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renvoie, doit se traduire exclusivement par les cieux: attendu qu’en approchant ce verset du v. 2 chap. nr, il devient impossible de ne pas identifier ce mot avec celui de +3 ài5e, qui se rapporte au domaine spécial du démon. Or, l'air et l’atmosphère nous paraïssent assez conciliables. M. de Gasparin n’est pas plus heureux en nous prévenant qu'aucune version catholique ou protestante n’aurait traduit comme nous, par le mot atmosphériques ; soit, mais bien par ee mot de l'air, car C’est présisément celui qu'emploient D. Calmet et le savant protestant Hammond : « Qui per aerém vagantur,» dit ce dernier, « des malices qui vaguent dans l'air. » Nous n’avons donc plus besoin de recourir à ces belles expressions de l'office du Vendredi Saint dont M. de Gasparin ne veut tenir aucun compte : «Le Christ fut élevé sur la croix, pour purger l'air des puissances qui le souillaient, » ni aux magnifiques prières de l'Église, pour repousser les tempêtes, « ad repellendas tempestates, etc., etc.; » développements rationnels et logiques du verset « spiritualia nequiliæ in cœlestibus » (1).
Il est une autre expression dont M. de Gasparin nous conteste le sens, et cette fois, il dit que, si le passage cité par nous était réel «il aurait une importance capitale, car il trancheraït dans notre sens une des questions controversées » (1b. 528). Qui pourrait se douter qu'il s'agit ici du fameux passage du Ps. xev : « Tous les dieux des nations sont des démons ? » TL est vrai que nous avons eu l'audace de remplacer le mot démons par le mot esprits, et tout est perdu. M. de Gasparm devrait Savoir cependant, que le mot grec jaiyws, signifiant alors toute espèce d'esprits , où plutôt de génies, bons ou mauvais (4), cette expression n était pas nécessairement une injure. Celle d'éfilim en est une, puisque effectivement elle signifie « pauvres dieux ,» et nous
(1) Dans un ouvrage sous presse en ce moment et intitulé : « Histoire véritable de Christophe Colomb, » M. Roselly de Lorgues nous représente ce grand homme, surpris’au moment même de son débarquemeut sur la plage américaine, par un de ces ouragans que la foi de ces temps attribuait à ces mémes princes de l'air. De mémoire d'homme, on n’avait rien vu de pareil, et l'équipage avait perdu tout espoir de salut. Colomb seul conservait son sang-froid : «Ne craignez rien, disait-il à ses gens, Vous allez voir que tout cela va finir, »et, th'ant son épée, d’un tôn majestueux et imposant il prononce ces paroles : « Au nom du Dieu, rédempteur et maître de l'univers, je te commande , Satan, de te retirer et de m'ouvrir le passage, afin que je puisse arborer sa Croix sur ces terres. » En même temps, il fait avec Son épée trois grandes croix sur la nue qui allaït engloutir ses vaisseaux, et à l’instant, comme par enchantement, le vent cesse, la mer s’apaise, l'orage disparait, et Colomb implante cette même croix, dont il venait d’invoquer et de prouver là puissance !
(1) Voir le dernier chapitre de Planche.
sommes d'autant plus disposé à l'appliquer à nos esprits, que pour nous, ils sont ici synonymes de nos démons modernes. Nous ne voyons donc pas comment un tel désaccord, ou plutôt un tel accord, pourrait « trancher une des questions controversées entre nous. »
Mais qu'est-ce que toutes ces peccadilles auprès du crime que nous aurions véritablement commis, si nous avions prêté à la Bible toute une pneumatologie dont elle n'aurait pas dit le premier mot. « Non, dans la Bible, pas la moindre trace de toute cette diablerie légendaire ; point de baguettes divinatoires, point de loups-garous, pomt de maléfices, point de mauvais œil, point de sabbat; la magie de l'Ancien Testament se borne à la lutte engagée devant Pharaon... Le Nouveau Testament rapporte à son tour une manifestation de la puissance momentanée dont le diable a disposé par la volonté de Dieu. On vit, au temps du Sauveur, d’étranges malades inconnus aux autres siècles, les démoniaques; on vit aussi des personnes (au moins une) «ayant ün esprit de Python. » Paul chasse le démon... et frappe de cécité le magicien Bar-Jésus.. Le surnaturel diabolique s'arrête là dans l'Écriture ; il y est bien clair-semé, on en conviendra... » (1, 350).
Ainsi, voilà ce que M. de Gasparin appelle les deux seules explosions de prodiges sataniques dans la Bible, car la troisième il la réserve pour la grande et terrible époque des derniers temps. Notre étonnement est au comble, nous l'avouons, et nous en sommes à nous demander si nous avons bien lu nous-mêmes. Quoi! cette grande mystique satanique, seule cause et seule raison (1) de la sublime mystique chrétienne qui commence avec elle dans le jardin d'Éden et ne doit s'arrêter, avec elle encore, que dans la terrible vallée de Josaphat, cette grande mystique diabolique, disons-nous, ne se’ serait trahie que deux fois dans le cours des cinquante ou soixante siècles qui précèdent le nôtre? Et ces deux explosions n'auraient eu pour fauteurs que Jannès et Mambré, pour sujets que quelques malades suscités par celui qui venait les guérir (2), et pour organes une diseuse de
(1) Le Rédempteur est venu pour détruire les œuvres du diable « ut dissolveret opera diaboli» (S. Jean, 11).
(2) «Et sanabat omnes oppressos a diabolo, il guérissait tous ceux qui étaient opprimés par le diable, » et, selon vous, Dieu créait ces malades! Mais lisez donc tous les auteurs juifs sur ces mêmes maladies ; mais écoutez donc l'historien Josèphe vous racontant ses expériences , réfléchissez à Sceva et à toute cette famille d’exorcistes, lisez l’histoire moderne de l’israélite Munck, et recueillez tout ce qu’il dit sur les maladies des Hébreux !
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bonne aventure à Philippes!..…. En vérité si, par de telles restrictions, M. de Gasparin croit agrandir son sujet, il se trompe, et nous croyons notre système autrement large et imposant que le sien.
Comment d'ailleurs peut-il donc résister à une telle évidence et fermer son esprit à cet anathème continu, qui gronde à toutes les pages de la Bible, contre les faux dieux, l'idolâtrie, les obb, les pythons, les enchanteurs, les devins, etc., etc., de manière à nous représenter la perte des nations, comme la conséquence terrible de tous les crimes de cette sorte « propter istius modi scelera?» (Deut., ch. xvnt, v. 10, 14.)
Et comment s’ÿ méprendre? Comment appliquer dans son vrai sens magique l'expression enchanteur, mécassephim, aux magiciens de Pharaon, et donner au même mot un autre sens, lorsqu'il s’agit des enchanteurs chananéens que le Deutéronome nous défend d’imiter : «Il ne se trouvera en toi personne... qui consulte les dieux ou qui observe les songes et les augures, ou qui use de maléfices, de sortiléges et d'enchantements , ou qui consulte ceux qui ont des esprits de python, ou qui interroge les morts pour apprendre d’eux la vérité. (Ch. xvur, v. 40 et 11.)
« Ce sont, dit M. de Gasparin, les pratiques chananénnes,… et Dieu ne déclare nulle part que les prétentions de ces sorciers fussent fondées » (p. 354).
Voilà ce que nous appelons, nous, faire violence au texte, car le texte dit qui ont des esprits de python, et qui ont des âmes de morts ; et vouloir expliquer de telles affirmations par la condescendance de la Bible au langage habituel et général, c’est la rendre coupable d’avoir accrédité ce qu'elle savait être une erreur. Avec une telle exégèse on va loin.
D'ailleurs, si le Deutéronome parle des chananéens, de qui donc veut parler le Lévitique, lorsque après avoir commencé le chapitre xx par ces mots : « Vous direz aux enfants d'Israël, » il le termine ainsi : « Si un homme ou une femme & un esprit de python, ou un esprit de divination, qu'ils soient punis de mort?... » (v. 27).
Comprend-on la mort et la lapidation pour une manière de parler et pour la possession d'un mauvais esprit, que personne n'aurait eu, à dire vrai, excepté une servante de Philippes ?
Pourquoi donc concentrer sur celle-ci tous les priviléges de la réalité magique, lorsque les mêmes mots et les mêmes lois, en désignent et atteignent une infinité d’autres ?
pete pure des 2.
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