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position, que voulez-vous qu'ils deviennent lorsque vous niez cette possibilité ? Je vous le déclare, j'étais dejà bien malade, mais votre livre me tue et me force à abandonner la partie. (1)
Voilà donc ce que pourrait dire Aubin et ce que pourra dire tout lecteur attentif.
Mais, reprend M. de Gasparin, « M. Calmeil ne s'inspire que d’Aubin. » L’inspiration est ici malheureuse, car s’il est vrai qu’il ne connaisse guère que cet auteur, il n’est pas moins vrai que toutes ses bases et toutes ses conclusions le contredisent. Jugez donc si, comme Bertrand, il s'était inspiré de quelques autres ! Au reste tous deux, en vengeant hautement ces religieuses de ce qu'ils appellent des calomnies absurdes, détruisent par cela même, ce prétendu aveu qu'elles auraient fait de leur fourberie, aveu dont on comprend l'invention chez Aubin, mais qui, dans le système pathologique actuel, devient encore une impossibilité.
Quelques autres personnes nous ont dit : « L'épidémie, et son prolongement dans les autres provinces, jusüfient à nos veux Laubardemont, toutes les victimes et tous les juges de Loudun, nous en convenons; mais alors comment ne justifie-t-elle pas aussi Grandier?» Sices personnes y regardent un jour de plus près, elles s’assureront que cette épidémie se communiquait par elle-même, mais aussi, Comme toutes les autres épidémies, par des intermédiaires, par des importateurs en un mot, et des medium. À Chinon c'était Barré, à
Louviers c'était Picard, à Madrid c'était Garcia, etc. Toute
la question est de savoir si le medium ou le magnétiseur, une fois admis, est ou nest pas volontairement coupable. L’épidémie n’exclut pas plus ici qu'ailleurs, la transmission contagieuse. (Voir à la fin note Sorciers).
Quant à la science, sans arriver tout de suite à la culpabilité magique de Grandier, — dont cependant elle reconnaît
(4) On remarque bien la possession du P. Surin, mais on ne dit pas qu'il l'avait prédite, avant de l'avoir obtenue par ses prières.
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les crimes, — elle réfléchira à nouveau, étudiera ses maîtres, notera tous leurs aveux, s’éclairera de leur embarras et comprendra enfin le magnétisme, lorsqu'elle l'entendra réclamer Loudun comme sa propriété, et faire des ursulines « des somnambules éveillées » comme de Grandier leur « magnétiseur terrible; » elle y réfléchira, sans qu’on puisse et sans qu'on ose pour cela, l’accuser de relever les büchers.
Enfin, rapprochant tous ces faits de l'épidémie moderne, si féconde à son tour en phénomènes nerveux, en soulèvements sans contact, en révélations surhumaines; elle touchera du doigt l’analogie, et franchira le fameux POINT PRÉCIS, d'autant plus tranquillement cette fois, que l'opinion publique l'aura franchi bien avant elle.
Alors aussi « notre erreur fondamentale sur la valeur du témoignage scientifique » sera plus que pardonnée, car elle guérira le scepticisme, cet état désolant « dans lequel l’âme entière est malade » (de Gasp., 1,260).
Les tables et leurs témoins. — Deux poids et deux mesures. Les expériences de Valleyres et celles de toute la France. — Interprétation inverse, de la loi du point précis.
Il y a quelques années, l’Académie couronnait un ouvrage sur la certitude (1) dans lequel se trouvait cette proposition : « Tout fait, que nous n'avons pas perçu par nous-mêmes, ne peut jamais nous donner qu'une probabilité. » Comment l’Académie ne s’apercevait-elle pas qu’en couronnant un tel axiome, elle flétrissait toutes les législations anciennes et modernes, enlevait toute autorité à la loi, sanctionnait toutes les révoltes et brisait dans leurs bases, la plus grande partie de ses récits et de ses propres jugements ?
M. de Gasparin nous aiderait à le prouver.
(4) Par M. Javarv, professeur de philosophie.
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On 8e le rappelle, tant qu’il s’est agi: des expériences de Val: leyres; il soutenait exactement la thèse que nous soutenons depuis une heure, On se le rappelle encore, c'était avec une incomparable énergie qu’il tançait les savants et le Journal des Débats de la liberté qu'ils prenaient de ne pas croire à ses faits. Les premiers étaient « les inquisiteurs de hotre temps ;» le second le révoltait (1) avec raison, lorsqu'il appelait les tourneurs de table « bande d’illuminés, canaille, sotte espèce, » et comme le langage n’est jamais plus digne que lorsqu'il exprime le bon droit, rien n’égalait alors la froide et imposante dignité de celui de M. de Gasparin. « Les savants , disait-1l, ne sont pas seuls à avoir leur dignité, j'ai aussi la mienne, j'ai la fierté de penser qu’un certificat signé de mon nom, ne sera taxé par personne ni d’imposture ni de légèreté » (2).
Comme il faisait surtout bonne justice de cette incroyable et banale réponse « jé croirai quand j'aurai vu! » « ceux qui tiennent ce langage, disait-il, confondent les choses et les moments; quand il ne s'agissait que de quelques asser-tions isolées, nouvelles, sans confirmation et sans contrôle, il était naturel de déclarer qu’on ne croirait qu'après avoir vu; nous-même nous n'avons pas parlé autrement. Mais lorsque les choses ont pris de la consistance, lorsqu'une série d'expériences a mis les faits en lumière , lorsque ces faits se sont produits avec ensemble, avec suité, avec développement, en présence de témoins nombreux, distingués , défiants, munis de connaissances spéciales, lorsque des résultats tels que le soulèvement des poids et le mouvement sans contact ont été constatés une centaine de fois et ne peuvent êtreniés qu'au moyen d’hypothèses beaucoup plus invraisem blables que le phénomène lui-même, alors le temps est passé de dire : « Je croirai quand j'aurai vu, » et si l’on était autorisé à conserver toujours une telle attitude, aucune décou-