J. DUBUC
Evêché de Sherbrooke, 5 mai 1891.
Eévérend J. B. Proulx,
Vice-Recteur de V Université Laval.
Mon cher Monsieur,
J'ai reçu votre bonne lettre du premier mai, celle à vous adressée par l'Hon. J. Dubuc ; les rapports de votre gestion universitaire ; votre justification ; quelques lettres de Mgr Paquet ; les réponses à Mgr Paquet, et je vous prie d'agréer mes plus sincères remerciements.
Vous voulez bien me remercier d'avoir pris part à la belle fête des Laurentides, mais c'est moi qui vous dois des remerciements pour le bonheur que vous m'avez procuré et la joie chrétienne que j'ai éprouvée à St-Lin.
La nature a fait belle votre paroisse, mais la grâce de Dieu l'a faite encore plus belle.
J'ai admiré les belles proportions de votre église et son embellissement intérieur ; mais ce qui a excité surtout mon admiration, c'est la piété sincère de vos bons paroissiens.
Si je voulais vous faire un compliment bien mérité, j'ajouterais : votre petit St-Lin, comme vous l'appelez, vous doit une éternelle reconnaissance ; car après Dieu, c'est à vous qu'il est redevable de posséder le premier des dons, la paix dont il jouit, et d'avoir pu compléter avec autant de suc ces ses magnifiques établissements religieux.
J'ai lu, avec un sensible plaisir, la lettre del'hon. juge Dubuc. L'amitié n'a rien exagéré, l'amitié a dit ce qui est exactement vrai, chose que je dis moimême toutes les fois que l'occasion se présente.
u Vous avez été appuyé et encouragé sans doute, par des hommes supérieurs comme les trois évêques distingués qui désiraient la chose."
" Mais, c'était vous qui aviez à faire le travail, à accorder les violons, et à battre la mesure. Il fallait, pour réussir, être ce que vous êtes, un croyant, un connaisseur du cœur humain, un manieur d'hommes qui sait le sens du poil où il faut passer la main."
" Vous avez joué une grosse partie, et vous l'avez gagnée."
Je signe tout cela avec joie et reconnaissance ;
c'est la vérité, et l'Hon. juge Dubuc a donné la note juste.
Veuillez agréer l'expression de mes dévoués et respectueux sentiments.
f AXTOINE, Ev. de Sherbrooke.
Montréal, 5 mai 1891.
M. le Chanoine Proulx,
Mon cher Monsieur,
Je suis très heureux d'avoir assisté à votre magnifique fête des Laurentides, et j'en conserverai un souvenir agréable et précieux.
C'était bien juste que je vous donnasse ce témoignage de gratitude pour les éminents services que vous rendez à la grande cause de l'Université Laval à Montréal, à laquelle, comme suffragant de Mont réal, je porte un intérêt des plus vifs et le dévouement le plus sincère. Je n'ai donc fait, en accédant à votre gracieuse invitation, que payer une dette toute légitime, en me procurant une délicieuse satisfaction.
J'ai lu avec bien du plaisir la charmante lettre que vous a adressée M. le juge Dubuc. Elle est vraie, donc elle n'est pas trop élogieuse. Je voudrais que vous en reçussiez bien d'autres encore de la même couleur et aussi sympathique, pour vous encourager dans vos luttes et vous faire cheminer
en toute confiance et sans faiblir vers le noble et saint but auquel vous aspirez, la solide fondation de notre grande institution montréalaise.
Mon plus affectueux merci pour l'envoi des documents annoncés par votre dernière. J'ai déjà fait des heureux avec ces intéressants pamphlets, et j'en ferai encore. Notre digne Juge Tellier, catholique sincère et convaincu, est un des premiers que j'ai gratifié de vos publications si palpitantes d'intérêt. Je suis sûr qu'il en fera un excellent usage.
Croyez-moi toujours et plus que jamais votre tout dévoué et reconnaissant en N. S.
f L. Z., Ev. de St-Hyacinthe.
Suivent les réclamations des anciens professeurs de la faculté de médecine de l'Université Laval à Montréal, s'élevant à près de $27,000, pour ce qu'ils appellent des arrérages de salaires, remontant jusqu'à douze ans passés.
Je crois savoir que tous ne sont pas du même avis sur l'opportunité qu'il pourrait y avoir de presser le paiement de ces réclamations sous la forme qu'ils ont cru nécessaire de les présenter.
Pour moi, je m'accorde parfaitement avec eux pour reconnaître la générosité des sacrifices qu'ils ont faits, et sur la nécessité de respecter leurs
droits dans les arrangements qu'a amenés l'union ; mais je diffère un petit peu d'opinion sur la manière d'arriver à ce but.
Cependant je suis certain que nous finirons par nous entendre. Ces messieurs, professeurs émérites, ont fait preuve jusqu'ici de trop de bonne volonté, ont montré trop de respect pour l'opinion de l'homme sage et pratique qu'ils ont eu si longtemps à leur tête comme doyen, et de mon côté je veux trop de bien à la faculté médicale, pour qu'il en soit autrement.
Montréal, 1er mai 1891.
M. l'abbé Proulx,
Vice-Recteur Université Laval, Montréal.
Monsieur le Vice-Recteur,
J'ai l'honneur de vous transmettre le document ci-inclus établissant les réclamations des professeurs de la Faculté de Médecine pour arrérages de salaire de 79 à 84.
Veuillez agréer,
Monsieur le Vice-Recteur, L'assurance de mes sentiments très respectueux,
H. E. DESROSIERS
Secrétaire.
A M. LE Vice-Eecteur et aux administrateurs