‹ Questions contemporaines (volume 3)Chapitre 12 sur 71 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

gène fuira à un pôle, l'hydrogène à l'autre. Le catholicisme »ne peut désormais avoir d'hérésies ; mais il n'en est que plus exposé aux schismes. La centralisation du catholicisme est devenue telle, qu'un schisme s'opérant du vivant d'un pape est chose impossible. L'angoisse desconsciences séparées serait trop grande. Mais que le vrai pape devienne douteux, que les consciences de part et d'autre aient des raisons pour croire à des papes différents, et on se précipitera dans la séparation en parfaite sûreté de ' conscience. Le conclave est ainsi une porte ouverte ' à tous les hasards; la grande faiblesse de la papauté est là. Un pape assis sur la chaire de saint Pierre (tout apocryphe qu'elle est) peut défier les attaques; mais dans les interrègnes rien n'est impossible. On a vu un conclave nommer pape le complaisant du roi qui venait de souffleter la papauté; on a vu le pape ainsi nommé (Clément V) biffer sur les registres du' Vatican les actes du pape inflexible et souffleté (Boniface VIII).

Deux des articles reproduits en ce volume appartiennent aux premiers essais que j'imprimai dans la Liberté de penser ^ et que je ne renie pas, bien

ivi PRÉFACE.

que j'aie adopté depuis une autre manière d'écrire. L'un de ces articles m'a semblé rendre assez bien les sentiments qu'un jeune homme put éprouver durant les funestes années qui suivirent 18&8, années où une réaction inintelligente parut adopter pour devise : « Laissez toute espérance. » Au moment où nous voyons se reconstituer sous nos yeux, par la coalition de tous les préjugés français , la majorité que nous avons connue alors, de telles pages peuvent être utiles. Cette honnête, irréprochable, mais imprévoyante et superficielle révolution de 1848 eut pour conséquence, au bout de moins d'un an, de donner le pouvoir à l'élément le plus pesant, le moins clairvoyant, le plus obstinément conservateur de notre pays. Une échappée se fit vers 1859 dans cette atmosphère comprimée, par les vues personnelles de l'empereur Napoléon III, lesquelles étaient loin d'être simplement négatives comme celles de la majorité conservatrice. La majorité conservatrice avait cru rencontrer dans le prince Louis -Napoléon l'instrument le plus énergique de réaction ; mais, peu pénétrante, elle s'était trompée; il se trouva que celui qu'on avait choisi pour comprimer toute idée

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