‹ Question universitaire de MontréalChapitre 8 sur 60 · L. E. Desjardins, A. T. Brosseau · texte numérisé non relu

L. E. Desjardins, A. T. Brosseau

Montréal, 24 octobre 1890.

Sa Grandeur Mgr A. Bactne,

Evêque de Sherbrooke.

Monseigneur,

Votre comité a dû présumer votre permission, et permettre V annonce du bill, dans la Gazette officielle. Compulsus fecit. Le temps pressait, comme aujourd'hui se trouve être le dernier jour fixé par la loi, pour donner de tels avis.

Cependant le comité n'a pas voulu prendre sur lui la responsabilité de décider que le bill, tel que préparé par l'École, incorpore les principes posés par Vos Grandeurs comme bases de l'union.

Ce soin incombe à Vos Grandeurs et les membres du comité de l'École ont signé un document (je vous l'envoie sous ce pli), par lequel ils s'engagent à y faire les modifications ou additions qu'Elles pourraient exiger.

Comme le temps pressait, et que nous n'avions pas le loisir d'en faire une étude à tête reposée, nous avons cru, nous, les membres du comité de Laval, qu'il était plus prudent de prendre ce mode de procéder, plutôt que d'approuver la rédaction actuelle sans que Vos Grandeurs l'aient vue, ou de la rejeter, ce qui aurait été renvoyer probablement à tout jamais le projet d'union.

Nous irons probablement demain, une députation des deux comités, rencontrer Votre Grandeur à Sherbrooke, pour fixer la rédaction définitive, s'il y a lieu, du dit projet de bill.

Le No 1, dont il est question dans le document signé par les deux comités, est l'écrit au bas duquel Vos Grandeurs ont apposé leur signature à Québec ; les Nos 2 et 3, sont les clauses du bill que je vous ai envoyées la semaine dernière, à propos du décret 11 Jam dudum," et des biens de l'École ; le No 4 est le projet de bill lui-même que j'irai vous soumettre, et le No 5 est l'avis dans les journaux, lequel est ci-inclus.

Croyez que, pour ma part, j'ai été peiné et embarrassé de ce que le temps, inuctabile temjms, nous mettait ainsi le couteau sur la gorge.

J'ai voulu à tout prix sauver la liberté d'action et d'interprétation des Évoques ; ceci étant assuré, pour présumer la permission à propos des avis, j'ai pris conseil des personnages éminents que vous savez.

J'ai bien hâte de rencontrer Votre Grandeur et je lui demande de prier pour moi au milieu des mille et une difficultés qui entourent ma position.

Je demeure avec la plus haute considération, de Votre Grandeur,

Monseigneur, Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PEOULX, Ptre.

(Document No 5.)

Le Collège de Médecine et de Chirurgie de Montréal connu sous le nom de " l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal," demandera à la

Législature de Québec, à sa prochaine session, des amendements à sa charte, 8 Vict., ch. 81. pour coniirmer les arrangements pris entre le dit Collège et Nos Seigneurs l'Archevêque et les Évêques de la Province ecclésiastique de Montréal, pour faire une union entre l'École de Médecine et de Chirurgie de Montréal et la Faculté médicale Laval à Montréal .

Montréal, 24 octobre 1890.

M. L. D. A. Maréchal, Y. G.,

Administrateur de V Archidiocèse de Montréal.

Monsieur l'administrateur,

Comme vous le savez, et comme j'ai eu l'honneur de l'expliquer dans une lettre à Nos Seigneurs les Évêques de Sherbrooke et de St-Hyacinthe, j'ai dû présumer une permission de PÉpiscopat, pour approuver Vavis de l'Ecole dans la Gazette offiicieUe. Cependant je n'y aurais jamais consenti si on n'avait mis à couvert la liberté d'action et la liberté d'interprétation des Évêques, quant au projet du Bill. Même j'avais écrit une lettre aux messieurs du Comité nommé par l'École, résumant les réflexions que je leur faisais de vive voix, par laquelle je refusais de m 'associer à leur démarche, au cas où ils n'auraient pas consenti à modifier le projet de bill, si les Évêques jugeaient la chose nécessaire pour le rendre conforme aux principes d'union posés par eux et acceptés par les Messieurs de l'École.

Avec cette précaution, nous avons cru qu'il était plus sage (et ce qui nie rassure, c'est que vous êtes de cet avis), de ne pas renvoyer à une autre année les démarches pour amener l'union des deux Écoles ; car, dans l'intervalle, il y aurait eu danger qu'on demandât et qu'on obtînt le pouvoir de donner des diplômes pour l'École de Médecine, ce qui serait perpétuer, d'une manière indéfinie, le dualisme de l'enseignement universitaire à Montréal au sein de la population catholique : Quod Deus avertat !

Je demeure avec une profonde considération, Monsieur l'administrateur, Votre très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PEOULX, Ptre.

(TÉLÉGRAMME

Montréal, 25 octobre 1890.

A Mgr A. Racine,

Evêque de Sherbrooke.

Pourriez-vous venir à Montréal pour mardi soir, 25 du courant, pour affaires universitaires ? Désirable de nous rencontrer tous ensemble.

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