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nos lecteurs, Ce n’est päs Seulement de tables qu'il S'agit; avant d'arriver à la négation de léurs merveilles, on nous fait traverser l'immense question du surnalurel en général, et comme notre livre était lüin de l’avoir écartée, c'est à la défense de celui-ci, que nous allons être obligé de consacrer ce paragraphe.
. Au reste, où va pouvoir s assurer qué cétte défense particulière ne s'écarte pas un seul instant de là question générale, et lui est mêmé indispensable. Si M. de Gasparin, pour établir sa théorie, à cru nécessaire de consacrer douze cents pages à la destruction de notre ouvragé et de celui de M. des Mousseaux, il est ässez Simple que nous tenions à réparer des brèches, que notre silence pourrait élargir, où plutôt PARAITRE élargir encore.
Notre position n’est pas facile. Afléguons-nous quelque fait historique ? Les témoins n existent plus. — Quelque fait contemporain ? Nous ne le savons que par ouï-dire. — Nos expériences personnelles comme à Cideville (1)? —Il n'y à pas eu d'enquête. — Y joignons-nous tous les procès-verbaux? « Plus il y en a, nous dit-on, et moins nous pouvons croire, » — Citons-nous de pieux et zélés missionnaires ? Ce sont des catholiques. — Citons-nous des protestants? Ce ne sont pas des méthodistes. — Enfin des membres de l'Institut, dés rationalistes complets? Ah! « c'est là l'erreur fondainentale de M..de M...., nous dit-on : quand des savants, des médecins, des incrédules, ont admis la réalité d’un récit, pour lui, ce récit devient incontestable ; avec un pareil principe, on va loin... (2): »
Effectivement, on irait très-loin , si nous n’ajoutions pas à ce qu'on nous prête, quelques mots d'explication. Lorsque nous avons annoncé, dans notre programme, que nous Combattrions à l’aide « de faits acceptés par l'élite de la science moderne, » il allait, sans le dire, que nous n’affranchissions
(A) Voir à la fin la note sur Cideville.
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LE POINT PRÉCIS FRANCHI PAR LES SAVANTS, 12% pas celle-ci, des règles sur le témoignage, formulées dans les page précédentes. Devant professer bientôt les doctrines les plus démocratiques sur l'égalité, comme valeur, des témoins de toute condition, nous nous serions bien gardé de réclamer, pour ceux de l’Institut, tous les priviléges d’une aristocratie titrée. On nous comprend de reste : nous appliquions aux savants le raisonnement que l’on applique à tous les adversaires du monde, et notre pensée était celle-ci : «quand parmi ces témoins désintéressés, et tels que nos règles les demandent, nous avons le bonheur de rencontrer des savants très intéressés, par tous les préjugés de naissance, d'éducation, de corps, el presque toujours d’auteurs, à la négation de ce qu’ils affirment, nous sommes d’autant plus fort qu’ils se déclarent plus faibles, et qu'ils proclament plus haut leur défaite. Leur témoignage, disons-nous, acquiert une valeur véritablement progressive; de suffisant qu’il était par lui-même, il devient surabondant et grandit au prorata des noms qui le sanctionnent. Cest le «credo quoniam absurdum (4), » appliqué à la raison des savants. « Je le crois parce qu’il serait absurde que des énormités si révoltantes, fussent acceptées à la légère, les graves autorités qui les rapportent devant avoir eu, pour le faire, des raisons cent fois plus fortes encore, que ces énormités ne sont monsitrueuses.
On le voit; « notre erreur fondammentale » n’avait rien que de fort sensé, rien même qui ne soit fort habituel , et si nous avons été $2 loin, c'était tout simplement, pour mieux obéir à la règle tracée, suivie par tout le monde, et surtout par les maitres.
(}.Ce mot du grand évêque d'Hippone lui à été plus d’une füis réproché, mais nous en trouvons le commentaire et l’analogue dans celui d’un philosophe qui n’était pas catholique. En parlant des miracles, Locke ne craint pas de se prononcer ainsi : « Plus ces faits sont au delà de nos observations, où même plus is y Sont opposés, et plus ils ont de force pour obtenir notre créance. » (Essai, L: iv, p. 309.) Saint Augustin n’a jamais voulu dire aütre chose, et voilà comme la lettre {ue pendant que l'esprit vivifie.
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Au reste, c'était uniquement à ces maîtres que nous adressions notre ouvrage. Nous l'avons dit dans la préface, au lieu d'être, ce travail de conspiration collective, imaginé par M. de Gasparin, deux mois encore avant l’arrivée des tables, nous penchions pour un tirage très restreint, et pour une distribution toute gratuite, aux savants spéciaux dont les imprudentes avances avaient complété notre conversion. L’expérience à prouvé que ces savants nous avaient entendu et prenaient en considération nos raisons.
Mais aujourd’hui, voici venir un tiers entre nos adversaires et nous, un tiers plein d’ardeur, il est vrai, plein de verve, d'instruction et de talent, mais qui ne tenant aucun compte des bases historiques mutuellement consenties entre les deux parties belligérantes, se jette à la traverse, et remet en question tout ce qui était décidé. Libre à lui, car la lice est ouverte à tout le monde ; mais, tout OCCupé que nous sommes avec d'autres, n’aurions-nous pas le droit de lui crier «audiemus iterum, nous vous entendrons une autrefois!» Ne pourrions-nous pas lui dire : Nous cherchons le mot d’une énigme qui nous est posée par la science, et vous venez nous en poser une autre! Car c'est bien en poser une autre, que de remplacer la formule « mon premier est telle ou telle chose, » par celle- Cie mon premier n’est pas cette même chose. » Laissez-nous tout d’abord, nous entendre sur la première énigme, sauf à revenir plus tard à la vôtre.
Il eût été digne, il nous semble, de la loyauté de M. de Gasparin, au lieu de tant insister sur nos anecdotes et sur les contes « produits par notre imagination, » de leur assigner d’abord leur vraie source, au lieu de nous renvoyer tout simplement aux docteurs Calmeil et de Boismont, comme à des hommes dont nous n’aurions jamais entendu parler, Il nous eût semblé plus juste, d’avertir les lecteurs que c'était précisément chez ces hommes, ou chez leurs pairs, que la plus grande partie de ces anecdotes avait été puisée ; que c'était avec eux qu on les discutait très-sérieusement, et si bien avec
eux, que la Revue citée plus haut (1), après avoir parlé de nos vifs débats avec ses maîtres, avouait « que l'insuffisance de leurs explications avait encouragé notre surnaturalisme, sur lequel , au reste, on ne pouvait s'empêcher de s'arrêter pour méditer. »
[ne fallait pas imiter le Journal des Débais, qui pour mieux prouver que notre livre n’était qu'un livre de salon, taisait tous ces mêmes noms, pour sauter sur Ceux, que, par exception, personne ne devrait connaitre, tels, par exemple, que celui du père Bouchet missionnaire. Oh! la bonne fortune pour un ennemi perfide! l’heureux nom à exploiter! « Le père Bouchet l’affirme, qui pourrait en douter ! (2) » Et M. de Gasparin, qui sait si bien gourmander le même journal, lorsqu'il se permet de nier ses soulèvements sans contact, ne craint pas ici de le copier servilement, et pour le fond et pour la forme. « L'abbé Huc l’a vu, donc cela est certain ! » s’écrie-t-1l malicieusement.
Est-ce que par hasard, ces messieurs s’imagineraient que de tels noms n’ont pas la même autorité que tous les autres ? quant à nous nous le déclarons hardiment; quelque brillants que puissent être les noms des Dumont-d’Urville, des Laborde et des savants docteurs, entre lesquels nous avions encadré celui de lhumble et savant missionnaire Bouchet, leur autorité ne l'emporte pas à nos veux sur celle d’un lémoin, qui va chercher la mort et braver les tortures au profit de la vérité (3).
D'ailleurs, en quo: donc ce transport sans contact d’un chemin dans un autre, diffère-t-il des transports de meubles sans contact qui se sont opérés, plus de trente fois à Valleyres, ou bien encore du transport subit à la voûte d’une église, accepté et discuté par le docteur Calmeil? (4). Par le
(4) Annales Médico-Psychologiques.
(2) Débats, 14 octobre 1853.
(3) Il ne s'agit pas ici de déductions métaphysiques, et nos réflexions pré-
cédentes sur le mot de Pascal, trouvent ici leur confirmation, (4) Voir Esprits, ch. v.
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