‹ Questions bibliques [microform]Chapitre 26 sur 45 · Renan, Histoire d'Israël, préface, page xxv · texte numérisé non relu

Renan, Histoire d'Israël, préface, page xxv

faire, il n'a pas pu rester fidèle à son propre système, et nous le prendrons souvent en flag-rant délit d'affirmation dépourvue de tout peut-être. Nous sommes d'ailleurs sûrs d'avance qu'il sortira de cette réserve dans les volumes suivants, quand il arrivera aux temps postérieurs à David. Là, on ne peut plus parler de légendes, et il faut prendre son parti entre admettre un récit ou le déclarer chimérique, entre reconnaître un document comme véridique ou l'accuser de mensonge.

En outre, nous pouvons remarquer que, lorsqu'une opinion n'est que probable, l'opinion opposée est probable aussi, et que plus la teinte qu'il faut donner à une assertion est pâle, plus l'assertion contraire a droit de se produire avec une teinte qui indique une grande probabilité ou même la certitude.

Dès lors, en face de l'histoire hypothétique de M. Renan, se dresse l'histoire traditionnelle que ses peut-être ne peuvent détruire, qui, de son propre aveu, n'a contre elle que des théories douteuses et qui, en revanche, a pour elle l'antiquité de la possession, l'universalité de la tradition, la concordance de tous les livres qui composent la Bible. Elle conserve donc tous ses droits à être crue ; et le conflit est impossible entre la foi et la science, puisque, de l'aveu même de M. Renan, la science, en ce qui concerne Y Histoire d'Israël,

n'est qu'un fantôme et que ses assertions ont une couleur que nous pouvons, en nous servant de sa langue, appeler plus ou moins évanide^.

Telle est la méthode de reconstruction qu'emploient les exégètes rationalistes : il est bon de voir maintenant les résultats auxquels cette méthode les a conduits.

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