GÉDÉON OUIMET
Sîirin tendant.
Montréal, 12 avril 1892.
L'hon. Gédéon Ouimet,
Surintendant, etc., Québec.
Monsieur le Surintendant,
J'ai l'honneur de répondre à votre lettre du 8 avril courant, n° 2186. L'Université Laval à Montréal, dans les circonstances où elle se trouvait, a cru devoir ne pas publier pour l'année académique 1891-92 d'annuaire séparé. L'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, Faculté Médicale de Laval à Montréal, en a publié un, que je me fais un plaisir devons adresser en même temps que cette lettre. Croyez aux sentiments de haute considération avec lesquels je suis,
Monsieur le Surintendant, Votre très dévoué et très humble serviteur.
J. B. PROULX, Prêtre,
Montréal, 8 avril 1892.
Le Bévérend J. B. Proulx, Prêtre,
Vice-Recteur U. L. M.
Monsieur le Vice-Recteur,
J'ai reçu hier l'envoi que vous avez bien voulu me faire d'un certain nombre d'exemplaires des deux brochures ayant pour titre Devant Québec et Rome, que vous venez de publier sur la question universitaire, et notamment au sujet du projet de loi d'incorporation des administrateurs de Laval à Montréal. Mon plus affectueux merci pour votre bonne attention. Il y a là une somme de travail qui démontre que Mgr de Sherbrooke et vous ne vous êtes pas croisé les bras à Rome, et que, bien au contraire, vous avez été constamment sur la brèche, défendant énergiquement la grande cause, dont vous vous étiez chargés avec un bien courageux dévoue-
ment. Que le bon Dieu vous en récompense au centuple !
Les misères sont-elles finies ? il faut l'espérer, car il y a un terme à tout sur la terre. Nous verrons cela à la prochaine session du parlement de Québec, alors que sera présenté notre cher bill d'incorporation qui nous a coûté tant de labeurs et de soucis.
Je vois que vous parlez encore de vous démettre de votre charge de Vice-Recteur : prenez-en votre parti et résignez-vous à porter longtemps encore le fardeau qui vous va si bien et qui paraît n'avoir altéré en rien votre vigueur physique et morale. 11 faut que vous complétiez votre tâche, si vous voulez, comme je le pense bien, en avoir tout le mérite et toute la gloire.
Avec mes vœux de complets succès en tout ce qui vous reste à faire, je demeure votre tout dévoué en N. S.
f L. Z., Evequc de St- Hyacinthe.
Montréal, 12 avril 1892.
Sa Grandeur Mgr L. Z. Moreau,
Evoque de St-Hyacinthe,
Monseigneur,
Je vous devais ces exemplaires du résumé de nos travaux québeequois et romains comme à un des Pères de l'Université à Montréal, Patres conscripti. et avant longtemps j'en aurai un plus grand nombre à mettre à votre disposition.
Ci Les misères sont-elles finies ? ,; me ditesvous. Oui, je l'espère, je veux dire les misères radicales, les misères constitutionnelles, les luttes pour l'existence. Mais il restera encore les misères de détail qui t'ont le pain de l'humaine vie, surtout dans un champ où les divisions du passé ont semé tant d'ivraie. Et cependant il faut souvent fermer les yeux sur bien des choses, il ne faut pas vouloir arracher toute l'ivraie, de peur d'arracher aussi le bon grain.
Vous me faites beaucoup d'honneur eu m'écrivant : " Prenez-en votre parti, et résignez-vous " à porter longtemps encore le fardeau qui vous " va si bien, et qui me paraît n'avoir altéré en " rien votre vigueur physique et morale. " Monseigneur,ce n'est pas tant pour ma santé personnelle que je demande mon congé, que pour celle de l'Université ; et j'espère être avant longtemps assez éloquent pour faire admettre que ma retraite serait un bien pour plusieurs et un mal pour personne.
Vous ajoutez : '• Il faut que vous complétiez " votre tâche, si vous voulez, comme je le pense " bien, en avoir tout le mérite et toute la gloire."
Le bill passé, il y a une étape de complétée, l'implantation du Siège Montréalais, solidement et irrévocablement, dans le terrain civil comme dans le terrain canonique, dans la pratique journalière comme dans les principes spéculatifs. Quant à compléter l'œuvre Universitaire, c'est le labeur successif de générations. J'aimerais sans doute à garder le mérite de mon travail devant Dieu ; devant les hommes, c'est
une chose si caduque qu'eu vérité je ne m'y attache guère. Le genre de besogne que je fais attire plus de critiques, directes ou indirectes, que de reconnaissance. Cependant, en formulant cet avancé, je dois faire une noble exception pour les trois Evêques de la Province de Montréal qui n'ont eu à mon endroit que des paroles d'encouragement, pour le Saint-Siège,qui n'a cessé de bénir mes efforts et mes démarches. C'est pourquoi je ne veux pas mettre dans l'embarras des supérieurs qui m'ont été si bienveillants ; et c'est pourquoi je leur ai donné de mon dessein un avis préalable longtemps d'avance. Mais je ne puis encore renoncer à l'espérance qu'ils finiront par se rendre aux raisons que je leur ai données déjà, et à celles que je me propose d'y ajouter.
Au milieu des mille distractions du retour, je n'ai pu voir Votre Grandeur aussi à loisir que je l'aurais désiré; il pourrait bien se faire que je me reprenne sous peu, et que je vous tombe à St-Hyacinthe. J'ai passé les derniers jours de la semaine qui vient de s'écouler et je
passerai les derniers de cette semaine sainte au milieu de mes paroissiens qui m'ont fait des joies comme des bons enfants à leur père au retour d'un long voyage.
Croyez que je suis toujours clans les sentiments de la plus haute considération, De Votre Grandeur,
Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur.
J. B. PROULX, Ptre,
St-Lin des Laurentides, 15 avril 1892.
Sa Grandeur Mgr N. Z. Lorrain, Evêque de Cythère, Vicaire apostolique de Pontiac.
Monseigneur, Je vous demande pardon de venir répondre aussi tard à votre bonne lettre et à vos bons souhaits. Mais depuis mon retour, je n'ai su trop où donner de la tête.
Je suis très honoré, et vous suis très reconnaissant, de ce que vous avez pense à moi pour être votre compagnon dans votre voyage au Pacifique, voyage agréable et facile où la locomotive doit remplacer le canot d'écorce. Les portages se feront à la vapeur, des tables de chêne tiendront lieu des pierres du rivage, et Ton campera dans des rideaux de damas.
Malgré ces belles perspectives, je me vois obligé de décliner l'honneur. Le Vice-Rectorat m'attache à la glèbe, Si c'était quelques semaines plus tard, je serais libre, libre, comme je me propose de prendre ma retraite. Oh! quel soulagement ça va être : je n'ose pas y songer d'avance. Cette idée m'est une poire qui me fait venir l'eau à la bouche. Vous voyez que je ne chante pas le coq, je suis votre conseil. Bien plus, je soupire après le moment où je pourrai passer à un autre les avantages acquis. Charles- Quint parvenu au faîte de sa puissance se retira dans un couvent. Washington, ayant conquis l'indépendance de son pays, alla se reposer à Mont-Vernon. Ou bien Sylla, après avoir ra-
vagé la République, jeta un défi à ses ennemis en déposant les armes et ses vengeances. Je ne suis ni un tyran, ni un grand homme; mais les extrêmes se touchent, et j'ambitionne de rentrer dans la vie commune. Je n'en serai que davantage avec une amitié respectueuse, De Votre Grandeur, Le très dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Prêtre,
Vice-Recteur (7. L. M.
Montréal, 20 avril 1892.
Monsieur le Vice-Recteur,
En attendant le règlement final de nos arrangements universitaires, aurhz-vous l'obligeance, comme vous l'avez fait par le passé, de voir au paiement du salaire de notre appariteur ? Vous obligerez
Votre très dévoué serviteur,