III. — Causes économiques de la crise sociale
Les causes d'ordre économique sont tout aussi nombreuses et tout aussi graves ; qu'il suffise d'indiquer les principales. Ce sont :
1° L'extraordinaire développement qua pris le machinisme. — L'emploi de la vapeur et de l'électricité comme forces motrices, l'invention d'appareils de production tous les jours plus nombreux et plus perfectionnés, ont révolutionné l'industrie et substitué presque partout le travail mécanique au travail musculaire. La machin'', au lieu d'être l'auxiliaire, la servante et la propriété de l'ouvrier, n'est trop souvent pour lui qu'une maîtresse
(1) Une commission nommée dans le sein même de l'Assemblée Constituante constatait que, par l'abolition de la •lime, les hôpitaux «t hospices avaient perdu plus du tiers de leur revenu, 10 330 000 livres sur 29074 000.
(2) C'était une idée reçue par toute la chrétienté, que le.* biens affectés aux fondations religieuses avaient une destination charitable ; culte, instruction ou soulagement des pauvres, surtout ce dernier but, qui, d'ailleurs, souvent se confondait avec les autres. — On se fait fréquemment une idée très fausse de la bienfaisance que pratiquaient alors les bénéficiers et les ordres religieux. Avec les philosophes du siècle dernier et les écrivains de ce siècle-ci, on se figure que leur charité se réduisait à quelques distributions de soupe faites périodiquement aux portes du monastère et faites à tout venant, si bien qu'au lieu d'être utiles, ces charités ne faisaient qu'entretenir des paresseux. Ri«n n'est moins exact. Les religieux établis dans les campagnes» pour ne parler que d'eux, assistaient de toute manière les paysans qui les entouraient, principalement en fournissant, à l'occasion, des médicaments et des soins; en leur prêtant des crains pour leurs semailles et des bestiaux pour leurs labours. On sait combien était large l'hospitalité qu'ils pratiquaient à l'égard des passants et toujours gratuitement. (G. Goyau : Rôle social du Monastère au Moyen-Age.)