Histoire littéraire de la France, t. XTX, p
bûcher. Le christianisme, avec sa tendresse i pour les âmes, a créé le type fatal d'une tyr spirituelle, et inauguré dans le monde cette redoutable, que l'homme a droit sur l'opinion c semblables. L* Église ne se fit pas l'État, mai força l'État à persécuter pour elle. Si le bras séi exécutait la sentence, le prêtre la prononçait.
Tout en peignant les persécutions de l'empire n'avaient pas la prétention de s'exercer au nom vérité, sous les couleurs les plus justement odk le christianisme occidental fut donc en réali moyen âge une religion armée, violente, impéri ne souffrant pas de discussion» Un tel système mieux pour la moralité générale de l'espèce maine que le système romain, où l'État crè religion, et que le système musulman, où la re] créait l'État; mais, en réalité, il était le plus de tous : il fit de l'Europe latine, au xm1 ( xive siècle, un champ de tortures; il était en flag contradiction avec les principes élevés dont Fî gile gardait le secret. Une protestation sortie de traUles mêmes du christianisme éclate au xviesi un troisième type de société chrétienne se cons et annonce la prétention de revenir à la prin liberté. Certes il s'en faut que cette prétentio dès lors justifiée ; le protestantisme, outre beau
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d'actes de violence qu'il eut à se reprocher, put sembler d'abord n'être que le retour à des idées moins pures sur les rapports de l'Église et de l'État Le luthéranisme mit la théologie dans la main des princes allemands ; le calvinisme, dans sa cité idéale de Genève, fonda la république sur la religion. En Angleterre, en Suède, la réforme officielle n'aboutit qu'à des Églises nationales absolument dépendantes du pouvoir civil. Néanmoins le principe qui était l'âme cachée du mouvement nouveau, l'idée d'un christianisme libre que chacun crée et porte dans son cœur, se dégage peu à peu. Les sectes dissidentes dans le sein de la Réforme, presque aussi vivement persécutées par les Églises protestantes officielles qu'elles l'eussent été par les catholiques, maintiennent et propagent cette idée avec une admirable ténacité. De nos jours, elle éclate et triomphe sur tous les points du' monde protestant. Une foule de sociétés chrétiennes, n'ayant aucun lien ni avec une Église centrale ni avec l'État, existent et fructifient. L'Amérique nous présente ce système érigé en loi constitutionnelle. Ainsi le protestantisme, après trois siècles d'hésitations, arrive à réaliser le programme dont il avait prématurément annoncé l'accomplissement. Il est revenu vraiment à la liberté des premiers siècles, dont toute trace avait disparu depuis
le jour où Constantin commença à s*di théologie.
église libre, comme dans les trois premi comme de nos jours en Amérique ; — Ég] dante de l'État, comme en Russie* comme — Église séparée de l'État, centralisée i traitant avec l'État de puissance à puissan dans les pays catholiques : telles sont doi formes sous lesquelles le christianisme s' rapport avec les sociétés humaines. YoyoJ de ces trois formes semble le mieux se tendances de la pensée moderne vers u liberté, de douceur de mœurs, <Tinstruc moralité.
Au plus bas degré, il faut placer sans c système qui fait de l'Église une fonction de effets de ce système sont fort divers selon même des gouvernements auxquels l'Église assujettie. Assez avantageux dans les pi gouvernements n'ont qu'une action trèsest fatal dans les pays despotiques. En I amené les derniers excès de la servilité russe, humiliée, pauvrement recrutée, s apparent de progrès, se traîne dans les du christianisme et presque à sa limite. C d'hommes distingués qui soient sortis de
En Suède, l'Église d'État aboutit à une intolérance choquante et à une assez grande médiocrité. En Angleterre, l'Église officielle, après avoir été odieusement persécutrice à la fin du xvie* siècle et au xviie, est arrivée depuis longtemps à un état de nullité assez inoffensive. La paresse et les aj)us y régnent dans une parfaite quiétude; Oxford, jusqu'aux remarquables mouvements de ces dernières années, le disputait à Rome pour l'absence de critique et l'obstination des partis pris. Heureusement, des germes d'un bien meilleur avenir se font jour çà et là, et de plus, mérite immense et sans égal! cette Église officielle, opulente, patronnée par l'État, réunissant les suffrages de la majorité, ne persécute plus les dissidents; elle n'est d'aucun obstacle à la liberté. — Dans les petites principautés d'Allemagne, la dépendance de l'Église, après avoir produit au xvne siècle un état intellectuel assez effacé, a eu plus tard d'excellents effets. Grâce à la largeur de^J' esprit germanique et à l'intelligence remarquable des princes allemands vers la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci, grâce peut-être aussi à ces riches facultés spéculatives que l'Allemagne semble expier par le manque d'influence politique S