‹ Questions coloniales de la transportation considérée comme moyen deChapitre 38 sur 40 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En résuméj la transportatioa considérée comme mode d'exécution de la peine des travaux forcés mérite d'être conservée dans notre système pénitentiaire, parce qu'elle rend presqu'impossible la récidive des grands crimes.

Réorganisée comme elle Ta été dans ces dernières années, elle présente des garanties d'expiation suffisantes pour la rendre redoutable.

Seule, la situation faite aux libérés peut encore être inquiétante pour les colonies pénitentiaires et me semblerait utilement modifiée par la substitution législative de la relégation à l'obligation de résidence.

Au point de vue de la colonisation, latransportation est appelée à rendre de très grands services, mais seulement s'il est tenu compte des conditions climatériques et économiques des pays qui la reçoivent et si elle est employée concurremment avec l'immigration dans les régions peu peuplées.

Voici, à cet égard, le programme qui me paraîtrait pouvoir être adopté ;

Nos possessions d'outre-mer susceptibles de recevoir les forçats parce qu'elles présentent de grands travaux d'utilité publique à entreprendre, une population et des ressources insuffisantes pour les accomplir, peuvent se diviser en deux groupes, eu égard à Tacclimatement des condamnés de race caucasique: le premier comprenant la Nouvelle-Calédonie, Taïti et la plupart des îles françaises de TOcéanie où l'homme blanc peut vivre d'un labeur manuel, et, dans ces conditions, prospérer ; le second dans lequel il faut classer la Guyane, le Soudan, le Congo ^ etc., où l'Européen est tenu à des précautions hygiéniques qui ne peuvent se concilier qu'avec un travail intellectuel.

Au premier groupe seraient réservés, comme celaalieuaujourdhui pour la Nouvelle-Calédonie, les condamnés les meilleurs, ceux qui ont été frappés pour crimes passionnels ou militaires, occupés pendant la période de répression aux travaux d'utilité publique, routes, canaux, défrichements de terre et constructions de cases pour les colons, etc., ils feraient ensuite d'excellents concessionnaires, à condition de n'être pas isolés, de ne pas former une agglomération à part,

d'être, au contraire, placés au milieu d'immigrants nombreux que Ton devrait recruter en Europe autant que possible.

Le deuxième groupe recevrait les criminels les plus endurcis que Ton emploierait aux mêmes travaux d'utilité publique ; mais, pour eux, la mise en concession, l'assignation, seraient des faveurs tout à fait exceptionnelles et leur mariage ne serait jamais autorisé qu'avec des femmes de races de couleur, De même, les travailleurs libres indispensables pour exploiter les terrains préparés par la transportation devraient venir de l'Asie pu de l'Afrique.

Mais les colonies dont nous parlons étant pauvres, en voie de formation, sont incapables de fournir les ressources nécessaires pour l'exécution d'un pareil programme; il faudrait donc considérer la main d'œuvre des condamnés comme une subvention matérielle qui leur serait accordée. Tout au plus pourrait-on compter sur les budgets locaux pour résoudre la question capitale de l'immigration.

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