‹ Questions actuellesChapitre 32 sur 37 · Les presbytériens ne sont pas plus de · texte numérisé non relu

Les presbytériens ne sont pas plus de

490 000 Français ou Italiens, — Français, 120 000; Ilaliens, 370 000, —je trouve, pour le même laps de temps, 787 000 immigrés suédois ou n )rvégiens, et 120 000 Danois, soit ensemble à peu près 900 000. Gela fait, au total, en vingt ans, 2 410 000 immigrés d'origine catholique et 2 235 000 d'origine protestante. On eût cru la différence infiniment plus considérable. Et il est vrai qu'il y a les Allemands qui, en y comprenant les Autrichiens, n'ont pas afQué, depuis vingt ans, en Amérique, au nombre de moins de 2 500 000, sur lesquels on peut évaluer qu'il y en a bien un tiers de catholi(jues, ou un peu davantage. Il est vrai que, dans les périodes précédentes, de 1840 à 1870, l'immigration catholique a de beaucoup surpassé l'immigration protestante. De 1841, par exemple, à 1850, le total de l'immigration irlandaise a élé de 780 000 ; il a élé de 914 000 de 1851 à 1860. Et il est vrai qu'enfin il est difficile de manier les chiffres, tant il y a de façons, et si ingénieuses, de les assembler ! Mais pourtant, de ceux que nous venons de citer on ne peut s'empêcher de conclure que les conversions doivent avoir aussi leur rôle dans le développement du catholicisme aux États-Unis. En 1837, les Pères du concile de Baltimore parlaient déjà de nombreuses con-

versions de protestants au catholicisme. Le cardinal Gibbons les évalue à 7 ou 800 dans le seul diocèse de Baltimore, qui n'est pas un des plus nombreux, — les catholiques n'y sont pas plus de 250000; — et, pour TUiiion tout entière, à une trentaine de mille par an i.

Qui dira les mystères de l'âme ? comment on se détache d'une croyance, ou comment on y vient d'une autre ? et nous-mêmes, le savonsnous toujours ?« La doctrine de Rome touchant le Purgatoire est une chose vaine », dit un article de l'Eglise anglicane ; et des anglicans ne se sont convertis au catholicisme que pour n'avoir pas pu continuer d'appartenir à une Eglise « qui n'admet point les prières pour les trépassés - ». En Amérique même, celui-ci, cet Orestes Bronwson, que les évêques d'Amérique appellent leur a grand publiciste catholique et américain », a demandé au catholicisme la réponse que ni le kantisme, ni rhégélianisme, ni le transcendantalisme n'avaient pu donner à ses angoisses métaphysiques ; et celui-là, le P. Hecker, y

1. L Ambassadeur du Christ, traduction française de l'abbé André, p. 456.

2. Lady Herbert of Lea, Comment j'entrai au bercail [How I came home], traduction française de L. de Beauriez, p. 59, 60. Paris, Perrin, 1898.

a cherché la satisfaction que le protestantisme orthodoxe ne donnait pas à ses « aspirations sociales ^ ». On en a fait l'apôtre de l'individualisme, et il n'est devenu catholique que pour avoir vu dans le catholicisme ce qu'on a depuis lors appelé le « christianisme social » ! Un autre encore disait récemment: « Je commencerai par cette déclaration surprenante que « je suis devenu chrétien parce (( que j'étais darwiniste )> ou mieux : « C'est une « conclusion parwinîste qui m'a fait accepter la «vérité du christianisme ^. » En réalité, sachons-le bien, toute conversion est affaire individuelle ; et nous n'avons rien qui nous soit plus personnel à chacun que nos motifs de croire, ni qui échappe plus complètement, sinon peutêtre à toute analyse, du moins à toute généralisation. Que si cependant, et sans vouloir violer ce qu'il y a de plus intime dans les profondeurs de l'àme, nous cherchons par lesquels de ces caractères le catholicisme aie plus sensiblement agi sur les non-catholiques des Etats-Unis, il semble qu'on en puisse indiquer jusqu'à trois.

11 y a d'abord ce que le cardinal Gibbons

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