‹ Question sociale et écoles socialesChapitre 22 sur 51 · LE SOCIALISME EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE SOCIALISME EN GÉNÉRAL

types officiels de contrats... ». — Pour d'autres, «le Socialisme est un ensemble d'aspirations et de théories qui tendent à établir entre tous les hommes, par divers moyens de contrainte légale, la plus grande égalité possible de richesse ou de misère ». — Pour d'autres, « le Socialisme consiste dans la nationalisation des moyens de production, l'administration par l'Etat de l'ordre économique et principalement de la production et de la distribution des richesses ». — Pour d'autres, « le Socialisme, c'est l'action internationale du prolétariat, travail • lant à son émancipation matérielle et morale par l'expropriation du capitalisme ». — Pour d'autres, « le Socialisme est un système de réglementation communiste inspiré par la passion utilitaire et la passion égalitaire ».

3° Son sens vrai. On pourrait multiplier les citations presque jusqu'à l'infini. Chacun s'est mis à son point de vue et a apporté une définition du Socialisme tel qu'il le concevait. S'il fallait donner une définition générale convenant aux diverses espèces de socialisme, nous dirions volontiers que « le Socialisme est un système qui se propose de remédier au mal social, en réorganisant la société sur d'autres bases et en substituant plus ou moins rapidement et plus ou moins complètement la propriété collective à la propriété privée du sol et des divers moyens de production » . Suppression de l'organisation capitaliste basée sur la propriété privée et remise de tous les moyens de production entre les mains de la collectivité : Etat, commune ou syndicat ; voilà ce que l'on trouve au fond de tous les systèmes socialistes.

II. Origine du Socialisme. - Il est né des abus engendrés par le régime de l'économie politique matérialiste et les principes posés, il y a un siècle, par ceux qui l'ont fondée. « Le Socialisme est fils de l'économie libérale, il est le fruit du régime qui a prévalu tout le siècle dernier, aussi bien sous les autres Gouvernements que sous la République. Ce n'est pas un régime politique, c'est un régime social qui s'appuie tout entier sur les maximes de l'Encyclopédie, sur la doctrine de Rousseau et de Diderot. »

III. Diverses écoles socialistes. — Parmi ceux qui rêvent une réorganisation sociale de ce genre, il y a de grandes variétés de vues. A côté de quelques idées générales communes et d'un but final identique, les divers groupements ont des théories très différentes sur beaucoup de points. Ils ne s'entendent ni sur le caractère à donner à leur propagande, ni sur les moyens à prendre pour arriver à la transformation désirée, ni sur le but immédiat à poursuivre, ni sur un grand nombre d'autres questions encore. Leur parti se divise en de multiples écoles qui ont chacune leur programme.

Il serait trop long de nous occuper de chaque fraction de la grande armée socialiste et d'exposer tous les systèmes qui ont été imaginés par ses chefs ; nous ne parlerons que des quatre principales formes qu'a revêtues le Socialisme : le Socialisme d'Etat, le Socialisme agraire, le Socialisme collectiviste ou marxiste, le Socialisme syndicaliste. Les deux premières de ces formes ont presque complètement disparu et n'offrent plus guère qu'un intérêt historique. Le Marxisme compte encore de nombreux partisans en France, et surtout à l'étranger. Lénine a voulu en faire une application intégrale dans la Russie des soviets. La tentative n'a donné que de déplorables résultats. L'avenir semble appartenir au Syndicalisme. Les masses ouvrières se rangent tous les jours plus nombreuses sous les plis de son drapeau.

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