‹ Question sociale et écoles sociales (volume 2)Chapitre 20 sur 33 · III. — Du socialisme agrairo · texte numérisé non relu

III. — Du socialisme agrairo

I. Exposé des doctrines. 1° Cause du mal dont souffre La société. — Les socialistes agraires sont convaincus que ce mal n'a qu'une cause : l'existence de Ja propriété foncière privée. « Le progrès moderne, disent-ils, ne nous a point apporié le bonheur si désiré. Cela résulte des interminables gémissements poussés par l'univers entier sur la ruine de l'industrie et la pauvreté du peuple. D'où vient cet état de choses ? La situation est la même chez toutes les nations civilisées, cela prouve qu'elle a une cause commune et universelle. Or, cette cause ne peut pas être le défaut d'argent, ni l'excès de population, ni la parcimonie de la nature, mais la rente foncière, autrement dit, la propriété foncière privée et le? nombreuses spéculations qu'elle entraîne. En effet, plu> la somme des nouvelles richesses augmente à la suit»du progrès, plus aussi est grande la part qui revient à là rente foncière, elle absorbe tout et réduit à rien lu part du capital et du travail... Voilà la cause du mal social, de l'inégalité sociale, des énormes fortunes à côté de la plus profonde misère ; car la lerre est nécpssaire à l'exercice du travail dans la production de lu richesse ; être maître de la terre, c'est être maître de tous les fruits du travail, sauf de ceux qui permettent au travail d'exister (1). »

2° Remède au mal social. — Pour guérir la société il n'y a qu'un remède, mais ce remède est infaillible: suppr.mer d'un bout à l'autre la propriété foncière privée, « We must make iand common properiy (2) ». Pour extirper la pauvreté, dit Henry George, pour faire que les salaires soient ce que la justice demande, c'est-à-dire le gain complet du travailleur, nous devons donc substituer à la propriété individuelle de la terre la propriété commune. Aucun autre moyen n'atteindra la cause d-i mal, aucun autre n'offre des chances de succès. Celui-là est simple et souverain, il élèvera les salaires, augmentera les profits du capital, détruira le paupérisme, donnera un emploi rémunérateur à celui qui ie désirera,

(1) Henri GEonGE — Prcgres.t and poverty.

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