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verdté» L*éducation de famille loi paraît tout sim* plement impossible, puisqu'à l'entendre, il n'y a plus de famille en France. Voici à ce sujet ses paroles ; inutile d'en relever l'exagération : « La France moderne ne connaît plus k famille. Pour que l'éducation paternelle fût désirable et féconde en résultats, il faudrait que les relations domestiques fussent rétablies dans leur état normal, et que, grâce à l'union intime et à l'amour sincère des époux, tous les ger* mes de vertu et de sainteté pussent être l'objet d'une culture assidue. Mais qui oserait prétendre qu'il en est ainsi de nos jours en France? Qui ne sait que la vie conjugale est tombée si bas en ce pays, que c'est à peine si l'on y conserve encore la conscience des devoirs qu'elle impose, que c'est à peine si l'on y peut rendre l'individu responsable de ses égarements personnels, parce que, dans l'atmosphère empestée où chacun apprend à penser et à sentir, il respire avec le souffle vital la frivolité des sentiments et l'indifférence morale ? Si la vie domestique est ainsi attaquée des vers à sa base même, qui pourrait s'étonner que l'éducation de famille soit devenue impossible ? Les parents ne voient dans les enfants, aussitôt qu'ils sont en âge de réfléchir, que des témoins incommodes de leurs infidélités réciproques, et n'ont rien de plus pressé que de s'en débarrasser. Ainsi les
collèges et les pensions s'enrichissent grâce & rim-* moralité des familles ^ s
Gomment T Université 8*acqttittd-t-«lle de la tâche difficile de suppléer à l'éducation paternelle? s le crois, dit H. Hahn, qu'elle n'^n a compris ni le sé^ rieux ni la grandeur» Dans Tenseignemeutt nous avons trouvé de fausses méthodes, un faux système à criUquer, mais dans ce système beaucoup de force, une action énergique et puissante ; quant à l'éducation, elle est absolument nulle. L'éducation dans l'Université est une pure discipline. Au premier coup d'oBil, tout est parfait ; l'ordre extérieur est irréprochable I la tenue des élèves, la ponctualité, la régularité des exercices ne lussent rien à désirer; durant les heures de travail, le silence est mûntenu avec rigueur; durant les heures de récréation, les conver« estions obscènes, la grossièreté de maurs sont pu* nies ; aucun symptôme de dépravation ne se montre. Sous ce rapport, TUniversité porte encore aujourd'hui Tempreinte de son origine impériale. Napoléon, qui voulait en toute chose unité, ordre et obéissance, qui visait à ce que la France, comme un vaste camp, ne connût qu'une seule volonté, ne lûssa point échapper Toccasion de dresser militûrement la Jeu'
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06886 ; l'idéal de Tiostruction publique fut à seByeux une discipline sévère et presque rudet comme celle du soldat. Dans chaque exercicoi il voulut l'exactitude de la caserne et du champ de bataille; le règlement d'un collège fut celui d'un régiment; les élèvfts eurent plutôt des supérieurs que des éducateurs; ils trouvèrent môme parmi leurs camarades des sous-officiers et des caporaux { partout les règles de la subordination et la prérogative du commandement. Une éducation plus complète, conçue d'après des principes plus élevési capable de développer les nobles facultés» de réveiller l'indé-* pendance de la pensée et de donner à chacun la conscience de son droit» eût formé une génération comme le despotisme impérial n'en voulait pas. -*« Jamais la discipline ne remplacera l'éducation véritable : la discipline peut refréner les passions» mus non lea diriger en les épurant ; la discipline sur^* tout ne peut entretenir les inclinations vertueuses et les bons principes» qui seuls donnent à U vie morale une base solide» une direction assurées elle ne four-nit aucun contre-poida contre l'influence secrète des vices contagieux de la haute société. Aussitôt que la contrainte disparalti aussitôt que le jeune homme jouit de sa liberté» il laisse un libre cours à ses premiers penchants» qui ne sont pas étouifés» et à ses
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Qouvelles passions, auxquelles nulle conviction morale ne met un frein ^. » '
(c Je ne pense pas, dit ailleurs H. Hahn, que le plus grand nombre des élèves des internats y deviennent profondément immoraux, ni qu'ils en sortent plus corrompus qu'ils ne l'eussent été dans la maison paternelle; mais il est certain qu'ils n'en rapportent dans le monde aucun principe, aucune conviction qui puisse les mettre en garde contre l'abus de la liberté dont ils vont jouir, et contre la séduction des vices de la société. Dans un tel système d'éducation publique, la moralité de l'individu n'a plus aucune base ; nous ne devons donc pas nous étonner que les mœufs publiques présentent tous les jours en France un spectacle plus affligeant. Gomment l'égolsme, la cupidité, la frivolité, ne deviendraient-ils pas le levier de toute chose, si aucun mobile plus noble, plus désintéressé, n'est implanté dans l'âme de la jeunesse? On dit que l'Université s'appuie sur le sentiment de l'honneur, et par là développe un des ressorts les plus puissants qui poussent aux nobles actions; c'est là une erreur; l'Université excite et surexcite, il est vrai, l'ambition, qu'elle dirige vers les résultats extérieurs, mais