‹ Questions constitutionnellesChapitre 6 sur 22 · CHAP. U. DU SUFFRAGE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

CHAP. U. DU SUFFRAGE UNIVERSEL

nationale bien commandée. Le corps électoral le mieux composé serait sans doute la réunion de ces véritables élus du peuple.

On dit beaucoup qu'il importe de diminuer la concentration administrative, en maintenant dans toute son intégralité le pouvoir politique central. On n*a peut-être point assez réfléchi que les intérêts gérés par Tadministration sont précisément le point de contact du peuple avec la politique. C'est par là qu'elle lui importe ; c'est par là , et dans cette mesure, qu'il en peut avoir l'intelligence. Séparer l'administration du gouvernement, laisser la commune dans une autre région que l'Etat , telle est la faute qu'on a pu reprocher à notre organisation. Si l'on veut faire circuler la vie politique dans toutes les veines du corps social, il faut que de proche en proche les moindres intérêts locaux se rattachent, par l'élection , au gouvernement des affaires publiques. C'est alors qu'on ne parlera plus injurieusement d'un pays légal, renfermé dans sa sphère, où ne pénètre pas Texpression des pensées et des besoins populaires.

De prétendus amis de la liberté ont parfois montré beaucoup de dédain et d'opposition à l'esprit de localité, aux influences de clocher. C'est par la commune et le clocher que la majorité des citoyens ont le sentiment de la patrie. C'est là qu'ils sont euxmêmes, ayant une opinion et des sentiments qui leur sont propres. A la vérité, sur ce terrain ils sont

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moins accessibles aux suggestions. On les enrôle moins fecilement dans les intrigues électorales , tramées loin d'eux, par les passions d'un parti ou les ambitions d'une coterie. Pourquoi faudrait-il donner des facilités aux intrigues qui veulent les employer à leur service? Pourquoi asservir ou repousser cette population rurale, majorité de la nation? L'influence du clocher vaut bien Tinfluence de la rue; menar la charrue est tine aussi bonne éducation politique que lancef la navette.

Mais le suffrage universel direct a été employé dans des vues évidemment contraires à la sincère liberté des élections. Tout a été disposé pour faire prévaloir des influences étrangères à la population électot*ale. On ne lui demandait point des représeï^ tants; on voulait les lui imposer. La Gonvration elle-inéme avait eu plus de respect pour la vérité des suffrages. Elle statua , par sa Constitution de 1 793 , que chaque représentant serait élu par une cit^nscription électorale comprenant une population de i|n&Mnte mille habitants. Si ce mode du suffrage universel laisse encore subsister beaucoup d^bbjëtitiôhé , db moins les habitants de cette circbiiài^ption pourraient connaître le représentait quMls oiAt à choisir; ils sauraient qui il est, quelles sôât ses tnœui^^ ébl réputation, le degré d'estime dO&t ils le Voient entouré. Leur suffirage ne serait pbiût donné avec lin complet aveuglement ou une obëissdhce passive.

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