XXVI PRÉFACE
la liberté, condition essentielle de tout bien; voilà ' ce qui serait la bonne politique. Le reste ne sera qu'expédient d'une médecine aux abois. La maladie de ce pays est profonde; il faut toucher à l'essence même de son tempérament.
Les forces de la France sont infinies^ mais elles s'étouffent faute d'air libre et d'espace. Redoutons un de ces accès périodiques où notre nation comme en délire semble vouloir se décapiter elle-même, et rejeter hors d'elle la partie la plus noble de ses enfants. Réprimons ces accès malsains d'amour-propre national qui nous font croire que la puissance d'une nation repose sur la division et l'affaiblissement de ses voisins. 11 ne faut pas pousser le principe des nationalités jusqu'à la subtilité ni jusqu'au fanatismj&. Mais, du moment qu'on a rejeté le principe du droit divin des dynasties, il n'y a plus de solide que le principe du droit des peuples; or, les peuples n'ont d'existence qu'en tant qu'ils sont des groupes naturels formés par la comipunauté approximative de race et de langue, la communauté de l'histoire, la communauté des intérêts. Au lieu de se haïr et de se contrarier, que les nations s-'étudient