études, lorsque celles-ci ont pris {out à coup une direction que j étais loin de prévoir...
« Dans l'automne de 4853, chez moi, à la campagne et chez M. de L....., mon gendre, dont le château est voisin du mien, ayant essayé de faire tourner des tables, je n’y ai vu
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20 FAITS REBELLES d’abord qü'un phénomène de rotation électrique. J'ai constaté que les personnes qui agissent étaient fortement électrisées et que le manque d'électricité de l'une d'elles, empéchait le mouvement. J'ai aussi reconnu sur la table une assez grande abondance de fluide nerveux, qui était transmis par l'extrémité des doigts des personnes agissantes, mails... à partir du jour, où une table légère s’est mise inopinément à frapper, cette merveille attira spécialement notre attention, et je puis dire que pendant trois mois , toutes nos soirées se sont passées à ce jeu. D’accord avec des prêtres instruits, nouüs avions pris toutes les précautions possibles pour mettre la cause de la religion à l'abri, et malgré cela, il me devint IMPOSSIBLE DE DOUTER que ce phénomène ne fût dû à des INTERVENTIONS. »
« La plus grande partie du temps, il est vrai, nous n'avons eu que très-peu de reproches à faire à ces étres mélaphysiques intervenants, parce que nous agissions avec une extrème
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précaution , inais, peu à peu, les nombreux mensonges, d’abord sans conséquence, sont devenus plus graves, les calomnies se sont multipliées, des propositions de liaison, d’'ENGAGEMENT, de camaraderie, jointes à quelques opinions douteuses, ont commencé à nous devenir suspectes. C'est alors que notre évêque, en interdisant ces jeux à son clergé, a engagé également les particuliers à s’en abstenir ; à Orléans, on n'y pense plus (4). Moi, je reste donc non-seulement convaincu de cette intervention, mais j ai obtenu l’aveu que tous ces êtres sont bannis pour toujours de la présence de Dieu. En définitive, c’est un jeu fort dangereux et parmi les choses qu’ils m'ont dites, à moi seulement et qui ne m ont fait nulle impression, il y en a qui auraient fort tourmenté certaines personnes. Ainsi donc, &! se peut que les tables tournent par suite d’un phénomène physique, mais les fluides qui sont ré-
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4} Le même résultat ayant été obtenu partout où les mêmes défenses ont eu lieu, nous demandons s’il est juste de reprocher à ceux qui ont commencé à éclairer la question , de l'avoir soulevée et vivifiée”?
pandus dessus et surtout les fluides nerveux permettent el facihtent l'intervention » (1).
Maintenant, c’est M. de Gasparin qui va se voir dépassé par son collaborateur de Valleyres, M. Thury. Écoutons ce dernier :
« La première et la plus indispensable condition , suivant M. de Gasparin, c'est la volonté de celui qui opère ; « sans la volonté, dit ce dernier, on n’oblient rien, on formerait la chaine vingt-quatre heures de süite, qu'on n’arriverait pas au plus léger mouvement. »
« Dans les expériences de Valleyres, rien n’autorisait à croire qu'il en pût être autrement; mais aussi, ce résultat PUREMENT NÉGATIF, généralité provisoire déduite d’un nombre limilé d'expériences, ne saurait infirmer les résultats d’expériences contraires, dans le cas où celles-ci existeraient. »
On pressent, dès à présent, que M. Thury en connait d’autres.
Effectivement ; « comme il s’agit ici, dit-il, d’un point ca-
(4) I nous siérait assez mal, après avoir parlé, le premier, des manifestalions fluidiques des esprits, de nier que ces fluides puissent faciliter l'intervention ; nous avons d’ailleurs ajouté que les princes de l’air avaient presque un droit de suzeraineté (absolu avant la rédemption, périmé, ou limité depuis), sur ce même fluide nerveux , que Newton jugeait identique à cet air. Mais nous croyons que l'expression permettent n'est pas exacte, et que M. de Tristan pourra s’assurer facilement, tant par de nouvelles expériences personnelles que par l’examen de celles qui vont suivre , de la non-nécessité des fluides. Il s’assureràa également que la rotation des tables, tout aussi bizarre, inconstante et révoltante que tout le reste pour nos physiciens, n’a pas d'autre cause que l'intervention elle-même. Voilà pourquoi cette rotation a été enveloppée dans la grande proscription scientifique. Au reste, nous le répétons, nous donnerons ailleurs le texte et l'analyse de cette remarquable Lettre qui renferme en outre de fort curieux détails sur le côté naturel du pendule explorateur pour lequel M. le comte de Tristan reconnait deux modes d'action très-différents par leur cause et par les détails secrets du phénomène. Pour le moment, tout ceci nous écarterait trop Ge notre sujet.
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pital dans la question, qu’il nous soit permis de rapporter... des faits qui semblent contraires à la thèse soutenue par l’auteur. Ces faits ont pour garant le témoignage d’un homme que je voudrais pouvoir nommer, parce que sa science et son caraclère sont connus de tous. C’est dans sa maison et sous ses yeux qu'ont eu lieu les faits que je vais rapporter.
« Dans le temps où chacun s’amusait à faire tourner et parler des tables, ou à conduire sur le papier des crayons plantés dans des bobèches, les enfants de la maison, plusieurs fois, se divertirent à ce jeu. D'abord, les réponses obtenues, furent telles, que l’on pouvait y voir un reflet de la pensée inconsciente des opérateurs, un « rêve des opérateurs éveillés. » Bientôt cependant le caractère de ces réponses sembla changer : ce qu’elles manifestaient, semblait plus difficilement pouvoir sortir de l'âme des jeunes interro- Sateurs; enfin, il y eut une opposition telle aux ordres donnés, que M. N...., incertain sur la nature vraie de ces manifestations, où semblait apparaître une volonté différente de la volonté humaine, défendit qu’elles fussent de nouveau provoquées; dès lors, bobèches et tables rentrèrent dans le TEpos. »
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€ Une semaine s’était à peine écoulée depuis la fin de ces choses, lorsqu'un enfant de la maison, celui qui auparavant réussissait le mieux dans les expériences des tables, devint l'acteur ou l’instrument de phénomènes étranges. Cet enfant recevait une leçon de piano, lorsqu'un bruit sourd retentit dans l’instrument qui s’ébranla et fut déplacé, tellement que l'élève et la maîtresse le fermèrent en toute hâte et quittèrent le salon. Le lendemain, M. N..., prévenu de ce qui s'était passé, assiste à la leçon qui se donne à la même heure, à la tombée de la nuit. Au bout de cinq à dix minutes, il entend de l’intérieur du piano sortir un bruit difficile à définir, mais qui était bien tel que devait le produire un instrument de musique ; Il avait quelque chose de musical et de métallique. Bientôt après, le piano, d'un poids SUPÉRIEUR À 300 KILOGR.,