L. D. A. MARÉCHAL
Administrateur de Montréal.
J. B. PROULX, Ptre,
Montréal, 18 octobre 1890.
Monsieur U. E. Archambault,
Principal École Polytechnique.
Monsieur le Principal,
Ci-inclus, j'ai l'honneur de vous envoyer une copie de la requête que j'ai adressée au Lieutenant- Cou ver neur de la Province de Québec. Ayant rencontré Monsieur le Premier, vendredi, j'ai appuyé <1«' vive voix sur les raisons que nous lui avons
soumises, chacun de notre côté. Il m'a répondu que l'affaire était devant les ministres qui la pre liaient en sérieuse considération. Il m'a paru bienveillant à l'idée en général.
Croyez aux sentiments de considération avec lesquels je demeure,
Monsieur le Principal,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PEOULX, Ptbe,
Montréal, 17 novembre 1890,
Monsieur l'abbé J. B. Proulx,
Vice-Recteur U. L. M., Québec.
Monsieur le Vice-Recteur,
Je viens de voir M. le Curé Sentenne qui me conseille de descendre à Québec pour donner connais sauce à Monsieur le Recteur de l'Université Laval de la correspondance échangée avec le gouvernement au sujet de l'École Polytechnique, et aussi afin de mettre le Séminaire de Québec en demeure de remplir les obligations qu'il a contractées envers l'École Polytechnique, par l'Acte 50 Victoria, en. 27.
Il me semble, Monsieur le Vice-Recteur, que vous pourriez faire cette démarche avec beaucoup plus d'autorité que moi, et éviter à l'École Polytechnique la dépense d'un voyage à Québec.
Monsieur le Surintendant de l'Instruction publique a dû faire des démarches auprès de Monsieur le Premier Ministre en faveur de l'École Polytechnique, vous pourriez le voir avant de rencontrer Monsieur le Eecteur.
Si toutefois vous jugez que ma présence soit nécessaire, veuillez m'en informer et je serai au poste le jour que vous fixerez.
Je vous souhaite autant de succès dans cette affaire que vous en obtenez pour votre projet relatif à l'École de Médecine.
Veuillez agréer, Monsieur le Vice-Recteur, mes salutations respectueuses et me croire votre tout dévoué serviteur,
U. E. ARCHAMBATJLT,
Principal.
OU
Québec, 18 novembre 1890,
Monsieur U. E. Archambault,
Principal École Polytechnique.
Monsieur le Principal,
J'ai reçu votre lettre datée du 17 courant. Je m'occuperai de votre affaire de suite, aujourd'hui même. Mon influence auprès de M. le Recteur, de ce temps-ci, n'est pas très forte. Je vous tien-
«Irai au courant des événements, et vous ferai savoir s'il est mieux pour vous de descendre, ce qui est probable du reste. Eien ne peut remplacer l'œil du maître.
Je demeure avec une haute considération,
Monsieur le Principal,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PKOULX, Ptre.
cm
Québec, 20 novembre 1890.
Monsieur U. E. Archambault,
Principal École Polytechnique.
Monsieur le Principal,
Je viens de voir officieusement Mgr Paquet. Il dit qu'il est en correspondance avec le gouvernement, qu'il attend une réponse sous peu, qu'il est même étonné de ne l'avoir pas encore reçue, qu'il vous en donnera connaissance aussitôt que possible, qu'il ne veut pas renier ses engagements, qu'à la rigueur vous pouvez le forcer aux déficits, que du reste le gouvernement n'a pas tenu à la lettre ses conventions, qu'il a retenu annuellement plusieurs centaines de piastres, que ces retenues pourraient peut-être combler les dits déficits, etc. Je verrai M. le Surintendant ; peut-être connaîtrais-je là le sujet
et le but de cette correspondance, je vous le ferai savoir. Excusez cette brièveté de diction. Après le premier ministre, je suis l'homme le plus occupé de la Chambre, ce qui n'empêche pas que je suis avec une haute considération,
Monsieur le Principal,
Votre dévoué serviteur7
J. B. PEOULX, Ptbe.
Montréal, 21 novembre 1890.
M. l'abbé J. B. Proulx,
Vice-Recteur de V Université Laval à Montréal,
84 rue d'Auteuil, Québec.
Monsieur le Vice-Recteur,
J'ai reçu, hier, votre lettre du 18 novembre courant ; celle du 20 m'est arrivée ce matin.
Je vous remercie beaucoup pour la démarche officieuse que vous avez bien voulu faire auprès de Monsieur le Recteur de l'Université Laval, en faveur de l'École Polytechnique. J'attends avec beaucoup d'intérêt le résultat de la correspondance de Monseigneur Paquet avec le gouvernement ; espérons qu'il sera favorable à l'École Polytechnique.
Vous êtes, dites-vous, après le premier ministre, l'homme le plus occupé de la Chambre. Je vous
crois sans peine, puisque vous avez l'avantage de présenter une mesure remplie de difficultés et qui renferme, comme dirait le bon La Fontaine :
Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque là dans ses flancs.
Je vous souhaite le sort du roseau et à vos adversaires celui du chêne. C'est le vœu que forme pour votre succès
Votre tout dévoué,
TJ. E. AECHAMBAULT.
N. B. — Le 5 décembre, j'avais l'honneur d'avoir une longue entrevue avec l'honorable premier ministre. Il fut question de l'Ecole Polytechnique. Tout me porte à croire que, à la prochaine session, il sera facile de régler la question pendante, à la satisfaction de tous.
GV
N. B. — Revenons à Montréal, à l'Université ; et, laissant de côté pour un moment la Faculté de Médecine, passons à la Faculté de Droit, où tout me paraît, sous la conduite d'un habile pilote, aller allègrement, comme une barque légère sur la surface unie d'une mer sans orage.
Montréal, 15 décembre 1890.
L'honorable Juge Jette,
Doyen de la Faculté de Droit.
.Monsieur le Doyen,
Au commencement de cette année universitaire, je vous ai proposé, de vive voix, de laisser à la dis. position de la Faculté de Droit, les deux mille piastres de subvention que donne annuellement le gouvernement et les paiements que font les élèves, l'Université se chargeant de fournir ce qu'il faut pour les classes, le logement, le chauffage et l'éclairage, à condition que la Faculté retirerait elle-même cet argent des élèves et qu'elle pourvoierait aux honoraires des professeurs. Ceci, à titre d'essai pour l'année courante, en attendant que le syndicat financier de l'Université soit définitivement organisé.
Quelques jours plus tard, si je me rappelle bien, vous me répondiez, aussi de vive voix, que la Faculté acceptait ces propositions. Or je dois, sous peu, rendre à mes supérieurs compte de mon administration monétaire : à cette occasion, pour pius de régularité, je me permets de coucher sur le papier les mêmes propositions. Vous serait-il possible de me donner par écrit la même réponse %
Vous demandant pardon du trouble que je vous donne, je vous prie de me croire avec la plus haute considération,
Monsieur le Doyen,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PEOUX, Ptee,
Montréal, 15 décembre 1890,
Révérend J. B. Proulx, Ptre,
Vice- Recteur U. L. M,
Monsieur le Vice-Kecteur,
En réponse à votre lettre de ce jour, je m'empresse de reconnaître que l'engagement que vous* y relatez, a été, en effet, arrêté entre nous, aprèsque j'eusse consulté la Faculté de Droit et obtenu' son approbation.
Je profite maintenant de l'occasion pour vous faire part d'un embarras dans lequel notre Faculté va se trouver. Yous savez que notre appariteur est retenu chez lui, par la maladie, depuis plus d'un mois. Cette absence a nui considérablement à la perception des sommes dues par les élèves. D'un autre côté, l'allocation du gouvernement ne nous viendra qu'en juillet prochain ; nous sommes donc privés, pour le moment, des deux seules sources de revenus sur lesquelles nous puissions compter.
Je viens donc vous demander de nous venir en aide temporairement, afin que les professeurs ne soient pas obligés d'attendre pour leur traitement du terme courant, et vous prier de vouloir bien nous avancer une somme de $550, qui nous est nécessaire pour le terme actuel, et que nous pourrons vous rembourser à la fin de l'année universitaire.
Si vous pouvez nous rendre ce service, vous obligerez beaucoup ceux des professeurs qui ont donné des cours pendant le terme et qui comptent sur leur traitement régulier.
J'ai l'honneur d'être,
Monsieur le Vice-Recteur, Avec la plus parfaite considération,
Votre très obéissant serviteur,