‹ Questions contemporaines (volume 2)Chapitre 27 sur 52 · P. 384 et suiv · texte numérisé non relu

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santé et la plus développée, « L'Université, en prenant l'antiquité classique pour l'objet cipal et presque exclusif des études , a pr< rendre un service inappréciable à la cïvilh ainsi qu'à la prépondérance imaginaire de la c française en Europe; elle insiste avec vanité bienfait, pour soutenir les intérêts de sa domi absolue ; et pourtant il est certain qu'au fon n'a pas la juste conscience des vraies études de maniste. Elle entasse avec surabondance la m classique, mais sans la vivifier par l'esprit litté les formes antiques circulent journellement e sent de main en main ; mais le sens du beau a manque profondément ; on rassemble laborieus des pierres polies pour la construction, mais ; elles ne s'élèvent en un édifice harmonieux; j on ne passe d'un aride exercice d'intelligence nourriture vitale de tout l'homme spirituel. T borne à des applications étroites et mesquine: lieu de fortifier les facultés intellectuelles, a d'un développement où la beauté de la forme en harmonie avec les progrès de la raisoi acquiert seulement une habileté singulière déguiser à soi-même et aux autres le vide pensée sous une forme creuse, éblouissante et peuse. On s'imagine conserver et continuer lei

ditions philologiques de Port-Royal ; on promet à la nation des fruits comparables à ceux qu'a produits cette vigoureuse école, un nouveau siècle d'or en littérature ; mais on ne s'aperçoit pas que, de toute cette culture classique, on a saisi l'écorce et non le fruit, en sorte qu'au lieu d'élever l'âme, cette culture n'aboutit cpi'à empirer le mal d'un siècle tout extérieur et profondément atteint de matérialisme. Un esprit étroit et formaliste est le trait caractéristique de l'enseignement en France; ce n'est pas une vraie culture de l'esprit; c'en. est la caricature.

« S'il faut conserver aux études classiques, dans l'éducation de la jeunesse, la prééminence que, durant des siècles, elles ont obtenue à bon droit et pour le salut des peuples; si elles doivent résister aux assauts d'un matérialisme impatient et uniquement attentif aux intérêts immédiats, elles dont l'action est presque entièrement désintéressée, il est absolument nécessaire que le vrai caractère, les avantages essentiels et profonds d'une telle éducation sortent d'abord pour les maîtres eux-mêm^s du nuage d'un respect traditionnel et deviennent une conviction profonde. On n'entraînera pas la société sceptique avec de vaines phrases, contre lesquelles le premier argument palpable des réalistes aurait trop

facilement raison. Il faut pardonner aux gei monde de méconnaître le prix de l'éducation sique, de préférer pour la jeunesse l'étude des ratures modernes à celle des langues morte; s'imaginer mieux connaître les chefs-d'œuvi l'antiquité au moyen de bonnes traductions par une étude de dix années ; tous ces facile guments ont gain de cause, si on ne leur o qu'une prétendue pédagogie, au fond tout banale, qui ne traite pas les langues anci autrement que les langues modernes, qu moins pénétrer dans l'esprit des anciens, da développement harmonieux de leur pensée, q le ferait une traduction supportable, qui enf repose sur aucune idée saine des lois de la gyi tique intellectuelle, sur aucune étude approi du développement lent et graduel des faculté qu'il doit résulter des études littéraires.

<( On entend répéter de toutes parts des pi stéréotypées sur la beauté et la simplicité des é classiques et sur leurs avantages pour le dével ment intellectuel ; mais, au delà de ces phrast delà des lieux communs généralement répa on ne trouve dans la conscience et dans la tique de la plupart des maîtres aucun prii aucune étoile conductrice. L'étude des langue

ciennes, de moyen qu'elle était, est devenue la fin de l'éducation ; d' œuvre patiente qu'elle devait être, elle est devenue un pur çxercice mécanique pour acquérir une routine tout artificielle. Tandis que l'avantage spécial de l'étude d'une langue morte est d'être une logique pratique, par l'analyse qu'elle exige des formes du langage, et que, par conséquent, il s'agit, dans ce premier travail, non d'écarter les difficultés, mais d'apprendre méthodiquement à les surmonter, qu'il ne s'agit point, dis-je, d'abréger la route, puisque, en un sens, la route est elle-même la fin et le but, tout l'art de l'enseignement classique en France consiste à faire arriver le plus promptement possible à l'intelligence facile des auteurs, ou à un style agréable en latin ; et cela, en éludant toutes les difficultés grammaticales et logiques. La grammaire devient ainsi un recueil de procédés et d'artifices pratiques, fondés bien plutôt sur l'analogie extérieure que sur la nécessité rationnelle; l'exemple, au lieu de ne faire qu'éclaircir la règle, devient le principal, la règle ne servant qu'à éclaircir l'exemple. La traduction en langue ancienne est Jbien moins une application intelligente des règles qu'une réunion machinale de phrases apprises par cœur, un travail tout aveugle. Dans l'explication des auteurs, on néglige le soin

de pénétrer le développement de la pensée, et recherche qu'une élégance suspecte dans le français. Envisageons en détail la nature d enseignement pseudo-humaniste ' . . . »

M. Hahn examine de ce point de vue tout

(branches de notre enseignement classique. Les é grammaticales sont de toutes les plus maltra l'auteur s'élève avec force (et ici, il faut l'a\

Javec quelque raison) contre le tour mécaniq la méthode extérieure de nos rudiments, c l'usage du « mot à mot » et les « cahiers d'ex sions ». Il se révolte contre les « que retrancl les « de qui peuvent se tourner par qui s'appe et autres recettes du même genre. 11 voudrai méthode philologique, et la substitution d'ui vrage élémentaire analogue à la Méthode latù M. Burnouf (plus conforme elle-même aux m des allemandes) à la grammaire artificielle et logique de Lhomond. Cette partie du trava M. Hahn (p. 386-A02) est pleine d'observation* ou moins sévères, mais toujours originales, e l'habitude seule nous empêche de faire. L'usag vers latins réveille sa verve et son antipathie c les habitudes un peu extérieures de notre éduc

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