‹ Question universitaire de Montréal (volume 3)Chapitre 133 sur 147 · ARCHEVEQUE DE MONTREAL · texte numérisé non relu

ARCHEVEQUE DE MONTREAL

Rome, 2 juillet 1890.

Monseigneur,

Avant de quitter Rome, d'où l'on ne part toujours qu'à regret, l'étranger s'y trouvant comme dans sa patrie, avant de rentrer dans le tourbillon ordinaire des affaires de ma paroisse et de l'Université, j'ai cru devoir faire à Votre Grandeur, dans la retraite et le calme de cette Villa délia Presentazione où le travail m'a été si facile, le rapport sur la mission que, de concert avec vos illustrissimes Suffragants, vous m'avez confiée auprès du Saint-Siège; et aujourd'hui, 2juillet, en cette fête de la Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie, à qui nous n'avons cessé de recommander le succès de nos entreprises universitaires, me transportant par la pensée et l'affection auprès de

votre personne vénérée, j'ai l'honneur de le lui soumettre.

Ma lettre de délégation se lit comme suit :

Montréal, 7 janvier 1890.

A Son Eminence le Cardinal Simeoni, Rome.

Eminentissime Seigneur,

Par suite des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons actuellement à Montréal, au sujet de notre Université, j'ai cru devoir charger Monsieur J. B. Proulx, Vice-Recteur à Montréal, et porteur de la présente lettre, de se rendre à Rome, pour faire connaître exactement la situation. Ce monsieur a pour mission d'exposer, entre autres choses, à Notre Saint-Père le Pape et aux Eminentissimes Cardinaux :

1° Les détails d'un projet d'union entre l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal et la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal ;

2° L'opportunité qu'il pourrait y avoir d'admettre, à de certaines conditions, dans l'Université la dite Ecole, avec sa Charte dûment amendée ;

3° Les mesures qu'il conviendrait de prendre, si, par le mauvais vouloir ou les exigences exagérées des membres de l'Ecole, cette union venait à manquer, la Faculté de Médecine de l'Université ayant été établie en conformité avec les décrets apostoliques ;

4° Les moyens à prendre pour créer des ressources pécuniaires, sans lesquelles il est impossible à la Succursale de se maintenir.

L'entière confiance que j'ai en Monsieur J. B.Proulx me fait espérer qu'il traitera ces différents points de manière à procurer le bien de la religion et celui de notre Université ; et c'est pour cela que je prends la respectueuse liberté de le recommander d'une manière toute particulière aux bontés de Votre Eminence.

Daignez agréer, Eminentissime Seigneur, l'hommage du plus profond respect de

Votre très humble serviteur,

t EDOUARD CHS, Archev., de Montréal.

Je concours pleinement dans la présente démarche de Mgr l'Archevêque de Montréal auprès du Saint- Siège.

7 janvier 1890.

f L. Z., Evêque de St-Hyacinthe.

Je concours dans la présente démarche de Mgr l'Archevêque de Montréal auprès du Saint-Siège.

8 janvier 1890.

t ANTOINE, Evêque de Sherbrooke.

Après avoir étudié ce document, je compris que j'avais à faire quatre choses :

I. Exposer au Saint-Siège les détails d'une union provisoire déjà signée entre la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal ; et le consulter sur l'opportunité, et la possibilité de mise à exécution, d'un projet d'union définitive entre les deux Ecoles ;

II. Demander au Saint-Siège quelles seraient les mesures à prendre par l'Episcopat si cette union si désirable venait à manquer par une mauvaise volonté manifeste, et cela, comme je le comprends, de quelque part qu'elle vienne ; ou, ce qui est tout un (car je ne vois pas d'autre mesure à prendre), demander au Saint-Siège de vouloir bien remettre à l'autorité de l'Episcopat de la province ecclésiastique de Montréal le soin d'aviser aux meilleurs moyens d'amener entre institutions catholiques pour motif d'utilité générale, une union raisonnable, juste et équitable ;

III. Soumettre au Saint-Siège le besoin absolu que la Succursale a de revenus extérieurs et extrinsèques pour pouvoir fonctionner ;

IV. Enfin, après avoir exposé entre autres choses à Notre Saint-Père le Pape et aux Eminentissimes Cardinaux les trois points que je viens d'énumérer, voir, dans la sincérité de mes convictions, selon les circonstances, ce qu'il conviendrait d'ajouter pour faire connaître exactement la situation.

Qu'ai-je fait pour tâcher de remplir le quadruple objet de ma mission ?

J'ai présenté à Son Eminence le Cardinal Simeoni, Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande :

I. Sur le premier point, un "Mémoire sur l'Union de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à

Montréal et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal ; "

II. Sur le deuxième point un "Mémoire sur la nécessité de l'influence épiscopale dans \e règlement de nos difficultés universitaires à Montréal ; "

III. Sur le troisième point un "Mémoire sur les ressources à créer pour la Succursale de l'Université Laval à Montréal ; "

IV. Sur le quatrième point un premier travail intitulé " Collection de documents sur certaines questions universitaires à Montréal," et un second travail, "Mémoire sur les comptes du Séminaire de Québec contre la Succursale de l'Université Laval à Montréal."

Je vous adresse ces cinq mémoires en même temps que ce rapport. Je les ai fait imprimer, afin d'en rendre l'étude plus facile, et de pouvoir les déposer entre les mains de tous ceux qui ont droit d'en prendre connaissance. Avec le rapport, ils forment un ensemble de plus de quatre cents pages, grand inquarto. Ayant été composés, rédigés, copiés, recopiés et imprimés dans l'espace de cinq mois, je n'ai pas besoin de vous dire qu'ils sont le fruit d'un rude et persévérant labeur.

Je ne parle pas des nombreuses lettres que j'ai écrites, en sus, aux dignitaires de la Sacrée Congrégation de la Propagande : vous en trouverez un certain nombre dans la correspondance qui est annexée à ce rapport : ni des visites souvent répétées que j'ai cru de mon devoir de faire à d'éminents personnages, pour leur donner des explications verbales sur certains points de ma cause qui auraient pu paraître

moins clairs. Pour ne mentionner que deux noms entre les plus intéressés à la solution de nos difficultés, Sa Grandeur Monseigneur Jacobini et Son Eminence le Cardinal Simeoni ont bien voulu me recevoir en audience le premier dix fois, et le second quatorze fois. Je ne saurais proclamer trop hautement, auprès de vous, Monseigneur, la bonté et la bienveillance, avec lesquelles ils n'ont cessé de traiter votre humble délégué.

Quelles réponses ai-je obtenues à ces mémoires, auxquels je viens de faire allusion ?

Je les donne ci-après, in extenso, afin que tous ceux qui ont intérêt à les voir puissent juger par euxmêmes de leur portée. J'ai le plaisir de pouvoir dire qu'elles sont toutes on ne peut plus satisfaisantes.

Pour bien saisir toute la portée d'une réponse, il convient de connaître la teneur de la demande qui l'a provoquée. C'est pourquoi je reproduirai ici, dans toute son étendue, le texte de mes différentes demandes au Saint-Siège. Je ne crains pas lumière ; j'aime ce qui est clair, franc, tranché et défini.

Mon " Mémoire sur l'Union de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal," après un

récit succinct des démarches qui ont amené entre les deux Ecoles de Médecine l'union provisoire signée le 30 de septembre 1889, et après l'exposé d'un projet d'union définitive avec les avantages qui peuvent en résulter, conclut en ces termes :

" C'est pourquoi je m'unis à Monsieur le Docteur Desjardins, pour demander au Saint-Siège qu'il soit permis à l'Ecole de faire amender sa Charte, de manière à rencontrer les prescriptions des décrets apostoliques, dans le but de faciliter entre l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal et la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, une union définitive...

u Si le projet d'amendement de la Charte de l'Ecole de Médecine agrée au Saint- Père, qu'il me soit permis de faire remarquer combien il importe, pour le succès de l'affaire, qu'il soit donné une réponse sous bref délai..."

" De plus, si le projet ae M. Desjardins n'est pas désagréable au Saint-Siège, et si l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal réussit à faire dûment amender sa Charte, je demande au Saint- Père qu'il soit permis à l'Archevêque de Montréal, en union avec ses suffragants, d'entrer en arrangement avec l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, pour l'admettre dans l'Université Laval à Montréal avec sa Charte dûment amendée ; et cela, bien entendu, sous la haute approbation du Conseil Universitaire, que je considère grandement, et dont je respecte la légitime autorité. "

Ainsi je demandais trois choses: Ie* permission pour l'Ecole de Médecine d'amender sa Charte, avec espoir d'arriver, Papa /avertie, à une union définitive sur cette base; 2° réponse sous bref délai; 3° mission spéciale pour les Evêques de la province de Montréal de veiller eux-mêmes à l'arrangement entre la Faculté de Médecine et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie. Je n'ai pas cru devoir faire une demande d'approbation directe pour l'entente provisoire déjà signée entre les deux Ecoles, et ratifiée par le Conseil Universitaire ; il était trop évident pour tous que ce rapprochement entre anciens adversaires était agréable au Saint-Siège ; du reste, en approuvant le principe du projet d'union définitive que je présentais, il se trouvait à approuver cette entente qui était l'acheminement le plus court et le plus efficace pour arriver à cet état définitif par lui si désiré. Pour constater combien le Saint-Siège tient à l'Union, il suffit de lire les réponses suivantes, ainsi que la lettre de la Sacrée Congrégation à Monseigneur l'Archevêque de Montréal, laquelle lettre se trouve au numéro V de ce mémoire.

Le 6 février 1890, Son Eminence le Cardinal Simeoni me dictait, pour Votre Grandeur, le télégramme ci-dessous :

" Affaire regardant Ecole, elle pourra faire ce qu'elle croit le mieux, d'accord avec Evêques Province Montréal, pourvu que soient sauvegardés décret Pontifical et droits Universitaires. Docteur Hingston peut présenter bill. Dites-lui. — Proulx. "

Le 9 de février, le Cardinal Simeoni adressait à Votre Grandeur la lettre que voici :

S. Congregazione di Propaganda.

Protocollo N. 659.

Roma, li 9 febbraio 1890.

Dno Eduardo Fabre, Archiep. Marianopolitan.

Illme et Rme Domine,

Uti Dominatio Tua mihi significaverat per epistolam die décima quarta prseteriti mensis Januarii, hue pervenerunt R. D. Proulx, Vice-Rector Succursalis Universitatis Lavallensis et Doctor Desjardins, qui mihi manifestaverunt nonnullas propositiones relate ad istam Scholam medicinge, quse propositiones Tuée Domni fortasse ignotse non erant. Re autem mature, ut par erat, perpensa, responsum illis fuit, quemadmodum ex telegrammate ab eisdem Tibi expedito jam cognoveris, quod, quum hoc negotium Scholam Medicinse respiciat, poterit ipsa, collatis consiliis cum Domne Tua et cum episcopis suffraganeis istius provinsse Marianopolitanae, id facere quod melius judicaverit, dummodo salva et intégra maneant quse décréta fuerunt a Summo Pontifice et jura Universitatis Lavallensis.

Hsec Tibi significanda habui ; atque intérim Deum precor ut Té diutissime sospitet.

Dominationis Tuse Addictissimus, (firmato) JOAN. CARD. SIMEONI, Prœfectus.

Le 15 février, le bill de l'Ecole périclitant devant le Comité des bills privés, le Préfet de la Sacrée Propagande prit la peine d'envoyer à Votre Grandeur, lui-même, en son nom, ce télégramme significatif:

" Si démarches Ecole peuvent obtenir union et paix sur bases indiquées, agréable au Saint-Siège. — Simeoni. "

Je demandais une réponse sous bref délai. Ma demande fut faite définitivement le 5 de février; la réponse vint le 6 du même mois. Le délai ne pouvait être plus bref.

Je demandais la permission pour l'Ecole de faire amender sa charte dans un certain but que je désignais ; on me répond : V Ecole peut faire ce qu'elle croit le mieux.

Je demandais que l'arrangement entre les deux Ecoles fût laissé aux soins des Evêques de la province de Montréal ; on me répond : collatis consiliis cum Dominatione tua et cum episcopis suffraganeis istius Provincise Marianopolltanse.

De plus, le représentant attitré du Saint-Siège pousse l'obligeance jusqu'à faire savoir à Votre Grandeur, par le télégraphe: sous telles et telles conditions (celles que j'avais énumérées) c'est agréable au Saint- Siège.

Que peut-on désirer davantage?

Mon "Mémoire sur la nécessité de l'influence épiscopale dans le règlement de nos difficultés universitaires à Montréal " se terminait par ces paroles :

"Déjà, par une lettre de l'Eminentissime Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, en date du 9 février 1890, il a été remis aux soins de l'Archevêque et des Evêques de la province de Montréal, de prendre avec l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, des arrangements sur le3 bases que sont venus exposer auprès du Saint-Siège l'abbé J. B. Proulx, Vice- Recteur de l'Université Laval à Montréal et le Docteur L. Ed. Desjardins, délégué de l'Ecole de Médecine, pourvu que l'on sauvegarde les droits de l'Université et le3 prescriptions des décrets apostoliques.

"De plus, aujourd'hui, je demande humblement, mais instamment, qu'on veuille bien écrire aux mêmes dits Archevêque et Evêques, de la part de Notre très- Saint-Père le Pape, faisant appel à leur prudence, à leur discernement et à leur autorité, afin que tous, au Canada, sachent bien qu'il leur appartient, par une mission spéciale, de prendre les moyens de régler cette question, de lever les obstacles, d'apaiser les esprits, de demander des sacrifices convenables, et d'amener entre les deux Ecoles de Médecine une union juste et équitable."

Voici la copie que l'on m'a remise au Secrétariat

de la Propagande, de la lettre qui a été envoyée à Votre Grandeur en réponse à ma demande.

" Haud ignorât Amplitudo Tua nuper actum fuisse " a moderatoribus Athensei Marianopolitani Laval- "u lensis Universitatis de unione Facultatis medicse " artis ipsius Athensei cum Schola pariter medica in " eadem Urbe Marianopolitana existente. Et quamvis " hsec unio gravibus undique rationibus consuleretur, " commotis hinc inde animis, ad felicem exitum non- " dum perduci potuit. Hsec res minime studiis par- " tium dijudicanda est, sed altius sumenda ratione " sequanimi et intuitu boni communis. Commune " autem bonum ferre non videtur ut in eadem civitate " duplex facultas medica coexistât. Hinc Apostolicse " Sedi, quse nihil omisit ex iis quse ad instaurationem " et incrementum studiorum in ista Provincia eccle- " siastica conferre viderentur, summopere gratum " foret si unio de qua agitur tandem ad effectum peru ducatur, salvis tamen juribus Universitatis Laval- " lensis et Decretis pontificiis. Et quia ad hoc obti- " nendum valde auctoritas RR. PP. sacrorum Antis- " titum istius provinciaB conferre dignoscitur, Ampli- " tudinem Tuam rogo ut una cum Episcopis istius " provincise ea quse polletis prudentia ac maturitate, " operam auctoritatemque vestram conferatis ad " qusestiones simultatesque e medio tollendas, ani- " masque sedendas, ut hinc inde intuitu majoris boni, " et salvis juribus uti supra, in unione peragenda " conveniatur et libenter onera ferantur quae ab hoc " perutuli unione requiruntur.

" Pro certo habens tam grave negotium opéra

" Amplitudinis Tuae et Episcoporum provincialium ad " optatum finem tandem perduci posée, eidem Ampli- " tudini Tuœ, etc."

Il est impossible, pour une réponse, de couvrir plus complètement toute l'étendue et toutes les nuances d'une demande ; les termes sont identiques. Je demandais qu'on fît appel à la (1) prudence, au (2) discernement et à (3) Vautoritê des Evêques ; et la lettre dit ea quœ polletis (1) prudentia ac (2) maturitate operam (3) auctoritatemque vestram conj'eratis. Et cela, ajoutaisje, dans le but de régler (4) cette question, de lever (5) les obstacles, d'apaiser (6) les esprits, de demander

(7) des sacrifices convenables, et d'amener (8) une union juste et équitable ; et la lettre dit : ad (4) qusestiones (5) simultatesque e medio tollendas, (6) animasque sedendas... libenter (7) onera ferantur quœ ab hac perutili

(8) unione requirantur. De plus, dans le cours de ce mémoire je soutenais que "toutes nos difficultés ne trouveront de solution véritable que dans (9) l'action supérieure, libre, indépendante et efficace de l'épiscopat." Et la lettre dit: quia ad hoc obtinendum valde

(9) auctoritas RR. PP. sacrorum Antistitum istius provincial conferre dignoscitur.

Votre Grandeur, Monseigneur, n'est pas sans remarquer combien cette lettre témoigne du désir ardent qu'a le Saint-Siège de voir réu ssir l'Union entre les deux Ecoles. Cette union, dit le document, serait d'une très grande utilité, perutili unione; elle est conseillée par de graves raisons d'un côté comme de l'autre, gravibus undique rationibus consuleretur ; c'est une fin désirable, optatum finem ; ce serait un résultat

heureux, felicem exitum ; elle serait extrêmement agréable au Saint-Siège, Sanctae Sedi... summopere gratum foret ; et l'on souhaite qu'elle s'effectue enfin, tandem ad effectum perducatur. Mais de quelle union veut-on parler ? unio de quâ agitur, qu'on veuille bien le remarquer, de l'union dont il s'agit actuellement, de l'union, telle je l'ai expliquée dans mes mémoires, de l'union que nous sommes venus, Monsieur le Docteur Desjardins et moi, exposer à Notre-Saint-Père le Pape et aux Eminentissimes Cardinaux.

Oui, nous arriverons enfin à cet heureux résultat, si seulement nous savons suivre les conseils que nous donne cette lettre paternelle et sage, " si nous ne jugeons pas cette affaire au point de vue des parties, si, nous élevant plus haut, nous consultons avant tout la justice, la modération et le bien commun." Hsec res minime studiis partium dijudicanda est, sed altius sumenda ratione sequanimi et intuitu boni communia. En lisant ces paroles, je ne pus me défendre d'un petit sentiment intérieur de satisfaction, quand je pensai que j'avais écrit, dans mon Mémoire sur les ressources à créer four la Succursale, les lignes qui suivent :

" Pour moi, cette question, la plus importante de toutes celles qui occupent actuellement, chez nous, l'attention des hommes soucieux de l'avenir, est de beaucoup supérieure à ces visées, trop souvent étroites, qui ont inspiré, passionné et divisé les esprits jusqu'ici. Pour la juger sainement, il faut d'abord commencer par apprécier chaque prétention à sa juste valeur, puis placer les grands intérêts de la

religion, de l'éducation et du pays au-dessus des intérêts particuliers : ce qui n'empêche pas toutefois que, dans ce vaste ensemble bien coordonné, les intérêts particuliers ne puissent fort bien être sauvegardés suivant la mesure de leurs droits."

Puisque je viens d'en parler, passons au "Mémoire sur les ressources à créer pour la Succursale de l'Université Laval à Montréal." Après avoir établi le besoin indispensable que la Succursale a de ressources pécuniaires provenant de l'extérieur, j'y étudie les moyens que l'on peut prendre pour créer ce revenu, entrant dans le sujet par ces quelques réflexions:

" Il se présente à l'esprit, après une étude quelque peu approfondie de la question, plusieurs moyens de venir en aide à la Succursale. Laissant pour le moment, de côté tous les autres, je me contenterai de suggérer, ici, celui qui me paraît, à première vue, le plus facile d'exécution, et le plus naturel, d'autant plus volontiers que j'ai été chargé par mon premier supérieur, à Montréal, de le faire valoir avant tout.

"Je comprends qu'il n'appartient à personne, à

moi moins qu'à tout autre, d'indiquer au Saint-Siège,

d'un ton absolu, ce qu'il lui convient de faire, surtout

dans une occurrence où il s'agit principalement de

faveurs tout à fait gratuites et gracieuses, sur un sujet

qui ne peut être, après tout, tant pour Québec que

pour Montréal, qu'une matière de justice de congruo.

Aussi je viens tout simplement, non imposer une manière de voir, mais l'exposer."

Maintenant, citons les conclusions elles-mêmes du mémoire, avec les remarques qui les accompagnent. Je tiens à faire remarquer que, tout en faisant une suggestion franchement et carrément, mon esprit restait ouvert, pour le bien de la paix, aux compromis et aux moyens termes qui pourraient me venir d'ailleurs, surtout si c'était de la part de l'autorité.

" Je résume. Dans le dessein :

1° De sauver l'existence de la Succursale de l'Université Catholique à Montréal ;

2° D'assurer l'exécution des décrets romains, et surtout de la Constitution Jam dudum ;

3° Et de prévenir l'érection, à Montréal, d'une Université laïque, qui s'élèverait sur les ruines de la Succursale et des décrets ;

Vu que :

1° La chose peut se faire sans rien changer d'essentiel à l'Induit du 5 mai 1889 ;

2° Que le mode proposé rallierait à la Succursale les sympathies d'un grand nombre dans le district de Montréal ;

3° Et que le siège universitaire de Québec n'en serait aucunement enrayé dans son fonctionnement ;

Je conclus ce mémoire :

1° En demandant au Saint-Siège de vouloir bien créer pour la Succursale de l'Université Laval à Montréal, pour un laps de temps devant durer cinq années à partir du premier de septembre 1889, de-' ressources pécuniaires venant de l'extérieur ;

2° En rappelant que ces ressources extérieures, pour permettre à la Succursale de fonctionner convenablement, ne doivent pas être moindres que six ou sept mille piastres ;

3° En suggérant, avec le plus grand respect, comme moyen le plus facile et le plus naturel de créer ces ressources, le projet de donner à l'Archevêque de Montréal l'administration des revenus provenant des messes de la province ecclésiastique de Montréal, déjà attribués, par l'Induit du 5 mai 1889, au paiement de la dette de la Succursale.

"Et, en terminant, je renouvelle la promesse autorisée que j'ai déjà faite au cours de cet exposé, à savoir, que si le Saint-Siège veut bien lui en donner l'administration, l'Archevêque de Montréal s'engage à employer ces susdits revenus, tout d'abord, exclusivement, jusqu'à extinction de la dette, à payer ce que la Succursale doit réellement au Séminaire de Québec.

"Voilà quelle est ma demande; je la crois modérée et juste; j'ose espérer qu'elle paraîtra telle aux yeux de Notre Très Saint Père le Pape, et des Eminentissimes Cardinaux de la Sacrée Congrégation de la Propagande.

"Cependant je n'ignore pas que, dans tout gouvernemental existe des raisons d'administration générale, connues des supérieurs, inconnues des inférieurs, lesquelles empêchent souvent l'exécution de desseins, considérés par tous comme les plus sages en eux-mêmes, mais que des circonstances délicates rendent dans la pratique, pour le moment, inapplicables.

" C'est pourquoi j'ajoute, comme achèvement à mon travail, ce qui suit : le principal, l'important, le nécessaire, c'est que l'on crée pour la Succursale des ressources suffisantes pour lui permettre de subsister ; quant au reste, je l'abandonne volontiers à la discrétion et au discernement de ces hommes prudents, à qui l'Eglise a confié l'administration des affaires religieuses de la moitié de l'Univers catholique.

"Ainsi donc, tout ce que l'on voudra bien accorder à la Succursale, et de la manière que l'on jugera à propos de la faire, je l'accepte d'avance, avec reconnaissance, et je ne crains pas de m'en déclarer satisfait: persuadé, comme je le suis, que tout sera calculé de manière à soulager la conscience publique, à ménager les sentiments de susceptibilités inquiètes, à prévenir les récriminations, à respecter les égards dus à la dignité personnelle, à ne contredire en rien les décisions précédentes, à ne gêner aucunement toute liberté d'action légitime et nécessaire, à favoriser les développements indispensables de l'avenir, à produire et cimenter la paix, ainsi qu'à promouvoir les grands intérêts universitaires également, ce que je désire de tout cœur, aussi bien à Québec qu'à Montréal."

Voyons maintenant quelle a été la réponse de la Sacrée Congrégation. Je l'ai copiée sous la dictée de Monseigneur Jacobini lui-même, qui avait entre les mains le projet du décret que vous avez dû recevoir déjà depuis quelque semaines.

" Sanctissimus Dominus Noster Léo Divinse Provi- " dentise P.P. XIII, referente me infrascripto Archie- " piscopo Tyren., S. Congregationis de Propaganda

" Fide Secretario, ut te provideret subministrationis " redditum pro Sede Montisregii Universitatis Laval- " lensis, ex eleemosynis missarum adventitiarum ex " ipsa Provincia ecclesiastica Montisregii, ex quibus " jam quinque solidi ad solvenda débita Universitatis " Quebecensis excerpti sunt, alios quinque sumi ad u scopum subministrandi redditus ei parti Universita- " tis Montisregii concedere dignatus est, idque ad " quinquennium.

"Datum Romse etc...

" D. Archiepisc. Tyren, Secr.

" Gratis quocumque titulo."

Ainsi, Notre Saint Père le Pape, pour des raisons d'administration générale, j'en suis convaincu, n'a pas cru devoir modifier l'Induit du 5 mai 1880. Mais il a écouté notre demande avec une bonté toute paternelle ; il l'a trouvée juste ; il a exaucé nos vœux ; et il a su nous créer des ressources par un de ces autres moyens que j'entrevoyais fort bien, mais qu'il n'entrait ni dans ma mission, ni dans mon dessein, d'indiquer.

Donc le Saint-Père nous a accordé un revenu égal à celui que nous suggérions ; il l'a accordé, à nous en propre, sans redevance quelconque envers qui que ce soit ; et, par là, il nous a donné plus que nous demandions. Pour ce nouveau bienfait, témoignage de puissant intérêt, gage de paix, de concorde et d'harmonie, nous ne saurions trop lui être reconnaissants.

Dans ces conditions, comment ne pas se déclarer satisfait ?

La "Collection de documents se rapportant à certaines questions Universitaires à Montréal" ne demandait pas de réponse. Tout simplement, cette publication a pour but de faire connaître exactement la situation, d'exposer les motifs qui ont été le mobile de ma conduite, et de faciliter, au besoin, la référence aux pièces justificatives sur lesquelles doit reposer toute thèse à établir. Ce triple dessein est clairement exprimé, comme on peut le voir ci-dessous, dans la lettre à Son Eminence le Cardinal Simeoni, qui se lit en tête du travail lui-même.

" En ce faisant, j'entre dans les vues de Monseigneur l'Archevêque de Montréal et de Nosseigneurs les Evêques de St-Hyacinthe et de Sherbrooke, qui m'ont chargé de me rendre à Rome "auprès de Notre Saint-Père le Pape et des Eminentissimes Cardinaux, pour faire connaître exactement la situation au sujet de notre Université. (Lettre du 7 janvier 1890.)

" Cette publication pourra être utile plus tard, clans les développements que prendra nécessairement cette question si importante de l'Université, en permettant de référer, sans être obligé de les copier de nouveau, à des pièces imprimées qui auront été déposées entre les mains de tous ceux qui ont le droit de les voir et de les posséder,

" Au milieu des attaques et des insinuations les plus diverses, depuis bientôt un an, je me suis tu, ayant

toujours été d'avis que cette question Universitaire avait été gâtée, en grande partie, par trop de paroles. Contraria contrariis curantur. Cependant il en est à qui je dois, lorsqu'on l'interprète mal, de faire. connaître ma pensée : mes supérieurs hiérarchiques, les Archevêques et Evêques des Provinces de Québec et de Montréal, les Eminentissimes Cardinaux qui composent la Sacrée Congrégation de la Propagande, Notre Très Saint Père le Pape. Cette brochure met à nu, dans tout son jour, les motifs qui ont été le mobile de ma conduite, et le but que je poursuis, sous la haute direction de mon Archevêque uni à ses suffragants.

'^Que Dieu nous donne la paix; que nos études Universitaires, dans deux sièges égaux et fraternels, se mouvant librement sous l'égide d'un même conseil grandissent, se développent, fleurissent toujours de plus en plus, protégées par l'influence Episcopale et fécondées par la charité divine: voilà quel est le plus ardent de mes vœux !"

Mon " Mémoire sur les Comptes du Séminaire de Québec contre la Succursale de l'Université Laval à Montréal", concluait en ces termes :

" Ainsi donc, pour ces motifs que je viens d'exposer brièvement, et que je suis prêta développer davantage au besoin, et, en particulier, parce que ces comptes du Séminaire de Québec contre la Succursale de l'Université Laval à Montréal :

1° Sont incomplets ;

2° Qu'ils sont loin d'être clairs, et même, en certains endroits, nullement compréhensibles ;

3Q Qu'ils paraissent se contredire en maints items ;

4° Qu'ils renvoient plusieurs milliers de piastres, d'une manière extraordinaire, en dehors du balancement annuel des recettes et des dépenses ;

5° Qu'ils renferment des items que la Succursale prétend ne pas devoir ;

6° Que, à l'occasion des constructions, ils mettent à la charge de la Succursale, des sommes considérables, sans lui laisser le bénéfice de profits encore plus considérables faits à l'occasion des mêmes constructions ;

7° Et que les mêmes principes ne servent pas de bases aux comptes de la recette et aux comptes de la dépense :

" Pour toutes ces raisons, dis-je et considérations, je demande au Saint-Père et aux Eminentissimes Cardinaux de la Sacrée Congrégation de la Propagande, de décider que ces comptes du Séminaire de Québec contre la Succursale de l'Université Laval à Montréal soient rendus, les deux parties ayant toute liberté de faire valoir leurs points de vue, devant un tribunal qui jugera, d'une manière autorisée et définitive, et des principes qui serviront de bases à cette reddition de comptes, et des items qui doivent y entrer, et des explications qu'il convient de donner à ces différents items ; que ce tribunal soit :

1° Ou la Sacrée Congrégation de la Propagande elle-même ;

2° Ou les Evêques du Canada français ;

3° Ou un conseil de trois arbitres, dont l'un serait nommé par le Séminaire de Québec, l'autre par l'Archevêque de Montréal, et le troisième par les deux premiers ;

4° Ou tout autre tribunal qu'il plaira au Saint- Siège d'instituer : ayant pour ma part, la confiance la plus entière dans le moyen qu'il prendra pour rendre justice à tous les intérêts et à tous les partis.

" Sous forme de corollaire, j'ajouterai ce qui suit :

" Il est indubitable, par le texte même de l'Induit du 5 mai 1889, que le Saint-Siège attribue les revenus provenant des messes de la province de Montréal au paiement de la dette de la Succursale " ... ita ut quœ ex hâc postremâ (provinciâ Marianopolitanâ) mittuntur pro celebratione extra provinciam, tribuantur Archiepiscopo Quebecensi in diminutionem debiti partis Marianopolitanse Universitatis." Pour cette bienveillante et gracieuse faveur, nous offrons au Saint- Père nos humbles, respectueux et profonds remerciements.

" Si maintenant, à raison du changement des circonstances, le Saint-Siège veut bien attribuer à l'Archevêque de Montréal l'administration de ces revenus provenant des messes de Montréal, je promets, au nom de mon archevêque et avec sa permission, qu'ils seront employés à payer, tout d'abord, exclusivement jusqu'à extinction de la dette, ce que la Succursale doit au Séminaire de Québec, aussitôt et de la manière que l'aura décidé le tribunal institué parle Saint-Siège luimême."

— Eh bien ! me direz-vous, avez-vous obtenu votre tribunal ?

— Voici.

A ce sujet des comptes, il se poursuit actuellement entre Rome et Québec, une correspondance qui ne peut, paraît-il, se terminer en quelques mois, ce qui a empêché qu'on ne me donnât une réponse définitive. Quelle est la matière précise de cette correspondance, quel en sera le résultat, je ne puis le dire ; mais ce que je puis dire, sans crainte de me tromper, c'est que :

1° Il est certain que nous n'aurons pas à payer ce que le Séminaire de Québec réclame de nous, avant d'en recevoir un avis formel de Rome ;

2° Il est certain que, dans tous les cas, nous ne paierons qu'après que l'on nous aura présenté des comptes complets, détaillés et clairs ;

3° Il n'e3t pas moins certain que, si nous avons à payer quelque chose, pour le faire, nous n'aurons pas à entamer le revenu que le Saint-Père vient de créer pour le fonctionnement annuel de la Succursale ;

4° Bien plus, sans que la chose soit aussi certaine, il est cependant, pour moi, plus que probable que la Succursale ne sera jamais appelée à payer les comptes que M. l'abbé J. E. Marcoux, délégué du Séminaire de Québec, lui a présentés.

Dans cette dernière hypothèse, nous nous passerons volontiers d'un tribunal.

Ainsi, pour me résumer, 1° nous n'aurons pas à payer sans voir, peut-être n'aurons-nous pas à payer du tout, notre créancier étant amplement compensé des dépenses qu'il a faites à notre occasion ; 2P la Succursale aura un revenu annuel de six mille piastres environ, pendant cinq ans ; avec l'espérance de le voir continuer plus longtemps, s'il en est besoin; 3° ce revenu est donné, libre de toute redevance quelconque ; 4Q la Faculté de Médecine de l'Université à Montréal peut faire avec l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal une union définitive sur les bases de la Charte dûment amendée ; 5° le soin de faire cette union est confié aux Archevêque et Evêques de la province de Montréal ; 6° les mêmes Archevêque et Evêques sont chargés de voir aux meilleurs moyens de faciliter et d'amener cette union désirable ; 7° la situation a été exposée complètement, sous toutes ses faces, devant le Saint-Siège; 8° j'ai pu constater combien lui a été agréable le rapprochement que nous avons fait entre les deux Ecoles, l'automne dernier ; 9° il est devenu évident pour tout le monde que le Saint- Père verrait avec la plus grande satisfaction l'union telle que nous l'avons proposée, unio de quâ agitur\ 10° j'ai pu consulter sur nombre de points obscurs ou douteux; 11° une lumière nouvelle éclaire pour moi la route de l'avenir : voilà quelques-uns des résultats de ma mission à Rome.

Ils comblent, selon moi, la hauteur et la largeur de nos plus belles espérances.

Au milieu de mon labeur pénible, c'a été pour moi, Monseigneur, une véritable jouissance, une vraie consolation d'avoir à traiter avec ces hommes, les premiers de la Catholicité : de constater, de toucher, comme de la main, cette facilité d'accès qui attire ; cette bienveillance qui invite aux ouvertures ; cette aménité de relation qui ne se dément jamais ; cette intelligence des affaires qui saisit de suite le point principal, en le dégageant des détails qui l'embarrassent ; cette perspicacité d'esprit qui distingue, à travers les paroles ou les phrases, le mobile qui fait agir ; cette honnêteté de diplomatie qui ne froisse jamais ; cette réserve, mais en même temps cette franchise limpide, qui caractérise toutes les réponses ; cette prudence de conduite qui ne juge que sur des faits ; ce désir de connaître la vérité ; cette disposition à rendre justice à tous les droits ; cette hauteur de vue qui embrasse, sans les confondre, d'un seul regard, les intérêts les plus divers; et, comme j'ai eu occasion déjà de l'écrire, cet instinct merveilleux qui dirige, à travers le dédale des difficultés les mieux nouées, pour en arriver à une solution modérée, juste et vraie.

Par ce rapport, Monseigneur, en même temps que je porte à la connaissance de Votre Grandeur ce que j'ai fait pour remplir la mission qu'elle m'a confiée, je voudrais la mettre, davantage si s'est possible, au cou-

rant de la pensée qui inspire mes démarches, et lui exposer dans leurs germes les desseins que les nécessités d'un avenir assez prochain doivent faire infailliblement éclore.

Pour arriver plus complètement à ce but, permettez-moi, Monseigneur, de mettre sous vos regards ce que, pendant mon séjour à Rome, j'ai écrit sur la question universitaire, au jour le jour, dans la correspondance que j'ai cru devoir entretenir soit avec Votre Grandeur, soit avec Son Eminence le Cardinal Simeoni, soit avec Sa Grandeur Monseigneur Jacobini, soit avec Monsieur Archambault, mon remplaçant aux affaires de la Succursale, soit avec M. L. Colin, Supérieur du Séminaire de St-Sulpice, soit avec Monseigneur A Labelle, Protonotaire Apostolique, soit avec M. le Docteur Ls. Ed. Desjardins, soit avec quelques autres personnages distingués.

Ces lettres ont été écrites, d'abord, pour l'intimité. Quoiqu'elles soient, sur chaque sujet, l'expression spontanée, l'écho fidèle des impressions du moment, je ne crains pas aujourd'hui de les réunir en un faisceau, et de leur donner une certaine publicité. Car, elles sont nées d'un sentiment vrai, honnête, modéré, qui veut et cherche le bien ; et, avec cette pureté d'intention, elles ne peuvent blesser personne. Elles sont nées d'une pensée unique, la paix, l'union, la concorde dans un seul tout universitaire bien équilibré ; et par conséquent, toutes diverses qu'elles soient, elles ne peuvent se contredire. Vous y lirez, j'en suis bien aise, le fond de mon idée comme dans/e courant oVune onde pure.

Il ne me reste plus, Monseigneur, qu'à vous remercier des nombreuses marques de confiance que vous m'avez témoignées, et à vous demander de vouloir bien me bénir, ainsi que l'oeuvre dont vous m'avez remis la conduite délicate et difficile. Je suis et je demeure, avec le respect le plus profond et l'affection la plus filiale,

De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Prêtre, Vice- Recteur de l'U. L. M.

Villa délia Presentazione, 13 via Milazzo, Roma.

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