‹ Question des espritsChapitre 8 sur 117 · AVANT-PROPOS,. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS,. VII

le saura bientôt, — que toutes les dissertations ét controverses académiqües n’en ont tranché depuis mille ans.

Grâce à lui, lorsque lé monde se reposera des tempêtes qui le menacent encore, et dont nos envahisseurs spirituels ont été certainement les prodromes et les agents (1), la science reprendra plus sérieusement ces questions, et les poursuivra dans leurs conséquences les plus graves; elle les retrouvera partout, düt la fable elle-même redevenir de l’histoire, et l’histoire , telle qu'on nous la racontait depuis longtemps, redevenir à son tour de là fable.

Mais ne devançons pas les temps.

D'accord avec M. de Gasparin sur l'importance de la question dans tous les cas, nous commençons à différer d'opinion avec lui, lorsque nous décernant un honneur que nous n’avons certes pas mérité, il s'exprime en ces termes : « Ceci n’est rien moins qu’une levée de boucliers. L'ouvrage de M. de Mirville est un vrai manifeste, Je ne demanderais pas mieux que d’y voir l'expression d’une conviction strictement individuelle; mais en vérité , &{ n’y « pas moyen. Ce rapide succès, ces adhésions solennelles, la reproduction fidèle de ses thèses par les journaux et par les écrivains du parti, cette solidarité établie entre elles et le catholicisme tout entier, ce ton de déférence,.…. tout indique un écrit

qui est essentiellement un acte et qui a la valeur d’une pensée collec-

(1) Au moment de cette invasion de 1853, si légèrement acceptée, nous avions os6 prononcer le mot de « catastrophes menaçantes. » Le monde était eh paix pourtant; mais l'histoire nous montrant ces mêmes symptômes à toutes les époques désastreuses, nous pressentions les tristes effets d’une loi que nous retrouvions dernièremént ainsi formulée dans Gærtes (t. V, p. 356). Ces apparitions mystérieuses «ont toujours aecompagné lappesantissement du bras de Dieu sur Ha terre »…. et nunc intelligite…

VIH AVANT-PROPOS.

tive. La chose étant ainsi, il n’était pas ossible de ne pas sentir qu’un devoir m'était imposé... J'étais tenu de relever le gant; et comme je n'ai pas" l'habitude de mettre mon drapeau dans ma poche, j'ai été naturellement conduit à déployer ce drapeau protestant, en face de la bannière ultramontaine…. » (t. II, p. 524).

Notre conscience nous oblige à décliner tant d'honneur. D'abord l'Église romaine ne conspire jamais qu'avec l'Évangile, les apôtres et tous leurs successeurs; et nous ajouterons que pour ces questions récentes, sauf quelques rares exceptions, elle est restée jusqu'à ce jour, spectatrice attentive et silencieuse du débat. Quant à ce qui regarde notre modeste ouvrage, nous pouvons affirmer, que jamais travail ne fut plus solitaire, plus incertain de son propre sort, plus découragé par tout le monde, et surtout par ceux-là même, à linspiration desquels on semblerait l’attribuer.

Aussi, lorsque M. de Gasparin nous affirme que nous avons mis ces idées à la mode, et que cela a bon air de ne pas penser comme la foule, » il se trompe dans tous ses calculs, et ne connaît pas le prix de revient de ce succès. Il ignore par combien d’indifférence, de silence accusateur, et même de dédains très-accusés, il nous a fallu balancer quelques précieux suffrages, et combien, pour celui qui ne tiendrait qu'à la majorité des voix, la spéculation serait loin d'être heureuse.

Cependant, point de fausse modestie; ce serait manquer tout à la fois à la reconnaissance et à la vérité, que de nier ce que tout le monde a pu voir. Convenons donc du succès, tout en réduisant ses proportions, et tirons-en parti, pour prouver de plus en plus, l'importance et l’'opportunité de notre thèse.

M. de Gasparin l’a mieux compris que nos complices. I y a là tout un symptôme de réaction, formidable contre ses idées, très-conso-

lante pour les nôtres, et! par ce dernier mot nous n’entendons nulle-

— Rennes tr

sus a

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