L. A. JETTE, D. L
P. S. — Je^uie permets d'ajouter que votre lettre, (comme notre arrangement verbal d'ailleurs) , laisse indécise la question du traitement de notre appariteur Y avez-vous pensé depuis que je vous en ai parlé ? L. A. J.
.Montréal, 16 décembre 1890.
L'honorable Juge Jette,
Doyen de la Faculté de Droit.
Monsieur le Doyen.
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre datée d'hier, et je suis heureux de pouvoir vous dire que l'Université passera à la Faculté de Droit les $550 dont vous parlez, dans les conditions que vous nous indiquez. Quant à l'appariteur, si vous le voulez bien, nous en parlerons à notre prochaine rencontre, et ce petit détail, je n'en doute pas, s'arrangera facilement.
M. J. Perrault m'a proposé d'étudier sou plan en compagnie d'hommes expérimentés et compétents, qui sont, ne vous en déplaise, M. le Juge Jette, M. le Dr Eottot et M. le Principal Archainbault. La réunion doit avoir lieu ici, à l'Université, demain, mercredi, à 1\ heures du soir. M. Archambault à qui il (M. Perrault) en a parlé, et M. Rottot à qui j'en ai parlé, ont promis d'y assister. Comme je m'y suis engagé, je vous transmets l'invitation, vous exprimant le désir que j'ai qu'il vous soit possible d'être présent à cette réunion.
Attendant ce plaisir, je demeure
Avec une haute considération,
Monsieur le Doyen,
Votre très dévoué serviteur,
J. B. PROULX, Ptre, Vice- Recteur.
Montréal, 28 décembre 1890.
L'honorable Honoré Mercier,
Premier du Gouv. de la Prov. de Québec.
Monsieur le Premier Ministre,
L'union de la Faculté Médicale de l'Université Laval à Montréal, et de l'École de Médecine et de Chirurgie était désirée depuis longtemps par tous
ceux qui out à cœur le progrès de la science et le bien de la jeunesse dans notre pays. Cette union est enfin accomplie, grâce à la loi que la Chambre et le Conseil législatif ont votée récemment à l'unanimité. La conduite des Députés et des honorables Conseillers, en cette circonstance, nous a singulièrement réjouis ; car elle a été pour nous la preuve de leur dévouement à la grande cause de l'enseignement universitaire et de leurs sentiments religieux.
Cette loi, en effet, n'était pas seulement demandée par l'Université Laval et l'Épiscopat de la province de Montréal, elle l'était par le Souverain Pontife lui-même. Aussi tenons-nous à exprimer à la Législature tout entière notre sincère gratitude.
Mais cette gratitude est acquise particulièrement à vous, M. le Premier Ministre, puisque vous avez voulu, vous-même, présenter le projet de loi, et à votre gouvernement qui vous a donné son plus loyal appui.
Dans une lettre qui sera pour vous un précieux souvenir, Léon XIII vous a dit la joie qu'il aurait à voir la Législature de Québec favoriser par ses lois l'union entre les deux Écoles rivales.
Instruite par le zèle que vous avez mis à régler l'importante question des biens des Jésuites, Sa Sainteté savait que ce ne serait pas en vain qu'Elle vous exprimerait ce désir. Elle n'a pas été trompée. Vous avez accueilli, vous et votre gouvernement, avec tout le respect qu'il méritait, un désir venu de si haut 5 et la Législature entière s'est inclinée devant lui. Pas une voix dissidente ne s'est fait entendre, même parmi ceux qui ne partagent pas nos croyances religieuses. C'est un admirable exemple donné au monde, nos annales parlemen-
taires se glorifieront de l'enregistrer, et nous avons voulu vous dire le bonheur que nous en éprouvons. Agréez, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de notre considération distinguée.
(Signé) L. D. A. MAEÉCHAL, V. G.,
Administrateur.
f ANTOINE, Év. de Sherbrooke.
f L. Z. Év. de St-Hyacinthe.
Bureau du Gouvernement,
Province de Québec,
76, rue St-Gabriel, Montréal.
Messeigneurs,
Je suis bien sensible à l'expression des bons sentiments à mon égard, contenus dans votre lettre conjointe du 28 ultimo, reçue hier matin.
Je suis très heureux d'avoir pu vous être agréable et d'avoir contribué à assurer l'union de Laval et de l'École de Médecine, à Montréal.
Les désirs du Saint-Siège sont des ordres pour moi, et, dans cette circonstance, ils m'ont été manifestés d'une manière si claire que je n'avais pas deux voies à suivre.
Les deux partis ont offert au monde entier un spectacle bien touchant, dans cette occasion, et les protestants eux-mêmes ont rendu hommage à Pin-
liuence de 8a Sainteté Léon XIII, en acceptant le projet de loi.
Agréez, Messeigneurs, l'expression de la haute «considération avec laquelle j'ai l'honneur de me .souscrire respectueusement,
Votre bien dévoué,