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fournira libre carrière aux facultés humaines et portera la civilisation à sa plus haute perfection. — Les socialistes agraires ne demandent pas la suppression de toute propriélé privée, ils laissent subsister la propriété mobilière et la propriété industrielle, ils ne réclament que la suppression totale de la propriélé foncière individuelle. Ils veulent l'Etat landlord universel.
3° Moyens d'arriver à cette suppression. — Tons le9 socialistes agraires sont d'accord pour soutenir que le9 propriétaires du sol le détiennent injustement et qu'il est nécessaire que la terre fasse retour à l'Etat. L'entente n'est plus la même quand il faut indiquer la façon dont se fera ce retour. Certains sonJ:jDourladéD oss^ssion des propjiétairesj actuels, dTa^t1:e3pô^r^àJ^non^épossession. l— ~Geux~qu fyeïflen t la dép.os~5ession demandent les uns
|ue l'Etat reprenne immédiatement et "sans accorder Faucune indemnité des biens qui sont à lui et qu'on a usurpés ; les autres qu'il les reprenne immédiatement, mais en dédommageant ceux qui les détiennent, l'injdemnité serait représentée par une inscription sur le grand livre de la dette nationale ; d'autres enfin qu'il les reprenne sans indemnité, mais seulement au tur et à mesure où se produira le décès de chaque propriétaire. Lorsque l'Etat sera ainsi devenu maître de tout le sol, il le louera par parcelles aux particuliers pour un temps plus ou moins long, les sommes qu'il retirera seront plus que suffisantes pour faire face à toutes ses charges; il n'y aura pas d'autre impôt. — Ceux qui sont partisans de la non dépossession disent avec Henry George : « Nous ne proposons, ni de confisquer, ni d'acheter la propriété privée de la terre. L'un serait injuste, l'autre inutile. Que les individus qui maintenant possèdent, conservent, si cela leur plaît, la possession de ce qu'ils appellent leur terre ; qu'ils continuent à l'appeler leur terre, qu'ils l'achètent ou qu'ils la vendent, qu'ils la lèguent ou qu'ils la divisent, nous pourrons leur laisser l'enveloppe si nous prenons l'amande. Mettons simplement un impôt foncier qui soit l'équivalent d'un vrai prix de louage. Il n'est pas nécessaire de confisquer ia terre, il sufiit de confisquer la rente. » Rien ne serait par conséquent changé au système actuel, si ce n'est que l'impôt foncier serait rendu beaucoup plus lourd et remplacerait tous les autres impôts.
II. Précis historique. — Dès 1826 Bernardino Rivadavia, président socialiste de la République Argentine, propo-
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sait, pour le sol, la seule possession emphythéotique. L'Etat unique propriétaire de la terre devait confier, moyennant redevances fixées tous les dix ans, les diverses parties du sol à des fermiers dont les contributions constitueraient les revenus sociaux. — Cette théorie a été reprise par les agrariens de l'Amérique du nord avec Devyr. Elle a été partiellement soutenue par Colins qui, à partir de 1850, préconisa l'appropriation collective du sol et d'une partie des capitaux. Il voulait que l'on procédât par voie de rachat, le rachat étant rendu possible par un gros impôt sur le revenu. La forme de propriété qu'il rêvait n'était pas sans analogie avec Vager publicus concédé des Romains et les domaines engagés de notre ancienne monarchie. — Mais le grand apôtre et le grand théoricien du socialisme agraire c'est, salis contredit, l'Américain Henry George. 11 a exposé ses idées dès 1^79 dans : Progrès etPauvreté, et plus tard dans Question agraife~el Lettre ouverte à Léon XIII sur la condition del~dùvriers. Ces ouvrages, généralement très modétés dans la forme, sont vigoureusement pensés. ils mettent en pleine lumière toutes les objections que l'on peut faire contre la propriété foncière privée. Ils ont exercé une action considérable aux Etats-Unis, pays qui est devenu la terre classique du socialisme agraire. Depuis longtemps il y est prêché et y compte de nombreux adeptes. Il en compte aussi beaucoup en Irlande, en Australie et dans d'autres colonies anglaises. Flùrscheim l'a popularisé dans certains quartiers de la Westphalie. Parmi les adversaires de la propriété foncière privée on peut citer encore Herbert Spencer, au moins dans son livre La statistique sociale ; Emile de Laveleye dans son ouvrage : La propriété foncière et ses formes primitives; Walluce ; Mac. Glinn, Da&son, Hertzka, Stoul et Syrie.