CAUSES DB LA CRISB SOCIALE ACTUELLE
homme, chrétien, fils du Père que nous avons tous au ciel, héritier des récompenses éternelles ; qu'il a sa dignilé, qu'il a droit au respect et que ce n'est pas un simple instrument de production ; — que le riche doit au pauvre aide, assistance, protection, amour ; qu'il a, par rapport aux malheureux.de rigoureux devoirs de justice et de graves obligations de charité ; — que celui qui possède n'est plus libre de faire de ses biens et de ses revenus ce qu'il lui plaît ; qu'il est l'économe du bon Dieu et doit user de sa fortune conformément aux vues de la Providence.
Aux Ouvriersla religion apprenait : — le respect dû à l'autorité, en leur enseignant que les inégalités sociales sont voulues par Dieu et que tout pouvoir, que toute supériorité vient d'en-haut ; — la patience chrétienne, en leur montrant les avantages surnaturels de la privation et en faisant luire à leurs yeux les consolantes espérances de l'autre vie, de cette vie où la moindre de nos tribulations saintement supportée sera payée par un poids éternel de gloire ; — l'estime de leur état, en leur rappelant qu'un Dieu s'est l'ait ouvrier dépendant de longues années a vécu dans la pratique du rude métier de charpentier ; — l'amour de la tempérance, de Tordre, du tiiiyail, de l'économie, des vertus de famille ; toutes choses qui servaient a assurer sôTTÏnen-être matériel et à lui donner un bonheur relatif.
2° Conséquences sociales de l'irréligion. — L'irréligion a fait d'effrayants progrès. Au siècle dernier elle avait envahi les rangs de la classe dirigeante; de notre temps elle a pénétré les masses populaires. Elle s'affiche triomphalement presque partout, les gouvernements la tolèrent quand ils ne la favorisent pas. L'athéisme d'Etat est érigé en dogme politique. La bienfaisante influence de la foi se fait de moins en moins sentir, même dans les milieux qu'on appelle encore chrétiens, et peu a peu, nous revenons aux hideuses mœurs du paganisme. — Oubliant les préceptes de l'Evangile le Patron ne voit trop souvent dans l'ouvrier qu'une machine qu'il utilise pour le mieux de ses intérêts (1), machine qu'il
(1) a Au point de vue économique, dit M. de Molinari, l'un des principaux représentants de l'économie libérale, les travailleurs doivent être considérés comme de véritables machines, ce sont des machines gui fournissent une certain»
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apprécie en raison directe de la puissance de production qu'elle possède et qu'il paie au plus bas prix possible. Dans son cœur, la charité, la solidarité et la fraternité chrétiennes ont été, hélas ! fréquemment remplacées par la dureté, l'égoisme et la cupidité. — L'Ouvrier, soustrait à toute action de la foi, ne voit plus dans le patron un père, un représentant de Dieu, un supérieur qui a droit à son affection et à son respect, il ne voit, la plupart du temps, en lui qu'un maître, qu'un exploiteur, qu'un adversaire. La religion n'est plus là pour murmurer à son oreille la vieille et douce chanson de la soumission chrétienne, de la résignation courageuse et méritoire, de la sainte espérance, qui endormait sa misère et calmait ses révoltes dans les jours mauvais. Elle n'est plus là pour comprimer ses appélils et imposer silence à ses colères; aussi, au lieu de l'union d'autrefois, c'est l'antagonisme ; au lieu de la concorde, c'est la suspicion ; au lieu de l'entente et de la paix, c'est la rivalité et la guerre. Nous sommes loin de Yheritis familia qui s'épanouissait jadis sous la salutaire intluence de la religion et constituait un principe précieux de bienêtre social.
Il ne suffirait pas que le pays redevînt chrétien pour que la question sociale se trouvât résolue et toute misère supprimée par le fait même. Il y aurait encore des difficultés et des conflits d'intérêt, mais un grand pas serait fait vers la pacification. C'est par un retour sincère aux divins enseignements de l'Evangile que l'on assurera le respect de tous les droits et que l'on arrivera à rétablir la bonne harmonie entre les divers membres de la société. Ce retour ne guérira pas tout, mais il est nécessaire.