CX1II
Extrait de quelques remarques par l'abbé J. B. Proulx à Sa Grandeur Mgr Edouard Charles Fabre, Archevêque de Montréal, sur la lettre précédente.
" Je n'ai rien à ajouter à ma réponse du 21
janvier." La progression descendante va son train : d'abord réponse déliée, ensuite réponse ambiguë, enfin réponse nulle.
Et pour quelle raison Mgr Paquet refuse-t-il de répondre? — u Attendu que, suivant moi, elle (la let're du 21 janvier) répond parfaitement à vos
nouvelles questions " Suivant vous. Mais c'est
moi qu'il s'agit d'éclairer, et non vous, Monseigneur le Eecteur.
Mgr le Recteur veut bien ajouter une seconde raison : u Attendu aussi que, d'après votre lettre, vous avez compris le sens de cette réponse." Pardon. D'après ma lettre, je n'en ai pas compris tout le sens, puisque je demande une nouvelle explication.
Et la preuve que votre première réponse pouvait comporter des explications, c'est que, un peu plus loin, vous daignez ajouter : u une chose, toutefois, me paraît certaine, c'est que les professeurs de la Faculté Médicale de l'Université Laval à Montréal, nommés en vertu de la loi qui régira dorénavant la Corporation de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, n'auront pas les privilèges accordés par la charte royale de l'Université Laval aux professeurs de cette dernière institution."
Donc, suivant vous, Monseigneur, il y a en pratique, une différence entre ces deux titres ; donc, je
n'avais pas tout-à-fait tort de poser cette question Maintenant, n'y aurait-il pas encore d'autres différences au jugement du Recteur, qu'il serait bon, pour le Vice-Recteur, de connaître avant le 1er juillet, avant que l'union ne soit consommée légalement %
Il est vrai qn'il me reste, d'après Mgr Paquet, un recours auprès des hommes de loi: u D'ailleurs, je suis d'avis que ces questions et celles du même genre, doivent être faites à des légistes." Je croyais de mon devoir, dans les choses qui regardent le fonctionnement régulier de l'Université, de consulter d'abord le Recteur. Il paraît que, dans le cas présent, je me suis trompé de porte, et que j'aurais dû m 'adresser, de préférence, aux savants et honorables juges u qui ont présidé à la rédaction de la loi de la Faculté médicale de l'Université Laval à Montréal." Je suis bien aise de connaître cette opinion autorisée; et, dans l'occasion, quand il m'arrivera de la suivre, j'aurai la satisfaction de savoir qu'en cela je ne fais rien qui soit désagréable aux autorités universitaires.
" Je vous ferai remarquer, M. le Vice-Recteur, que si les autorités de l'Université Laval avaient été consultées sur la confection de votre loi, bien des difficultés auraient peut-être été évitées." Petjt-êtke ? Peut être oui, peut-être non. Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que, si le Conseil de l'Université n'a pas été consulté, c'était pour éviter une grande difficulté, la plus grande de toutes. Du reste, la chose est faite, pourquoi ces récriminations ? Doit-on en conclure que l'on va essayer de la défaire, du moins en partie, comme pourrait le laisser supposer le délié, le subtil et le réticent des réponses que l'on me donne.