DE LA SUCCURSALE DE L'UNIVERSITÉ LAVAL A
Montréal, les professeurs de la Faculté de Médecine exposent respectueusement :
1° Que lors de l'établissement de l'Université Laval à Montréal, il était, de par le décret du Saint- Siège, établi et convenu que les dépenses de la succursale, comprenant les honoraires des professeurs, etc., étaient toutes entières à la charge du diocèse de Montréal, administrateur de la dite succursale ;
2° Que, pendant les cinq premières années, les professeurs ont dû donner leurs cours presque sans aucune rémunération, et, pour ce faire, s'imposer les plus giands sacrifices, l'autorité diocésaine chargée de pourvoir aux dépenses de la succursale ayant déclaré ne pouvoir, dans le moment, ni solder le prix des cours, ni rencontrer les autres dépenses nécessaires ;
3° Que, pendant ces cinq premières années, les revenus très limités de la Faculté, ont servi, presqu'en totalité, à rencontrer les dépenses courantes (achat du matériel d'enseignement et du mobilier, équipement du laboratoire de chimie, etc.), et à la fondation de l'hôpital Notre-Dame ;
4° Que lors de l'adoption, par la législature, d'un bill dont les dispositions sont de nature à changer les conditions d'existence de la Faculté telle qu'actuellement constituée, les professeurs actuels de la dite Faculté ont communiqué à M. le Vice-Eecteur les résolutions suivantes adoptées par eux le 30 novembre 1890 :
" Considérant qu'en vertu d'une clause contenue dans le bill universitaire actuellement devant la législature, les réclamations monétaires de l'école de médecine et de chirurgie de Montréal doivent être soldées d'après arbitrage ;
" Considérant que la faculté de médecine de l'Université Laval à Montréal a aussi des réclamations analogues dont il n'est pas fait mention dans la dite clause, tels qu'arrérages de salaires, matériel d'enseignement, mobilier, etc ;
u En conséqueuce, la susdite faculté, se basant sur une entente à cet effet avec M. le Vice Recteur, soumet humblement qu'elle désire être mise sur le même pied que l'école de médecine et de chirurgie de Montréal, au sujet de la clause sus-mentionnée, et demande qu'il t^oit fait droit à la présente réclamation."
5° Qu'en réponse à cette résolution, M. le Vice- Recteur a adressé à MM. les professeurs Lamarche et Fafard, délégués de la faculté eu cette circonstonce, la lettre qui suit :
Québec, 3 décembre 1890.
A M\r. les Drs Fafard et Lamarche,
Professeurs de la faculté de médecine.
Messieurs,
J'ai l'honneur d'accuser réception d'une résolution de la faculté de médecine de l'Université Laval à Montréal, en date du 30 novembre 1890, dans laquelle il est dit :
" Considérant qu'en vertu d'une clause contenue dans le bill universitaire actuellement devant la
législature, les réclamations monétaires de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, doivent être soldées d'après arbitrage ;
u Considérant que la Faculté de Médecine de l'Université I aval à Montréal a aussi des réclamations analogues dont il n'est pas fait mention dans la dite clause, telles qu'arrérages de salaires, matériel d'enseignement, mobilier etc. ;
il En conséquence, la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal , soumet humblement qu'elle désire être mise sur le même pied que l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal au sujet de la clause sus-mentionnée et qu'il soit fait droit à la présente réclamation."
Voici ce que je crois pouvoir répondre à vous, MM. les Drs. Fafard et Lamarche, comme déléguas par la Faculté de Médecine pour me porter la résolution ci-dessus, bien que le temps me fasse défaut pour consulter Nosseigneurs les Evêques :
Je sais que Nosseigneurs les Evêques de la province de Montréal, pour l'avoir entendu de leur bouche, veulent respecter vos droits à l'égal de ceux des membres de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.
Comme ce n'est ni le temps ni le lieu de délimiter l'étendue et la valeur de ces droits, je vous propose, au nom de Nosseigneurs les Evêques, présumant leur autorisation, de remettre ce soin à trois arbitres, dont l'un serait choisi par Nosseigneurs les Evêques, le second par les membres actuels de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, et le troisième par les deux premiers, ou bien par les nouveaux membres de la Faculté, c'est-à-dire les membres actuels de l'Ecole
de Médecine et de Chirurgie, selon que, pour ce troisième arbitre, les Evêques le désireront ou les circonstances l'exigeront.
Espérant qu'une réponse, aussi large et aussi catégorique, satisfera tous les professeurs titulaires de la Faculté, je demeure avec une haute considération, Messieurs,
Votre très- dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Ptre,
6° Que la Faculté n'a pas cru devoir faire cette réclamation lors de l'octroi, par le Saint-Siège à l'Université Laval à Montréal, des $40,000 provenant des biens des Jésuites, parce qu'elle ne voulait rien faire alors qui fût de nature à mettre obstacle au bon fonctionnement de la succursale, mais que le moment semble venu pour les professeurs, avant que d'entrer dans une nouvelle institution, de présenter la note de leurs réclamations respectives pour arrérages d'honoraires. Ils soumettent en conséquence à l'administration les chiffres suivants indiquant ce qu'ils croient leur être dû pour cours, cliniques et examens, de 1879 à 1884.
Professeur Rottot $2,025.00
Professeur Lamarche 3,400.00
Professeur Dagenais 3,400.00
Professeur Laramée 3 ,900.00
Professeur Brosseau 4,300.00
Professeur Fafard 2,500.00
Professeur Lachapelle J ,300.00
Professeur Desrosiers 2,390.00
Professeur Foucher 1,720.00
Professeur Duval 1,980.00
Professeur Berthelot 1,900.00
Pour copie conforme.
H. E. DESROSIERS
Secrétaire,
Montréal, o0 avril 1891.
M. le Dr E. H. Desrosiers,
Sec. F. de médecine.
Monsieur,
En arrivant de St-Lin, j'ai trouvé sur ma table votre lettre, datée du premier mai, renfermant le document établissant les réclamations des professeurs de la faculté de médecine pour arrérages de salaire de 79 à 84.
Pour aujourd'hui, je n'ai le loisir que de vous faire un accusé de réception ; mais croyez que, sous peu, je m'occuperai sérieusement de cette affaire importante, et que je demeure avec une vive considération,
Monsieur le secrétaire.
Votre tout dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Ptre,