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logues rapportés en tous lieux et en tous temps , tout cela s’oublie et disparait devant... (nous pouvons le dire puisque ce vieillard anonyme n'existe plus ), devant la vérité la plus. vraie, que le monde ait entendue depuis M. de La Palisse ; etcette vérité, grosse comme une maison, pouvait se résumer ainsi : tous ces mouvements convulsifs ne sont que des mouvements convulsifs, et la preuve qu'ils sont joués, doit se trouver dans la contusion qui a dù résulter du renversement de cette « immense lable de cuisine formée d'épais madriers de chêne d'une grosseur et d'un poids énorme. »
Effectivement il devait y avoir contusion; mais ce même vieillard , en voyant cette pauvre enfant jetée dans le feu, aurait pu dire également : « Voyez, la preuve que c'est bien elle qui s’y est jetée, c’est qu'elle doit être brûlée (4).»
Et l’Académie de battre des mains à cette raison sans réplique !
Pour l’estimer à sa juste valeur , il ne s'agissait cependant que de réfléchir un moment sur ce que la pathologie nous apprend des diverses névroses qu'elle appelle des chorées.
Comment définit-elle d’abord la chorée ordinaire? Le voici : « Mouvements désordonnés involontaires, convulsifs, dans les muscles d’un membre, d’un bras, d'une jambe, d'un pied... ordinairement du côté gauche. Parmi ces phénomènes , on remarque des soubresauts bizarres, .…. etc. » Voilà pour la chorée essentielle ; puis vient la chorée secondaire, qui en diffère assez peu, et enfin « une espèce de chorée très-singulière , et qui ne paraît pas être une vraie chorée. » (Fabre, art, Chorée.) C’est cette dernière « qui imite les différents cris des animaux, aboie comme le chien, fait entendre des timbres de voix érès-bizarres, opère des tours de force extraordinaires, et que M. le docteur Bouillaud appelle fort justement « une folie musculaire. »
Or , il suffisait de jeter un coup d'œil sur Angélique Cottin, pour voir qu'elle offrait à peu près toutes ces conditions, et les astronomes, les physiciens, qui ne reconnaissaient pas iei «la folie musculaire, » tombaient dans l'erreur « de ces médecins malhabiles, dont parle encore la pathologie, qui commencent presque toujours par prendre tous ces phénomènes, pour un effet de la jonglerie. »
Aussi qu'arriva-t-il pour Angélique Cottin? Ce furent les journaux de médecine qui se chargèrent d'apprendre dès le lendemain à la commission qu'elle s'était fourvoyée lourdement,
« Ge rapport, disait la Gazette des Hôpitaux du 47 mars, n'a satisfait personne... Ce n'est autre chose qu’un faux fuyant... qui à mécontenté tout ensemble la foi et l'incrédulité. C’est avoir du malheur. »
« Il est certain, disait à son tour la Gazette Médicale, il est certain que l’Académie a, dans cette conclusion , Outre-passé tous ses pouvoirs... En
(4) On ne peut s'empêcher de se reporter à cet enfant lunatique de l'Évangile, dont le père dit à Notre Seignéur : « L’esprit vient encore de le jeter dans le feu.»
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matière civile et criminelle, la Cour de cassation casserait un pareil arrêt pour vice de forme... Mais si cette conclusion est déjà illégitime par la forme, elle ne l’est pas moins pour le fond... »
En voilà bien assez, je le suppose, pour que l’on puisse contester à M. Babinet la démonstration de cette ruse, et, par suite, son assimilation « à mille autres séances surnaturelles. »
Ces dernières pourraient fort bien se trouver réhabilitées par un verdict qui, en frappant leur analogue, « n’a satisfait personne, » et qui par consé quent devrait être réformé dans le « fond et dans la forme. »
Décidément, Robert-Houdin avait raison, et l’Institut est d’une incompétence absolue pour juger de la jonglerie (1).
Maintenant, nous espérons qu’on ne se méprendra pas sur l'intention qui nous a ramené, à la suite de nos adversaires, sur cette triple méprise. M. Chevreul nous reprochera peut-être encore d’avoir voulu « humilier la science. » Sitelle eût été notre pensée, nous n’aurions jamais écrit les lignes qui vont suivre. « Nombrer tous les soleils avee Laplace ou Le Verrier, conjurer la foudre avec Franklin, décomposer les corps avec Berzélius et Davy, auseulter avec Laennec et Morgagni, foudroyer la douleur avec Simpson , transmettre la pensée comme l'éclair d'un hémisphère à l’autre, abaisser toute barrière, rapprocher toute distance, et par ce nivellement de la terre réunir peut-être un jour toutes les nations en une seule! que de titres de gloire! » (Esprits, Introd.. XII.)
Mais ce que nous connaissons aussi bien que toute cette gloire, ce sont toutes ces faiblesses. C’est la confiance exclusive en soi-même, c’est le mépris de tout ce qui n’est pas soi, le mépris bien plus grave de tout ce qui n’est pas matière, et l’oubli le plus complet des traditions, des documents historiques, des sentiments et des besoins les plus élevés de l'esprit humain; c’est parce que nous savons tout. ce qu'il y aurait à gagner pour la science (même cosmologique) dans le renoncement à ce mépris profond du passé, que nous voudrions rendre moins exclusif l’enivrement que lui cause son admirable présent Voilà la vraie raison, voilà le dernier mot-de ce qu’on appelle nos tentatives « d'humiliation » à son égard. Elles se réduisent à vouloir lui prouver que l'HORREUR DE L'INVISIBLE et le mépris du TÉMOIGNAGE ÉTRANGER sont le plus souvent, pour elle, de détestables fins de non-recevoir.
(4) Un médecin militaire, qui s’y connaît , nous disait dernièrement, que dans des conseils de révi= sion, les juges officiels seraient dupes de toutes les ruses des canscrits, sans la sagacité des gens de la campagne, qui, seuls s'entendent à les saisir et à les démasquer.
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Fins de non-recevoir de M. le comte de Gasparin. — Règles du témoignage.
Honneur à M. de Gasparin ! il est impossible de mieux comprendre le nœud de la discussion. Pour lui comme pour nous, toute la solution du problème repose sur le plus ou moins de valeur que l’on attache au témoignage. Le sort de nos deux livres est joué sur ce seul point, et celui de nous deux qui triomphera dans ce débat, sera triomphant sur tout le reste.
Tâächons donc de l’éclaircir bravement, loyalement, sans chercher à le tourner.
« S1 le témoignage, dit M. de Gasparin, a la valeur que M. de Mirville lui attribue, nous devons faire comme lui, etne rien rejeter (1)... [la raison de ne rien exclure, et de quel droit exclurait-il ? la valeur absolue du témoignage une fois admise, comment s’y prendrait-il pour distinguer entre divers récits également attestés ? Il se montre bon logicien, et j'avertis les railleurs, qu'avant de rire, ils feront bien de se demander pourquoi ils rient : quiconque proclamera la même théorie que M. de M..., au sujet du témoignage, devra sous peine d’inconséquence, adopter ses conclusions. (2) »
Nous remercions M. de Gasparin de sa bienveillance pour notre logique, mais, franchement , nous préférerions lui en voir un peu plus pour nos principes, parce qu ils sont ceux de tout le monde, et que notre théorie ne nous à jamais appartenu.
Que demandions-nous en effet ? « Le droit commun », reçu pour toute espèce de certitude. les règles immuables de tous les temps, de tous Îles lieux, règles acceptées par les plus
(4) De Gasparin, t. I, p. 262.
(@) T. Il, p. 256.