‹ Questions contemporaines (volume 3)Chapitre 67 sur 71 · Conc. Later, /K, can · texte numérisé non relu

Conc. Later, /K, can

2. Un pieux historien de TÉglise ajoute à Texposé de ces faits ]a réflexion suivante : « L'Église avait alors ces droits et cette autorité, puisqu'elle en usait souverainement, et elle les conserve toujours,

Les catholiques, quaod on leur parle de ces persécutions, répondent que l'Église n'a jamais versé le sang, que les princes séculiers sont seuls responsables de telles rigueurs *. Que n'ajoute-t-on aussi que rÉglise obligeait les princes à ces rigueurs sous les peines les plus terribles, qu'on les excommuniait, déposait, traitait comme hérétiques, s'ils n'obéissaient?

Nous craindrions d'accumuler des preuves superflues en citant un grand nombre de passages pour prouver aux orthodoxes que leurs pères dans la foi ont été de zélés inquisiteurs. Saint Augustin est un de ceu* qu'on est le plus étonné de trouver au premier rang dans la liste. Après avoir d'abord été opposé à ces mesures de rigueur, il fut un des plus ardents à les provoquer contre les donatistes *. « Eh quoi 1 disait énergiquement Pétilien, le service de Dieu exige peut-être que vous nous assassiniez de votre main I Vous vous trompez, méchants ; Dieu n'a

quoiqu'elle ne Juge pas devoir en user aujourd'hui comme autrefois. » « Devoir » en pareil cas signifie « pouvoir ». Hist. de l'ÉgL, par le baron Henrion, t. V, p. 263.

i. C'est la réponse de M. de Maistre dans sa Lettre à un gentiU hom/ne rttsse sur Vinquisition espagnole, et de M. Lacordaire, dans l'ouvrage précité. Les vrais orthodoxes, au contraire, reconnaissent franchement le pouvoir immédiat de l'Église.

% Voir Fleury, Hist. eccl, 1. XXIII, n°' 39 et suiv.

pâs de bourreaux pouir ministres. » Augustin répondait : «Pourquoi, par le moyen de la puissance établie, l'homme pieux ne chasserait-il pas l'impie, et l'homme juste l'injuste?.,. La seule chose qu'il faille examiner» c'est de savoir si c'est à bon droit ou à tort que vous vous êtes séparés de la communion universelle. Car, si nous trouvons que vous vous êtes séparés par impiété, ne soyez plus surpris que les ministres né manquent pas à Dieu pour vous châtier ; dans ce cas, vous ne souffrez pas la persécution de nous, mais, comme il est écrit, de vos propres œuvres*. » — « Parménien, dit-il ailleurs, ose se plaindre de l'ordre de Constantin de conduire au camp, c'est-à-dire au supplice, les donatistes qui, convaincus devant les juges ecclésiastiques, ne pourraient pas prouver devant lui ce qu'ils disaient... Quelle injustice peut-il y avoir dans les peines que souffrent en punition de leurs péchés et par ordre de là puissance ceux que Dieu avertit par ce jugement présent et par ce châtiment de se soustraire au feu éternel? Qu'ils prouvent d'abord qu'ils ne sont ni hérétiques ni schismatiques, et qu'ils se plaignent ensuite d'être punis injustement. »

Ces mesures de coaction étaient déjà très-com-

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