‹ Question des espritsChapitre 59 sur 117 · ET SE · texte numérisé non relu

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et ne dites plus : « L’incertitude du témoignage commence au point précis où commence le surnaturel, » car, en matière si grave, il faut parler strictement, et ici vos propres expressions vous Condamneralent vous-même; mais dites, « au point précis où commencent les faits qui pourraient donner lieu, un jour ou l’autre, à une explication surnaturelle: » changez votre loi d'exception, en une bonne loi de tendance, cela reviendra au même ; faites-nous voguer en plein arbitraire intellectuel, rivez la certitude au point précis où voire eæœamen privé la rive, et surtout ne permettez jamais que l'on dépasse les phénomènes déjà si merveilleux que vous avez observés à Valleyres. Périssent tous les autres, plutôt que ces derniers; alors vous essaierez d’appeler cela de la philosophie et de la justice, et, soyez-en sûr, vous trouverez encore quelques approbateurs, en dehors, il est vrai, d’un million d’expérimentateurs contemporains, et de tous ceux qui ont encore la faiblesse de les compter pour quelque chose.

M. le docteur Leuret proposait, 1l y a peu d’années, « d’enyoyer à Charenton tout individu qui s’aviserait de croire à un esprit » (1). M. de Gasparin non-seulement y envoie les mêmes coupables, mais encore toutes ces générations précédentes, dont les récits peuvent avoir engendré cette croyance; sa loi d'exception est, comme on le voit, d’une rétroactivité complète. Toutefois, M. Leuret avait une excuse : ne pouvant pas distinguer entre les prophètes et les hallucinés, ne croyant à la possibilité d'aucun surnaturel, il en comprevait toutes les variétés dans un seul et même anathème, mais M. de Gasparin, chrétien sincère et ardent, el cependant ne craignant pas d’épouser et de dépasser en principe les théories et les colères de M: Leuret!... c’est à ne pas y croire.

Il n’a done jamais réfléchi sur ce mot si désolant de M. de Brierre de Boismont, qu’il aime cependant à citer « la

(1) Fragments psychologiques cités.

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doctrine actuelle sur les hallucinations est la plus grande de nos erreurs sociales. »

Ce mot l’eût engagé peut-être à tourner vingt fois sa plume entre ses doigts, avant de classer à son tour, soit parmi les ; hallucinés, soit parmi les simples ou les fous, tous ceux qui | déposeraient sur un fait surnaturel quelconque. Quoi! pas

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