‹ Questions bibliques [microform]Chapitre 23 sur 45 · Voir plus haut, 1. I, c. ii · texte numérisé non relu

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ait disparu; sans cela les compilateurs qui, selon l'école moderne, remaniaient à leur gré toute l'histoire, en auraient fait plus habilement disparaître les traces. Il a fallu, en outre, que la communauté juive qui était restée à Babylone fût compHce de celle de Jérusalem, et que les Juifs qui ont commencé à se disperser dans le monde hellénique, à partir de la conquête d'Alexandre, aient pu em-^ porter avec eux, sans en soupçonner Torigine, une loi si récemment rédigée. Il y a dans ce système un tel amas d'invraisemblances, que l'on ne peut expliquer que par lapassion contre la traditionla popularité d'une si singulière théorie. Wellhausen, il est vrai, admet que la Thorah actuelle a été composée au temps même d'Esdras. Mais il ne diminue une difficulté que pour en créer une autre plus grande, puisqu'il lui faut supposer que les auteurs mêmes de la fraude en ont laissé subsister des traces aussi frappantes. N'est-il pas plus simple de penser qu'une loi ancienne, souvent violée, quelquefois tombée en désuétude, ou même oubliée, a été remise en vigueur à la suite des malheurs de la nation?

La critique moderne a donc beau pousser des cris de triomphe : elle n'a pas détruit l'autorité du texte biblique. Elle ne peut convaincre que ceux qui sont disposés à l'écouter, soit par timidité d'esprit, en présence d'opinions bruyantes et audacieuses,

soit par passion contre la tradition. Les esprits indépendants ne croiront pas qu'il soit si facile de bouleverser une histoire écrite, appuyée par une tradition orale qui lui est conforme. Ils préféreront accepter les difficultés qui résultent des documents tels qu'ils existent que de les échanger contre de plus grandes difficultés résultant d'une hypothèse peu vraisemblable. Gomme M. Jourdain, dans le Bourgeois gentilhomme, découvrant que de toutes les manières de dire : « Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour » , la meilleure est de laisser les mots à leur place, ils penseront que de toutes les manières d'interpréter l'histoire biblique, même quand elle est obscure, la meilleure est de faire dire aux textes ce qu'ils disent naturellement.

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