‹ Question des espritsChapitre 7 sur 117 · III · texte numérisé non relu

III

Quoique nous devions discuter à notre tour la plupart des théories produites, néanmoins c'est à celles de M. de Gasparin, que nous nous attacherons de préférence. Son ouvrage, plus sérieux que tous les autres, en raison de son étendue, de la position de l’auteur, de son talent d'écrivain, et de la considération qui s’attache toujours aux convictions sincères, réclamait notre plus sérieux examen. Tout spéciale-

ment dirigé contre M. des Mousseaux (1) et contre nous, il nous

(1) L'ouvrage de notre ami M. Des Mousseaux ayant paru plus tard que le nôtre, nous avons dû nécessairement essuyer le premier feu. Mais à peine notre adversaire le voit-il dans la lice, qu’il se dédouble pour ainsi dire, et le poursuit avec la même vigueur qu’il déployait contre nous. M. Des Mousseaux devant répondre plus tard, et pour son propre compte, veut bien cependant, aujourd’hui, nous donner une lettre provisoire, dont nos lecteurs feront certainement leur profit, et qu'ils trouveront à la fin de cette brochure.

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vi AVANT-PROPOS.

imposait le devoir de répondre et de répondre promptement, sous peine de compromettre la vérité, en laissant croire à sa défaite. On peut dire que c’est lui, qui nous force à braver l’inopportunité du moment.

Non, encore une fois, nous ne pouvions pas laisser la discussion s'endormir sur un livre qui, ne se contentant pas des tables et comirenant, avec raison, tout ce qu'elles entraînent à leur suite, a profité de l’occasion pour essayer de battre en brèche une multitude de traditicns historiques, du reste, beaucoup moins étrangères qu'on ne le suppose, à la discussion générale. Nous regrettons que le temps et notre respect pour celui de nos lecteurs, ne nous ait pas permis de les aborder toutes.

Avant de le combattre, nous devons à M. de Gasparin, ce que nous regardons comme le plus grand des éloges, celui d’avoir su mesurer d'un coup d’œil, toutes les proportions de la question.

« Le problème du surnaturel, dit-il, tel que le moyen âge l’a posé, et tel qu’on le pose de nouveau, h’est pas de ceux qu'il est permis de dédaigner; sa grandeur et sa portée n'échappent à personne... » «Tout est profondément sérieux ici : la maladie et le remède, la recrudescence superstitieuse et le fait physique qui est destiné à la vaincere.» ( Avant-propos, p. xi et xXvI.)

Et ailleurs : «Le nombre des faits, qui réclament leur place au soleil, vient de s’accroître tellement, qu'il arrivera de deux choses l’une : ou le domaine des sciences naturelles consentira à s’élargir, ou celui du surnaturel s’élargira outre mesure » (t. I, p. 244).

Oui , alternative est inévitable, et, sous tous ces rapports, nous sommes complétement d’accord avec notre adversaire.

Oui; ce guéridon léger, qui frappe et qui parle sous les doigts et même à l'ordre mental d’un enfant, tranche à lui seul plus de ques-

tons religieuses, historiques, scientifiques et surtout médicales, = on

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