‹ Question scolaire [microforme]Chapitre 3 sur 9 · PET · texte numérisé non relu

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Les deux honorables messieurs qui ont proposé l'adoption de l’Adresse on réponse au discours du Trône, nous ont bombardés de cette épithète. S'ils avaient pu mieux 8e rendre compte de sa portés, ils ne l'auraient peut-être pas lâchée, parce qu'elle frappe aussi leurs propres chefs. Des extrémistes ils sont ces chefs, puisqu'ils concèdent que leur prétendu règlement ne nous donne point tous les droits que nous reconnuît la constitution. Cette admission se trouve dans le discours du Trône même. Il y est dit que cet arran-

ement est le meilleur qui pût être fait

ans les circonstances. Or, ce langage implique nécessairement l’idée d’un compromis; c'est-à-dire, de l'abandon d’une partie des droits qu’en stricte justice nous ‘pourrions exiger.

D'une autre part, je dois avouer qu'il y a dans cette partie du discours du Trône

lus qu'il ne faut pour convaincre les

onorables messieurs qui ont proposé l'adoption de l’Adresse, et jo puis dire aussi, la population du Canuda tout entière, que le gouvernement n'entend pas, au fond, se jeter dans les extrêmes pour nous sauver. Il est évidemment disposé plutôt à prendre pour sa règle de conduite la bonne ou la mauvaise volonté du gouvernement manitobain. C'est en vérité, de sa part, une attitude qui ne demande point un grand déploiement d'énergie.

C’est une politique de capitulation.

Avant les élections, on nous annonçait qu'un nouveau soleil allait se lever et pénétrer de ses rayons toute la politique du

proue gouvernement, qui hantuit déjà ‘imagination libérale; c'était le soleil de l: conciliation, Mais il se trouve, aujourd’hui que le rêve a fait place à la réalité, que toute la chaleur et la lumière de cet astre si pompeusement annoncé sont uni-

‘quement réservées à ragaillardir l'esprit ioquiet du gouvernement du Manitoba, et à éclairer son triomphe, Quant à la minorité, pas de soleil pour elle, rien que la froidure et l'obscurité!

Et le gouvernement ici insinue, et celui du Manitoba nous déclare hautement que nous devrions être très satisfaits du sort qu'il a plu à ces messieurs nous faire!

Mais nous sommes, nous aussi, des sujets britanniques, et nous estimons qu'en cette qualité, nous avons droit à une part de tous les bienfaits qui en découlent. C'est notre conviction qu'un jour ou l'autre le soleil de la justice luiru sur nos plaines

comme il luit sur les autres parties de l'empire. FÆn attendant, nous sommes résolus de maintenir notre position comme des hommes libres, Nous allons prouver que nous ne sommes pas indignes de siéger dans les conseils où lés institutions britanniques sont conçues, formulées 'et octroyées au peuple, non comme une source de déception, non comme un instrument de trabison, mais plutôt comme des éléments féconds en liberté et en justice, comme une sauvegarde de la foi jurée.

Le gouvernement et ses organes se font, de ce prétendu règlement, un sujet de réclames. D'un ton triomphal ils nous font observer que six mois leur ont suffi pour effectuer cette transaction, tandis que l'ancien gouvernement, prétendent-ils, n'avait pu rien accomplir durant les six années précédentes.

Certes, cet échec s'explique facilement, Chaque fois que l’ancienne administration a voulu faire un pas dans lu voie des réparations, il lui a fullu lutter, non seulement contre le gouvernement du Manitoba qui lui était hostile, mais aussi contre M.

Laurier et son parti, lesquels siégeaient alors dans l'opposition et mettaient constamment des entraves à la politique du gouvernement conservateur—frappant contraste avec la ligne de conduite de l’opposition actuelle, qui, maintes fois, s'est déclarée prête à donner aux honorables messieurs qui occupent maintenant les banquettes du trésor le concours désintéressé de leur volonté ot de leurs votes, s'ils voulaient soumettre à la considération des Chambres une mesure réparatrice satisfaisante, Au surplus, l’ancien gouvernement s’appliquait à trouver et à nous donner une mesure qui ne fût pas seulement l'ombre d’une réparation. Le cabinet actuel n’a pas de ces préoccupations. Il lui importe peu de nous donner satisfaction. Il est prêt à accepter les yeux fermés ce que ses amis de la lointaine province du Manitoba sont disposés à nous offrir, quelque insignifiant que cela puisse être d’ailleurs, comme le prouve bien l’acceptation qu'il a faite du règlement dont nous nous occupons, lequel, loin de nous assurer une réparation de nos griefs, n’est en réalité que l'abandon complet de nos droits.

Il ne fallait pas six mois pour aboutir à un si mince résultat; quelques jours aurait suffi à la tâche, laquelle était bien facile, Le gouvernement n'a pas à s'en glorifier, car il y est arrivé sans lutte et

sans danger, Comme nous le disons en français, (1) ‘à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.”

Les longs arguments ne sont pas nécessaire pour établir sl ce règlement ne fait pas entièrement disparaître nos griefs,

uisque le gouvernement en fait lui-même ‘admission. Néanmoins, il est bon d'’entrer dans quelques détails afin de prouver

jusqu'où ce prétendu règlement pousse

l'oubli de la situation antérieurement occupée par la minorité.

En vertu de l’ancienne loi, nons avions le droit—je dis le droit, et non pas simplement la faculté—d'être représentés dans le conseil général de l'instruction publique. Nous avions, dans ce conseil général de l'instruction publique, un bureau catholique, ayant le pouvoir d’administrer les écoles catholiques. Nous avions un surintendant catholique de l'éducation ; nous avions des inspecteurs d'écoles catholiques et des écoles normales catholiques; nous avions des examinateurs catholiques. Nous avions des instituteurs catholiques. Nous avions des districts scolaires et des commissaires d'écoles catholiques. Nous avions le droit de choisir nos livres d'école. Nous avions le droit de prélever des cotisations sur nos immeubles pour le support de nos écoles.

Nous étions exempts des impôts prélevés pour le maintien des écoles non catholiques. Nous avions notre quote-part de ia subvention scolaire votée par la législature sur les fonds publics, Tous ces droits, d’après le Conseil privé, sont des droits et des privilèges qui n'auraient pas dû nous être enlevés, mais auxquels on a non moins certainement porté atteinte par la législation scolaire de 1890. Le prétendu règlement sacrifie tous et chacun de ces privilèges. La simple lecture de la loi adoptée

maintenant par la législature du Manitoba, | , | catholiques romains le soit, à l’heure prescrite, du-

et qui n’est rien autre chose que le règlement métamorphosé en loi, prouve suftisamment la vérité de cette assertion. Voici le texte de cette loi.

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