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CHAPITRE II

LES ORIGINES DE l'hUMANITÉ

M. Renan a jugé à propos de faire précéder le récit de l'origine des Béni Israël d'une petite préface contenant ses idées personnelles sur l'origine de l'humanité. Gela n'était point nécessaire; les autres historiens d'Israël, ou du moins la plupart d'entre eux, n'ont pas cru devoir le faire. Il est vrai que Moïse, avant de raconter l'histoire des patriarches, nous donne un récit rapide des plus anciens temps de l'humanité et commence par raconter la création du monde et celle de l'homme. M. Renan semble avoir voulu imiter l'auteur de la Genèse. Mais Moïse avait, pour connaitre le passé, des moyens qui manquent à son moderne émule. Il avait pu recueillir à leur source d'antiques traditions, et il croyait communiquer avec le Créateur du monde et le Dieu de vérité. M. Renan est venu trop tard pour entendre la voix des témoins du passé, et le Dieu dont il parle, étant aveugle et inconscient, ne saurait lui révéler aucune vérité.

Aussi semble-t-il ne s'être avancé qu'avec une certaine timidité sur ce terrain génésiaque. Au lieu d'intituler son premier chapitre : Origines de l'homme, il lui a donné ce titre plus modeste : Arrivée des Sémites en Syrie. Il est vrai que, pour arriver, il faut d'abord être parti, et comme nous allons le voir, les Sémites qui sont arrivés en Syrie venaient de bien loin. Voici, en effet, le début de ce curieux chapitre : « Le passage de l'animalité à l'humanité ne s'est pas fait en un point unique du globe. De plusieurs côtés, la conscience humaine se dégagea, s'éleva, s'épura, conçut l'idée de justice, de droit et de devoir. Le langage vint préciser et fixer ses conquêtes ^. «

Voici en quelques lignes bien des théories : le transformisme associé au polygénisme, l'animal devenant homme; plusieurs espèces humaines sortant séparément de l'animalité. Les hommes ne sont plus frères ; ils sont cousins à un degré éloigné, avec un animal comme aïeul commun. Ne discutons p£|,s ces théories; ce serait sortir de notre sujet et entrer dans le domaine d'une science toute différente de l'histoire. Il nous semble que M. Renan aurait mieux fait de ne pas trancher si rapidement et par arrêt si souverain des questions qui ne sont pas de sa compétence personnelle. Mais voici

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