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Pourquoi encore cette lot d'exception pourla pythonisse de Hendor, comprise cependant dans la proscription générale, si ce n’est en raison cette fois de l'impossibilité de démentir l'Esprit saint, qui nous donne dans ce chapitre le plus maguifique spécimen de la nécromancie antique et de son intervention vengeresse, au milieu de ces mêmes pratiques qu'il abhorre ?
Pourquoi soutenir encore que Balaam « est un prophète, que c’est sa qualité, et que cette gualité ressort de sa conduite entière ? etc. » Comment soutenir, «qu'il n’y a pas trace de magie dans son fait. » (359). Comment surtout oser appuyer cette opinion sur saint Pierre qui nous le représente (ép. IL, ch. u, v. 15) comme égarant ceux qui le suivent et comme cherchant la récompense de son iniquité, bien qu'il l’appelle prophète ? Comment ne pas sous-entendre du démon, lorsqu'on le voit l'appeler ailleurs wx devin (Nomb., ch. xxu, v. 51); lorsqu’on le voit (au ch. xx, v. 4) montant aux hauts lieux avec Balac et lui ordonnant de construire des autels à Baal; puis enfin lorsqu'on le voit encore nominé (au ch. xxiv, v. 4), l’homme qui tombe les yeux ouverts et présenté comme n’allant plus faire des augures comme auparavant? (Id.x. 4.)
Comment dire encore, qu'il n’y eut jamais de baguette divinatoire, lorsque M. Chevreul lui-même nous a si bien rappelé ces réponses du bois, par lesquelles lesprit de fornication leur a annoncé l'avenir? (V. plus haut ch. x). Et les sorts, et les épreuves, et les Teraphim, et les Velus et les Memioth et les Strutiones (1) et Azazel, Baalzebuth, Lilith, Moloch, Chamos, Dagon, Miphlazeth, Rempha, Maleath, Astarté, Beelphégor, etc., tous ces noms figureraient-ils donc si mal, auprès de ceux révélés à M. Desmousseaux, et qu'il va vous expliquer tout à l'heure? (Voir sa lettre à la fin de la brochure.)
Mcu Dieu, comment peut-on se faire assez d'illusion pour ne pas voir que, sous ce rapport, l’ancien Testament, le Nouveau et les Annales de l’Église, c'est tout un ; pas une posession, pas un exorcisme, pas une divination, pas un seul maléfice, pas un acte de nécromancie, pas une puérilité démoniaque qui n’y emprunte les mêmes traits, les mêmes couleurs et jusqu'aux mêmes expressions, à Ce point que nous comprenons infiniment mieux ceux qui rejettent tout un ensemble qui leur paraît faux, que ceux qui, dans ce livre qu'ils disent vrai, choi-
(1) Luther traduit par waldteufel, ou diables sylvestres.
sissent de leur autorité privée, entre le surnaturel qui leur plaît et le surnaturel qui les gène.
M. de Gasparin se fait dire par quelques savants : « Ou admettez tout ou rejetez tout. Entre l'opinion de M. de Mirville et celle de Lucrèce, il n'y à pas de terme moyen. » (2. 572).
Ces savants ont raison : non, pas de terme moyen; et néanmoins à Malheureusement pour nous, M. de Gasparin nous reproche comme à Lucrèce « notre matérialisme éhonté. »
Laïssons-le donc s'écrier comme à la fin de tous ses autres chapires : « Maintenant je suis bien à mon aise, » 368, «la question est enfin résolue. »
Mais la résoudre ainsi, nous ne craignons pas de le dire, c'est ne rien comprendre à la Bible.
Laissons l'illustre Gœrres la résoudre à sa manière : « Il y avait de nouveau, dit-il (après le déluge), deux cultes sur la terre, celui des esprits des ténèbres et celui des esprits lumineux, et par-dessus le tout, Dieu, qui manifeste en eux sa puissance. Pendant que les nouveaux Eggregores honoraientle vrai Dieu sur la sainte montagne, en bas, dans la vallée, les fils des hommes exerçaient leurs perfides enchantements. Le culte de Baal était-il autre chose que le sabbat des sorciers et des sorcières de ce temps-là, sabbat tenu non pas en secret, dans le silence de la nuit, mais publiquement et au grand Jour? Qu’y voyons-nous en eflet? un dieu adoré sous la forme d’un boue, des prètres dansant en chœur autour de lui en poussant des cris sauvages; des prètres inspirés et possédés par les démons, s’ouvrant les veines, se livrant aux orgies les plus infâmes.. Et ce culte de Baal ne se bornait pas à la terre de Canaan, mais nous le retrouvons partout quoiqu’à des degrés divers... » (Myst., €. II, p. 12. |
“ncore une fois, nos tables modernes savaient parfaitement bien ce qu'elles faisaient en nous traçant ces mots : « Je vis ma vieille vie, velerem Vitam (1) vivo; » elles repassaient et leur vie et leur bible. Mais arrétons-nous, Car las à notre tour de ce code désolant et terrible de la Bible, nous éprouvons aussi le besoin de « retourner avec délices à l'air pur » que partout ailleurs elle nous offre. Sur ce terrain consolant, sous ces flots de lumière divine, nous oublierons bien vite les régions ténébreuses qu'il nous aura fallu traverser : heureux si nous n’avons
(1) Esprits, ch. nr.
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pas marché seul dans ce voyage, et si, nous ralliant sans cesse à l'imposante escorte qui se chargeait de nous défendre, nous n'avons pas sacrifié aux préjugés particuliers, l'exégèse générale de tous les siècles, de toutes les traditions et des plus grands docteurs dont puisse s'hono-
rer le christianisme (1).
(1) À propos des deux systèmes sur la propagation de la Bible, pendant que M. de Maistre comparait d'une manière charmante l’église catholique à la colombe, qui, avant de distribuer à ses petits le grain qui doit les nourrir, le triture et le broie afin qu’ils puissent le supporter, le savant docteur Perceval , chapelain protestant de la reine d'Angleterre, publiait à la fin de mai 1837, un écrit ayant pour titre : Motifs pour lesquels je ne suis pas membre de la société biblique. On y lisait ce qui suit : «Les bonnes gens qui sont les victimes de cette détestable supercherie devraient bien, une fois pour toutes, apprendre l’emploi qu'on fait de leur argent et de leurs contributions hebdomadaires. Cela glace à un chrétien le sang dans les veines de penser qu’il existe au xixe siècle , une société qui, se jouant insolemment des oracles du Tout-Puissant, ose présenter aux peuples idolâtres comme la parole divine, les travaux de misérables écoliers, et flouter indignement les hommes simples et trop crédules qui soutiennent cette société de leur argent. »