‹ Question universitaire de MontréalChapitre 23 sur 60 · LS E. DES JARDINS · texte numérisé non relu

LS E. DES JARDINS

Québec, 21 novembre 1890.

Sa Grandeur Mgr A. Racine,

Évêque de Sherbrooke.

Monseigneur,

Résumé succinct des travaux de la semaine. Je revins à Québec lundi. Après avoir vu M. Mercier, j'envoyai à Mgr Jacobini le télégramme suivant : " Temps légal expire cette semaine. Dangereux attendre plus longtemps. Si possible, veuillez

télégraphier texte de lettre annoncée. Retour payé."

Mardi soir, je partis pour Montréal pour plusieurs choses, entr 'autres pour montrer à MM. les juges Jette et Pagnuelo le texte définitif du bill, tel qu'il était sorti des mains du grenier en loi. Je n'aurais pas voulu qu'il y eût, n'aurait-ce été que dans l'entête, un seul mot qui n'aurait pas été approuvé par nos communs aviseurs légaux. Le bill est l'incarnation pure et simple de nos conventions. Je revins à Québec jeudi matin. Dans l'après-midi, je reçus de Eome le texte de la lettre à M. Mercier, dont je vous envoie ci-jointe la traduction. Un point d'interrogation suit le mot citoyens, parce que le télégraphe m'a remis civissi ; j'ai supposé que c'était civibus.

Aujourd'hui vendredi, le bill a subi sa première lecture, présenté par M. Mercier, qui a fait un petit discours gentil, propre à faire du bien à notre cause et à la sienne.

Je pars ce soir pour Montréal, où ma présence est plus nécessaire qu'ici. Je reviendrai dimanche soir ou lundi .matin. Lundi, notre bill subira sa seconde lecture, puis, trois jours après environ, il subira l'épreuve du comité. C'est le passage de la mer Rouge. J'espère qu'il s'en tirera ; car la bonne Providence semble être avec nous. Depuis assez longtemps, tout arrive à point nommé, comme des personnages de théâtre sur la scène. Il ne peut manquer d'en être ainsi, puisque vous voulez bien continuer de soutenir cette cause de votre influence, de votre prudence et de vos prières. Oui, priez pour moi ; car, de ce temps-ci, je fais plus l'ouvrage de Marthe que celle de Marie.

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L'École a décidé de remettre à plus tard le choix du vingt-troisième. Je l'en ai félicitée.

Croyez, Monseigneur, que je suis avec une haute considération,

De Votre Grandeur,

Monseigneur,

Le très humble et

très obéissant serviteur,

J. B. PKOIILX, Ptre.

P. S. — Je vous envoie en même temps une copie de nos arrangements déjà signés, pour que vous la signiez de nouveau, puis l'envoyiez par la malle à Mgr l'Évêque de Saint-Hyacinthe. Comme la première copie est entre les mains de l'École, c'est un double que je voudrais conserver. Mgr Moreau me la renverra. J. B. P.

Québec, 24 novembre 1890,

L'honorable H. Mercier,

Premier de la Province de Québec.

Monsieur le Premier,

Permettez-moi de vous passer, à propos du bill dont vous avez bien voulu accepter le patronage, les quelques idées suivantes. Ce n'est pas que je crois que vous ne puissiez les avoir vous-même, et de meilleures encore, mais je vous sais si occupé par les travaux delà session, que peut-être ne serezvous pas fâché de recevoir du pain tout cuit, serait-

il gras- cuit. Connaissant votre puissance d'assimilation et de création, si ces idées sont conformes à votre manière de voir, je sais qu'elles verront le jour avec une force et une éloquence qui me les rendront méconnaissables à moi-même. Croyez que je demeure avec la plus haute considération, Monsieur le Premier, Votre très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Ptre.

P. S. — Je viens d'apprendre que je dois à votre obligeance le state-room dans lequel j'ai si bien dormi en me rendant à Montréal. Veuillez accepter mon remercîment.

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