‹ Question universitaire de MontréalChapitre 6 sur 60 · L. D. A. MARÉCHAL, V. G · texte numérisé non relu

L. D. A. MARÉCHAL, V. G

Administrateur de Montréal.

r L. Z., Évêque de St- Hyacinthe.

t A NTOTNE, Évêque de Sherbrooke.

Montréal, 3 octobre 1890.

Monsieur le Dr W. H. Hingston,

Président de V École de Médecine.

Monsieur le Président,

J'ai fait rapporta M. l'administrateur de l'Archidiocèse de Montréal et à Nos Seigneurs les Évêques de Sherbrooke et de St-Hyacinthe des pourparlers qui ont eu lieu au St. Lawrence Hall entre le comité par eux nommé et le comité nommé par l'École de Médecine, au sujet de l'union des deux Écoles ; et volontiers ils ont approuvé le principe fondamental qui a fait le thème principal de nos délibérations.

J'ai l'honneur de vous envoyer sous ce pli la copie officielle de ce document. J'espère toujours qu'il nous sera possible de mener les affaires de notre union, ferme et vite.

Je demeure avec une haute considération,

Monsieur le Président,

Votre très humble serviteur,

J. B. PBOULX, Ptre.

Montréal, 7 octobre 1890.

M. le Dr Rottot,

Doyen de la Faculté de Médecine.

Monsieur le Doyen,

J'ai soumis à M. l'administrateur et à Nos Seigneurs les Évêques de Sherbrooke et de St-Hyacinthe le principe fondamental d'une union entre les deux Écoles de Médecine, lequel a fait le thème principal des délibérations des deux comités au u St. Lawrence Hall," et, comme vous pouvez le voir par le document marqué No 1, Leurs Grandeurs l'ont approuvé de leur signature.

Je l'ai envoyé vendredi dernier à M. le Président cle l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal.

Je serais fort aise que dans l'occasion vous en donneriez connaissance à MM. les professeurs de la Faculté, de même que du document No 2, " la nomination du Comité par les Évêques," que je vous envoie aussi ci-inclus.

Je m'absente pour deux jours ; au retour je me donnerai le plaisir d'aller vous voir. Les affaires intimes paraissent tourner au beau, résultat définitif dont je n'ai jamais douté. Après les médecins de la Faculté, le meilleur, c'est le temps.

Je demeure avec la plus haute considération, Monsieur le doyen,

Votre très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Ptre.

Montréal, 1er octobre 1890,

Le Très Révérend L. I). A. Maréchal, V.G.,

Administrateur du Diocèse de Montréal.

Monsieur l'Admin cstratetj r,

Après avoir porté pendant plus d'une année la responsabilité extérieure de l'administration financière de la succursale, je désirerais m 'alléger quelque peu d'un aussi lourd fardeau. C'est pourquoi, en attendant qu'un syndicat soit nommé, je demande que l'autorité diocésaine veuille bien m 'adjoindre un conseil d'hommes entendus qui partagent avec moi les soins de cette administration.

Dans l'espoir que vous aurez ma demande pour agréable je demeure avec la plus haute considération,

Monsieur l'administrateur,

Votre très dévoué et obéissant serviteur,

J. B. PBOULX, Ptee.

N. B. — Le 23 septembre, j'eus affaire à descendre a Québec. Les Évêques s'y rendaient pour une réunion du Conseil de l'Instruction publique. Mgr B. Paquet, recteur de l'Université, leur présenta son rapport annuel; il renfermait sur le compte du Vice-Recteur quelques remarques qui ont occasionné les deux lettres suivantes.

Québec, 23 septembre 1890.

A Son Éminence le Cardinal Taschereau,

Archevêque de Québec.

Éminenoe,

En arrivant à Québec, j'ai eu le plaisir de lire le Rapport du Recteur de l'Université Laval au Conseil supérieur pour Panne 1889-1890.

J'y vois à mon adresse deux pages dont je ne puis admettre les avancés. J'offre à Votre Éininence, et. par elle, aux illustrissimes seigneurs qui composent le Conseil supérieur de l'Université, de leur donner à ce sujet, Monseigneur le Recteur étant présent, des explications que je crois justes et que je m'efforcerai de présenter le plus modérément possible ; bien plus, je le demande avec instance.

Quoique je sois descendu à Québec pour des affaires tout autres, je me crois prêt à paraître devant le Conseil supérieur à n'importe quel moment, que Votre Éminence voudra m 'indiquer.

Espérant qu'il lui sera possible de se rendre à ma demande, je demeure avec le respect le plus profond.

De Votre Eminence lie très Immole ei très obéissant serviteur,

J. B. PROULX, Ptre,

Vice-Recteur.

Québec, 25 septembre 1890,

A Sois Éminence le Cardinal Taschereau,

Chancelier de V Université Laval.

Éminentissime Seigneur,

Que Votre Éminence me permette de revenir à la charge, à propos du "Bapport du Eecteur de l'Université Laval au Conseil supérieur," et d'insister.

Après une lecture attentive du dit rapport, il m'a paru que les principales accusations portées contre moi par Monseigneur le Eecteur de l'Université Laval peuvent se résumer comme suit :

1° J'aurais affirmé que Mgr le Eecteur n'a pas compris, d'après les explications qu'il m'a données, le sens de l'induit du 5 mai 1890 ;

2° J'aurais soutenu que le Séminaire de Québec est riche ;

3° J'aurais soutenu que le Séminaire n'a pas besoin, pour faire fonctionner l'Université à Québec, du secours que le Saint-Siège lui a créé (j'ai dit ; u Le siège universitaire de Québec n'a pas un besoin absolu de ces revenus de Montréal pour rencontrer ses dépenses annuelles," ce qui, dans un sens aussi restreint, est bien différent de la proposition générale ci-haut énoncée) ;

4° J'aurais fait un reproche au Séminaire de Québec de ce qu'il ne veut plus rien retrancher de ses biens pour aller au secours de l'Université $

5° J'aurais dit bien d'autres choses inexactes.

Pour la première de ces accusations " que Mgr le Recteur, d'après ses explications à moi données, n'a pas compris le sens de l'induit du 5 mai," volontiers je l'admets comme fondée, et j'ajoute : c'est encore ma conviction.

Quant aux quatre autres, je les nie comx^lètement.

Ces accusations, d'après moi, sont assez faibles ; mais comme Mgr le Recteur en prend occasion pour faire à mon endroit des remarques tout à fait pénibles, je ne puis les laisser inscrire dans un document officiel, sans protester.

C'est pourquoi je demande à Votre Éminence et, par elle, au Conseil supérieur :

1° Que le rapport dont il s'agit ne soit pas reçu en son entier, avant que Mgr le Recteur n'ait prouvé ses avancés et l'à-propos de ses remarques ;

2P Que l'on veuille bien m'accorder la réplique à cette preuve ;

3e Que, si Mgr Paquet échoue à faire la preuve, ou refuse de l'entreprendre, le No 5, en ce qui me regarde, soit biffé du rapport.

Dans la conviction que ma demande n'est que de stricte justice, je demeure avec la plus profonde considération,

De Votre Éminence, Éminentissime et Illustrissime Seigneur, Le très humble et très obéissant serviteur.

J. B. PROULX, Ptre,

N. B. — Nos Seigneurs les Evêques voulurent bien entendre mes explications. J'en ai rédigé an résumé que j'ai fait imprimer pour l'envoyer

à tous les évêques, afin qu'ils conservent la réponse à côté de l'accusation. On le trouvera à la un de ce rapport, Document No I.

N. B. - - Le premier du mois d'octobre, les cours s'ouvriront sans bruit, de la manière la plus calme possible, afin de n'exciter aucune émotion dans ces jours inquiets, où les positions sont toujours plus ou moins tendues. L'affiuence des élèves fut plus grande que jamais.

Monteéal, 8 octobre 1890.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous faire savoir que la messe du Saint-Esprit, à l'occasion de l'ouverture des cours, pour demander les bénédictions du ciel sur l'année universitaire qui vient de commencer, aura lieu à la chapelle de l'archevêché, à 8 heures A. M., lundi, 13 du courant, fête de Saint-Edouard, fête patronale de notre bien-aimé archevêque. Messieurs les Professeurs sont priés d'y assister en costume.

Par ordre de M. le Vice-Keeteur.

J. A. BEPvTEAND, Ptre, Secrétaire.

X. B.- Toutes les facultés en corps assistèrent à la pieuse cérémonie. La nef de la chapelle

était remplie par la foule des élèves en théologie, en droit et en médecine. Sa Grandeur Monseigneur N. Z. Lorrain, évoque de Cythère et vicaire apostolique de Pontiac officia, et reçut, après la messe, la profession de foi des Professeurs là présents. A l'Évangile, le Y ice- Recteur fit une courte allocution, que l'on trouvera à la fin de ce rapport, Document No 2.

Montréal, 16 octobre 1890.

Sa Grandeur Mgr A. Racine,

Ere que <Je Sherbrooke.

Monseigneur,

Nos affaires d'Union prennent une bonne tour- Dure, je crois, niais un peu lentement à mon avis : cependant, il faut avouer que ces Messieurs de l'Kcole rencontrent bien des difficultés.

Les comités se sont réunis hier après-midi. Eutente complète sur les clauses essentielles du Bill, et sur le règlement de la question si épineuse des biens de l'École. Eéunion de l'École samedi pour approuver définitivement l'action de son comité. Dès les premiers jours de la semaine prochaine, je pourrai montrer à Votre Grandeur le texte du Bill qu'ils se proposent de présenter à la Législature, du moins c'est probable.

Il nie semble qu'il serait désirable que les trois

Évêques pussent se rencontrer pour délibérer en commun. S'il vous était possible devenir à Montréal la semaine prochaine, je vous télégraphierais aussitôt que j'aurais le dit Bill entre les mains. Si la chose est impossible, je me ferai un devoir comme un plaisir de me transporter à Sherbrooke. En attendant le moment de cette heureuse rencontre, veuillez accepter mes remerciements pour la bienveillance que vous m'avez témoignée à Québec, et me croire avec une très haute considération,

De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très dévoué serviteur.

J. B. PROULX, Ptre,

St-Hyacinthe, 17 octobre 1890, Révérend J. B. Proulx.

Mon cher Monsieur.

Je me réjouis beaucoup des excellentes nouvelles que m'apporte votre lettre d'hier, et je vous remercie bien sincèrement de me les avoir communiquées.

Je me rendrai avec plaisir à Montréal à n'importe quel jour de la semaine prochaine, pour prendre connaissance du Bill préparé pour assurer Ja fusion entre l'École et Laval

En attendant le plaisir de vous rencontrer, je demeure comme toujours votre bien dévoué eu N.-S,

i L. Z., Évêque de St-Hyacinthe.

Montréal, 18 octobre 1890,

M. l'abbé J. B. Proulx,

Vice-Recteur, Succursale U. L. M.

Monsieur le Vice-Becteur,

Je regrette de ue pouvoir me rendre à Montréal pour délibérer en commun sur le projet du bill que les deux comités se proposent de présenter à la Législature.

Je suis retenu à Sherbrooke par la retraite des élèves du Couvent de la Congrégation.

Je suis heureux d'apprendre que l'affaire de l'union prend une bonne tournure ; je vous attends à Sherbrooke la semaine prochaine ou dans l'autre.

Avec l'assurance de mon sincère attachement, f ANTOINE, Évoque de Sherbrooke.

Montréal, 18 octobre L890.

Sa Grandeur Mgr A. Kacine,

Évêque de Sherbrooke.

Monseigneur,

Au cas que le bil projeté retarde quelque peur et, par conséquent, notre entrevue, je me fais un devoir de vous envoyer les deux clauses principales, sur lesquelles se sont accordés les membre» des deux comités.

Cette rédaction ne fait qu'exprimer ie sens de notre pensée, sans être définitive ; elle ne peut le devenir qu'après aAToir passé par l'examen et l'approbation de l'École et de Vos Grandeurs.

Ces deux clauses importantes reposent entièrement, il me semble, sur le principe d'Union posé par Vos Grandeurs, lors de notre rencontre à Québec. De plus, je mets sous ce pli les dispositifs de la Constitution Jam dudum, qu'il s'agirait d'inclure dans le bill, ou d'y annexer.

Sur ce, j'ai l'honneur de me souscrire avec la plus haute considération,

De Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur.

J. B. PBOULX, Ftre.

N. B.— Suivent les deux clauses du bill auxquelles il est fait allusion dans la lettre ci-dessus.

I — " De la passation de ce bill, le Collège de Méde xi cine et de Chirurgie de Montréal, se composant des ••messieurs dont les noms suivent: Th. d'Odet u d'Orsonnens. J. P. Eottot, etc., (ou bien, de tous u les professeurs titulaires du Collège de Médecine :,'et de la Faculté de Médecine de l'Université •• Laval à Montréal), et le dit Collège devient la ■•• Faculté de Médecine de l'Université Catholique à • Montréal, régi d'après la charte telle qu'amendée, •• et suivant la Constitution Jam dudum, dont les •• dispositifs, en ce qui regarde les Facultés de l'U- "niversité, sont ci-annexés (ou ci-insérés), devant •• avoir force de loi dorénavant, nonobstant toute

"disposition contraire dans la présente loi (ou " charte).

II — " Et les biens possédés actuellement par Les " anciens membres de l'École de Médecine restent " leur propriété, et ils peuvent se les diviser entre " eux, ou bien, s'ils préfèrent les passer à la Fa- " culte établie par l'amendement à cet acte ou à '• l'Université, il sera institué pour veiller à l'équité " de cette transaction, un tribunal de trois arbitres •• nommés, l'un par les anciens membres de l'École. li l'autre par l'Archevêque et les Évéques de h\ " Province de Montréal, et le troisième par les deux " premiers."

N. B. — Une pareille lettre était adressé à Sa Grandeur Monseigneur L. Z. Moreau, évoque de 8t-Hyacinthe, et au Très Révérend L. D. A. Maréchal, administrateur de Montréal. Une fois pour toutes, je dirai que ma correspondance sur les affaires de l'Université était toujours envoyée simultanément à ces trois dignitaires ecclésiastiques. Seulement, quelquefois, pour sauver le temps d'écrire une copie, quand je me trouvais à Montréal j'allais rencontrer M. l'Administrateur, et lui exposais les choses de vive voix. Dans ce rapport, je citerai ordinairement la copie, adressée à Monseigneur l'Evéque de Sherbrooke, comme, de ces trois vénérés personnages, il est le doyen pour l'âge et pour l'ancienneté dans la dignité épkcopale.

Montréal, 21 octobre 1890.

M. J. U. Ethier,

Secrétaire, Montréal.

Mon cher ami,

Ayant passé à Montréal douze jours consécutifs, voire même deux dimanches de suite, je me vois appelé dans ma paroisse ; j'y resterai les deux jours des Quarante-Heures. Cependant, s'il se présentait quelque affaire pressante, télégraphiez-moi immédiatement, et je reviendrai par le premier train. De plus, je vous demande de m'écrire chaque soir, me mettant au courant des événements du jour.

Croyez que je suis en toute sincérité, Votre ami dévoué,

J. B. PROULX, Ptre.

(TÉLÉGRAMME

Montréal, 22 octobre 1890.

Rév. J. B. Proulx, Ptre,

St-Lin.

Venez de suite. Présence requise absolument.

Dr DESJARDINS.

N. B. — Je revins à Montréal le 23. Les deux comités réunis tinrent une séanee au St. Lawrence Hall. Le comité de l'Ecole apporta son projet de bill ; le comité de Laval, qui en avait connaissance pour la première fois, ne voulait pas prendre sur lui de l'approuver définitivement, sans consulter les évêques de la Province de Montréal. Or, le délai légal pour annoncer dans les journaux l'intention de présenter à la Législature un bill privé expirant le lendemain, il ne restait pas un temps suffisant pour permettre de consulter Leurs Grandeurs. La séance fut suspendue pour deux heures ; dans cet intervalle, je l'édigeai les objections et les observations du comité de Laval, qui se lisent comme suit :

Montréal, 23 octobre 1890.

A MM. les Dis d'ORSONNENS, Hingston et Desjardins, Montréal.

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