EN QUOI CONSISTB LA QUESTION SOCIALE
et les devoirs respectifs des patrons et des travailleurs. Dans une question aussi délicate il importe de ne pas parler que île devoirs aux uns et que de droits aux autres. Tous les droits étant également respectables, il faut tenir la balance égale entre les deux parties et ne pas oublier que si, dans la crise dont sou lire la classe laborieuse, des responsabilités considérables incombent à l'état social et au Capital, le « Travail » a eu ses torts et n'est pas resté étranger à la production du malaise dont il se plaint. Trop souvent, comme on l'a vu dans les récentes grèves de Montceau, de Saint-Eloy,
•es devoirs, qu'il ne trouble pas l'ordre et la paix, ne lui rende pas trop diiticile sa tâche et ne soit pas un obstacle au bien commun. — Le patron a droit, à ce que l'ouvrier respecte les conventions librement et régulièrement consenties, lui donne un travail en rapport avec le salaire qu'il reçoit et s'interdise tout ce qui serait de nature à léser tes intérêts. — L'ouvrier a droit à l'existence ; droit à une équitable rémunération de son labeur; droit à ne pas être écrasé par un travail excessif; droit aux joies du foyer domestique ; droit à la liberté de conscience et par conséquent aux facilités nécessaires pour remplir ses devoirs religieux ; droit à ce que la femme et l'entant ne soient pas dévorés par un labeur homicide; droit à ce que la compagne de sa vie puisse s'acquitter de toutes ses obligations d'épouse et de mèce; droit à ce que l'innocence de sa fille soit respectée à l'atelier ; droit aussi de s'associer pour défendre ses intérêts
La justice prise dans son acception la plus large est une vertu qui nous fait respecter les droits des autres : vin us qua unicuique jus suum tribuitur. Elle exige que la Société et les divers membres qui la composent respectent mutuellement tous les droits les uns des autres et par là rendent possible le bon ordre, l'union, la paix et une prospérité au moins relative. 11 y a donc une justice sociale. -
On s'est demandé si Injustice sociale formait une espèce à part ou si, au contraire, elle ne devait pas être ramenée aux espèces déjà classées. Les deux opinions ont leurs partisans. — Ceux qui penchent vers la dernière nous disent que la justice distributive suffit pour régler les devoirs de la société envers ses membres ; la justice légale pour régler les devoirs des membres envers la société; la justice cornmutative enfin, pour régler les devoirs des membres entre eux. Il est doDc inutile de recourir à une nouvelle espèce, dont personne n'avait parlé jusqu'à ces dernières années. — Les partisans de la thèse opposée reconnaissent, qu'à la rigueur, la justice distributive peut suffire pour régler les devoirs de la société envers ses membres et la justice le-
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de Chalon, de Marseille el d'ailleurs, les ouvrier» poussés par des meneurs politiques ou entraînés par des intrigants, la plupart du temps gens sans grand aveu, ont, par leurs prétentions inadmissibles, leurs revendications exagérées, leursprocédés violents, presque sauvages, leurs atteintes à la liberté du travail et même à la propriété individuelle, leur oubli des sacrifices consentis par de nombreux patrons, compromis teur cause, porté une grave atteinte à l'industrie national? et découragé une partie de ceux qui auraient voulu s'employer à l'amélioration de leur sort.
gale les devoirs des membres envers la société ; mai» ils nient que la justice commutative, an moins telle qu'on l'entend généralement, sutfise pour régler tous les devoirs des membres entre eux et protéger efficacement tous les droits.
La justice commutative ne s'applique qu'aux droits si nets, si rigoureux, si déterminés, si appréciables que l'observation puisse en être exigée devant les tribunaux et que la violation entraîne toujours l'obligation de restituer. Mais les patrons et surtout les ouvriers, en dehors de ces droits précis qu'ils peuvent revendiquer en justice, en ont d'autres qui, tout en étant réels et incontestables, ne sauraient s'estimer à prix d'argent et taire utilement l'objet d'une action judiciaire. Ces droits échappent à la justice commutative et cependant leur violation constitue une véritable injustice.
Le. droit de toucher intégralement le &aluiie convenu est un droit qui relève de la justice commutative, mais le droit au repos du dimanche, mais le droit à la facilité d'accomplir ses devoirs religieux, mais le droit à la vie de famille, mais cent droits semblables qu'ont-ils bien de commun avec cette justice, si on la prend dans son acception classique?
Celui qui oblige un facteur à travailler le dimanche, qui astreint un enfant à un labeur qui excède ses forces, qui met une femme dans l'impossibilité de remplir les devoirs que lui impose le mariage ou la maternité, celui-là viole des droits incontestables et sacrés, il va donc contre la justice, et cependant peut-on dire qu'il viole la justice commutative et soit tenu à une réparation pécuniaire? Certainement non. Par conséquent, il faut ou reculer les limites de la justice commutative et lui assigner un objet plus étendu ou admettre qu'à côté d'elle, pour sauvegarder certains droits dont elle ne s'occupe pas, il y a place pour une autre justice; qu'on l'appelle justice sociale, équité naturelle ou autrement, peu importe.