‹ Questions actuellesChapitre 12 sur 37 · APRÈS · texte numérisé non relu

APRÈS

Les temps ne sont pas très éloignés de nous où Pincrédiilité savante passait communéQient pour marque, ou pour preuve, de supériorité d'intelligence et de force d'esprit. On ne méconnaissait pas l'importance des a religions » dans l'histoire, ni surtout celle de la « religion », ou du « sentiment religieux », dans le développement de l'humanité. C'était même le point qu'on se vantait d'avoir gagné sur l'esprit du dix-huitièaie siècle; et, tout en faisant profession d'incroyance, on ne laissait pas de reprocher aux Voltaire, aux Diderot, aux Gondorcet, la violence injurieuse de leur polémique antichrétienne, la déloyauté de leur

argumentation, et l'étroitesse de leur philosophie. Mais on n'en voyait pas moins, — avec Auguste Comte et son école entière, — dans « l'état théologique », ce que j'appellerais volontiers la phase embryonnaire de la vie de l'intelligence, etpeut-étre quelques physiologistes ou quelques anthropologues croient-ils encore fermement à la réalité de cette métaphore. « Les religions, — lit-on dans un livre récent, — sont les résidus épurés des superstitions... La valeur d'une civilisation est en raison inverse de la ferveur religieuse... Tout progrès intellectuel correspond à une diminution du surnaturel dans le monde... L'avenir est à la science. » Ces lignes sont datées de 1892, mais l'esprit qui les a dictées est de vingt ou trente ans plus vieux qu'elles K

Que s'est-il donc passé depuis lors? quel sourd travail s'est accompli dans les profondeurs de la pensée contemporaine? et, à ce propos, parlerons-nous à notre tour de la « banqueroute delà science» ? Les savants s'indignent sur ce mot, et on en rit dans les laboratoires. Car, — disent-ils, — où sont donc celles de leurs promesses que la physique, par exemple, ou la chimie n'aient pas tenues,

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