VI PRÉFACE
douter de Tulilité comme de l'efficacité de l'Enseignement. Ce pessimisme est le résultat d'une vue superficielle des choses et d'une connaissance insuffisante des difficultés de ce problème scolaire. Il faut comprendre avant de gémir et de désespérer. Bien des raisons expliquent l'indifférence apparente des petits cultivateurs et leur répugnance momentanée à envoyer dans les écoles les enfants dont ils ont besoin à la maison. Les pères ne voient pas encore l'utilité des connaissances théoriques; la tradition, l'habileté manuelle leur paraissent suffire à la bonne conduite du « mesnage des champs ». Ils craignent de s'imposer des sacrifices excessifs et sans résultats.
Le temps, Texpérience, la pression de la nécessité parviendront à triompher de ces résistances et à éclairer les parents. L'enseignement agricole date d'hier, ses applications sont récentes aussi bien que les découvertes scientifiques dont il a pour objet de divulguer les résultats heureux et féconds. Notre impatience est excessive. Vivre, c'est attendre. Attendons que la lumière brille, c'est-à-dire que la conviction naisse dans les esprits qui doutent encore de l'utilité de la
PRÉFACE Vn
« théorie ». Perfectionnons les méthodes d'enseignement et choisissons avec plus de soin, en nous imposant plus d'attention, les hommes chargés de la difficile mission d'enseigner. Le reste sera l'œuvre du temps.
Nous serions, d'ailleurs, bien mal inspirés si nous nous refusions à rendre justice aux efforts déjà faits, aux résultats dès à présent acquis, au zèle, notamment, aux services si distingués de certains membres de l'enseignement agricole : nous avons nommé les professeurs départementaux d'agriculture attaqués sans raison comme sans mesure par quelques personnalités obscures et quelques publicistes ignorants.
Dans un chapitre de ce volume, nous avons précisément montré la valeur de ce personnel si dévoué et si méritant.
Une autre étude est consacrée à l'organisation de l'enseignement agricole dans son ensemble. C'est là une œuvre de la plus haute portée que le public connaît mal parce qu'il ne s'intéresse pas aux choses agricoles. Ce dédain a de fâcheuses conséquences et nous ne craignons pas de le dire tout haut parce que cela nous paraît vrai.