LES DISSIDENTS DU LIBÉRALISME
cote a pris naissance en France. Elle a pour chefs deux économistes d'une incontestable valeur : Causes, professeur a la Faculté de Droit de Paris, et ride, autrefois p: ess irai» Faculté de Montpellier, actuellement professeur à l'Ecole sociale fondée à Paris de Chambran. L'un et l'autre ont di - leurs : . - lans un Cours iTBccnc îê poJ I s continuent à être exposées dans la Reirâ nomie politique qu'ils ont créée. Des disciples sont venus autour d'eux et dès lors a commencé un mouvement séparatiste qui inquiète sérieusement les ornes Un] lissants à l'enrayer. De notre pays il s est a en A:. . v. en Belgique, en Suisse, en II en Es: igné, : péranl non seulement une évolution, mais âe révolution dans l'enseignement 1 .
b, qui se pique d'un tagt ccfcclîsmc, s'efir le milieu entre le - une elle tibéra-
issique. Pour ce dernier elle se montre souvent ians ses appréciations que les oollectii - - -mêmes. ■ Un reproche que l'on peut, parmi bien d'autres, adresser à cette doctrine, dit-eile avec Gide. une tendance ties marquée à l'optimisme, ten- ;i parait inspirée beaucoup moins par un esprit
Parmi les économistes qui. par leurs tendance*, se chent à c .e, on peut citer : — En A a rire :
is, Jevjns. Stanley ; — en Coflsa, Lanati ; — en
;..a ; — en Suisse : Segretan ; — en Belgique : Mabaim.
CO LBS ÉCOLES SOCIALL3
vraiment scientifique que par le désir de légitimer l'ordre de choses existant (1). » Elle n'admet pas que le régime économique actuel soit si naturel, si pratique, si avantageux qu'on ne puisse sans imprudence et légèreté songera le modifier : « Sans doute, quand on considère l'organisation économique d'une société et les institutions qui en sont le fondement, on est autorisé à conclure qu'elles sont bonnes au moins par quelque côté... on est même autorisé à conclure qu'elles sont naturelles, puisqu'elles sont évidemment déterminées par la série des états antérieurs; mais on n'est nullement autorisé à conclure qu'elles sont les meilleures possibles. Celte conclusion est tout à fait irrationnelle... On n'est pas davantage autorisé à conclure que parce que les lois naturelles sont permanentes et immuables, les faits et les institutions économiques actuelles doivent avoir aussi un caractère de permanence et d'immuabilité. C'est la un pur sophisme, pour ne pas dire un jeu de mots (2) ».
Quoique l'Etat ait jusqu'à ce jour fait preuve d'une incapacité lamentable, l'Ecole dissidente lui reconnaît le droit et môme le devoir d'intervenir dans les questions économiques et ouvrières. Elle réclame cette intervention, entr'autres points, pour la limitation des heures de travail des entants et des femmes.
Elle avoue qu'une partie des critiques et des réclamations socialistes sont fondées, mais elle rejette les plans de rénovation du collectivisme, elle les considère comme irréalisables. Ses adversaires conservateurs lui reprochent, malgré cela, d'aller trop loin dans la voie des concessions, d'exagérer les vices du système actuel, d'accorder beaucoup trop à l'Etat, de dénaturer presque jusqu'à la détruire la notion de propriété privée et de frayer le chemin à des doctrines qu'elle déclare réprouver.
Le reproche n'est pas absolument immérité, quoique les intéressés se défendent d'avoir de commun avec les socialistes autre chose que le sentiment des côtés défectueux du régime économique en vigueur, le désir de supprimer des abus criants et la préoccupation d'assurer a la classe laborieuse une part plus giande de jouis-
(1) Gide. — Principes d'économie politi-j ne.
(2) — lbid.
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sances et de bien-être. 11 se rapproche beaucoup des socialistes de la chaire que nous étudierons plus loin et semblent devoir tôt ou tard jouer en France le même rôle que ceux-ci jouent déjà depuis des années en Alle-
m;iLrne.
L'Ecole dissidente se rapproche aussi par quelques côtés de l'Ecole catholique, dont elle ne parle qu'avec estime (1) ; mais elle pense autrement que nous sur un très grand nombre de points et de points des plus fondamentaux. Elle n'a aucun caractère chrétien, elle affecte de négliger tout l'aspect religieux de la question sociale, elle s'applique uniquement à prendre dans chaque système ce qu'elle croit y découvrir de bon. C'est une école éclectique h tendances démocratiques très marquées.
(1) Gide a été un de? premiers, parmi ceux qui ne partagent pas nos idées, à reconnaître l'importance du mouvement social chrétien et à rendre justice aux sages et généreuses aspirations de l'Ecole catholique. « Bien que l'épithète même qui sert à désigner cette Ecole, dit-il dans son discours sur les quatre écoles sociales, semble la mettre en dehors d'une classification scientifique, cependant elle a pru un trop grand développement dans divers pays et, même au point de vue purement économique, le seul dont nous ayons à nous occuper ici, elle présente des traits trop caractéristiques pour que nous puissions la passer sous silence. *
ECOLE SOCIALISTE