LUI
Montréal, mars 1891.
A sa réunion d'hier, la faculté a pris connaissance de votre lettre en date du 17 courant, et voici ce que j'ai mission de vous déclarer :
La faculté de médecine de l'Université Laval à Montréal ne saurait admettre à ses examens que des élèves qui ont été régulièrement inscrits comme tels dans les registres, et qui ont suivi ses cours au moins l'espace de trois mois consécutifs. Vous voyez par là ce que vous auriez à faire au cas où vous et vos confrères vous décideriez à laisser Québec pour Montréal. Dans tous les cas, la faculté ne saurait prendre à ce sujet aucune détermination définitive, sans avoir pris connaissance des raisons qui vous forcent d'en venir à cette décision, et sans en avoir conféré au besoin avec l'autorité compétente. Veuillez agréer, etc.,
H. E. Desrosiers, Sec.
Montréal, 23 mars 1891.
A M. le Dr H. E. Desrosiers,
Sec. faculté de'méd. U. L. M.
Monsieur,
Je trouve sage la teneur de ces résolutions, entre autres choses le délai que vous vous réservez.
Montréal, 23 mars 1891.
M. le Dr H. E. Desrosiers,
Secrétaire de la Faculté de médecine U. L. M.
Monsieur le Secrétaire
Connue j'ai écrit ce matin un petit mot en travers de vos résolutions, et comme je conserve ad memoriam rei toutes mes paroles écrites, auriez-vous la bonté de garder pour moi une copie et de mon petit mot et de vos résolutions.
Il importe pour nous, dans une circonstance de cette délicatesse, de ne rien décider définitivement sans connaître ce qu'ont à dire les intéressés à Québec ; de ne faire tort en rien à la Faculté du siège québecquois ; de ne paraître aucunement vouloir attirer ici les élèves du district de Québec, ce qui est loin de notre pensée ; de ne pas prêter flanc à ceux qui voudraient dire que nous offrons de plus grandes facilités d'examen qu'à Québec, ce qui n'existe pas, j'en suis persuadé ; enfin, sans gêner la liberté et les droits de personne, de ne risquer aucune démarche qui pourrait apporter le moindre nuage sur la bonne harmonie, qui doit régner entre les deux branches d'une même université.
J'ai cru comprendre, à la lecture de vos résolutions, que c'étaient là les principes qui avaient présidé à vos délibérations, et je vous en félicite.
Croyez que je demeure, avec une haute considération,
Monsieur le Secrétaire,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PEOULX, Ptre.
Résolution de la faculté de médecine, telle que à moi communiquée par le secrétaire, M. le Dr H. E. Desrosiers. — J. B. Proulx, ptre.
La faculté est d'avis de ne rien faire pour favoriser l'attitude qu'ont prise ces élèves vis-à-vis la faculté à Québec ; d'exiger d'eux qu'ils se conforment en tout aux règlements universitaires à Québec et de ne pas les admettre à subir l'examen du baccalauréat avant qu'ils n'aient subi l'examen (de terme) d'anatomie pratique exigé par la faculté à Québec ; qu'ils ne soient inscrits régulièrement comme élèves de la faculté à Montréal et en aient suivi les cours comme élèves réguliers pendant au moins trois mois consécutifs.
St. Hyacinthe, 5 avril 1891.
Bvd. J. B. Proulx,
Mon cher Monsieur,
Reçue votre lettre du deux courant me communiquant le rapport des procédés de la dernière assemblée du comité de rédaction. Tout s'y est passé d'une manière consolante, et à nous faire espérer que, moyennant cette bonne entente, toutes choses arriveront à bon terme. J'en bénis le bon Dieu de toute mon âme et je lui demande bien instamment
de continuer ses lumières et ses grâces à vous et aux auxiliaires qui vous ont été donnés pour le maniement des grandes affaires de notre Université.
Vous avez été bien inspiré , ainsi que la Faculté de médecine, dans la réponse que vous avez donnée aux élèves de Québec qui ont demandé à passer chez vous. C'est de nature à faire bien plaisir aux messieurs de Québec, et à leur témoigner que vous ne voulez pas leur enlever leurs élèves.
Mgr Paquet devra vous accorder une bonne note pour cette conduite si loyale. Je crois, du reste, que quand il vous aura bien connu, il finira par s'apercevoir qu'il vous a jugé trop sévèrement et que vous n'êtes pas du tout méchant. Ses plaies vont se guérir avec le temps qui accommode toute chose, et la paix renaîtra dans son âme.
Dame rumeur rapporte que Mgr l'Archevêque doit vous investir d'un canonicat à l'érection du Chapitre le 3 du courant. Je serais très heureux que la nouvelle fût vraie.
Bien sincèrement votre tout dévoué en N. S.
y L. Z., Ev. de St. Hyacinthe.
Montréal, 9 avril 1891.
Mgr B. Paquet,
Recteur U. L. Q.
Monseigneur,
Permettez-moi de vous exposer le cas suivant, et vous demander quelle est sur le sujet votre opinion.
Dans la seconde partie du mois dernier, certains élèves de la faculté de médecine de l'Université Laval à Québec, en difficulté avec leurs professeurs pour des raisons que je n'ai pas cherché à connaître et qui ne doivent pas vous être inconnues tout-àfait, écrivirent au secrétaire de la faculté de médecine à Montréal pour lui demander de passer ici leurs examens.
La faculté leur fit répondre qu'elle ne saurait admettre à ces examens que des élèves qui ont été régulièrement inscrits comme tels dans ses registres et qui ont suivi ses cours au moins l'espace de trois mois consécutifs, et que, dans tous les cas, elle ne saurait prendre à ce sujet aucune détermination définitive sans en avoir conféré au besoin avec l'autorité compétente.
A l'occasion de cette réponse, voici, entre autre chose, ce que j'écrivais au secrétaire de la faculté :
" Il importe pour nous, dans une circonstance " de cette délicatesse, de ne rien décider définitive- " ment sans connaître de ce qu'ont à dire les intéres- " ses à Québec ; de ne faire tort en rien à la faculté " du siège québecquois ; de ne paraître aucunement u vouloir attirer ici les élèves du district de Québec, " ce qui est loin de notre pensée ; de ne pas prêter " flanc à ceux qui voudraient dire que nous offrons " de plus grandes facilités d'examen qu'à Québec, " ce qui n'existe pas, j'en suis persuadé ; enfin, sans " gêner la liberté de personne, de ne risquer aucune " démarche qui pourrait apporter le moindre nuage " sur la bonne harmonie, qui doit régner entre les " deux branches d'une même université."
Sans se décourager, ces élèves envoyèrent une délégation à Montréal auprès des professsurs de la
faculté de médecine, pour tâcher d'obtenir d'eux une réponse plus favorable. La réponse fut plus sévère. La faculté exigea, de plus, qu'ils se conformassent en tout aux règlements universitaires à Québec, et elle les avertit qu'ils ne seraient pas admis à subir l'examen du baccalauréat avant d'avoir auparavant subi l'examen de terme d'anatomie pratique exigé par la faculté de Québec.
Après avoir reçu cette réponse, les délégués me rencontrèrent pour la première fois. Je leur conseillai fortement de s'arranger avec leurs professeurs, et de continuer leurs cours où ils les avaient commencés.
Je croyais l'incident clos. Mais voici que je reçois d'un certain nombre de jeunes gens une demande d'être inscrits ici sur la liste de nos élèves en médecine. Ils ne me disent pas qu'ils ont commencé à étudier à Québec, mais j'ai tout lieu de croire qu'ils appartiennent à ce groupe d'élèves qui ont envoyé à Montréal la délégation dont je viens de vous parler.
Je voudrais ne faire tort à personne, et suivre la ligne de conduite la plus sage.
C'est pourquoi, dans mon embarras, je m'adresse au Recteur de l'Université pour connaître ce qu'il désire que je fasse en cette circonstance.
Votre réponse me rendra un grand service ; et je n'en serai que davantage, avec une haute considération,
Monseigneur le Recteur,
Votre très dévoué serviteur,