PRBFAGE DE MASQUES ET BOUFFONS
sions et des fantaisies, des qualités et des travers de son peuple.
Ce besoin de personnifier les divers instincts naïfs ou faussés de Têtre humain dans des types qui se sont appelés Arlequin, Polichinelle, Cassandre, le Capitan, Pierrot, etc., est donc devenu commun aux deux nations à une certaine époque, à ce point qu'on a pu dire et qu'on a dit : « la comédie italienne-française ». Mais nous ne devons jamais oublier que la priorité de ce calque ingénieux et piquant de la nature appartient à ritalie, et que, sans ce riche et curieux précédent, Molière n'eût pas créé la véritable comédie française.
C'est que la commedia deWarte n'est pas seulement rétude du grostesque et du facétieux. Ce n'est pas seulement non plus l'école des grâces et des gentillesses populaires représentées par certains types aimables ; c'est surtout l'étude des caractères réels, poursuivie depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, par une tradition ininterrompue de^ fantaisies humoristiques^ très-sérieuses au fond, et l'on pourrait dire même très-mélancoliques, comme tout ce qui met à nu les misères de l'homme moral. Il semble que Démocrite n'ait ri que pour justifier les pleurs d'Heraclite.
Il y a donc toujours eu enseignement de mœurs dans toute représentation scénique, tragédie ou atellane, œuvre littéraire ou farce de tréteaux. On peut même croire que la^ forme la plus efficace a dû être la forme la plus populaire, celle qui, appelant toutes les classes par la franchise de sa gaieté et la simplicité de ses données, a signalé de la manière la plus saisissante à la risée publique, les travers de tous les âges de la vie et de toutes les conditions sociales.
Tout en s'aidant des excellentes recherches de ses
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contemporains, YsLUi&nr a cotnplété et reconstruit ati* tant que possible, par des investigations personiiBlles et par des documents transmis oralement, Fhistoire des types de la comédie italiëfltie, stvattf et depuis l'apparition de certains d'entre eux eti ftsEncé. Sels dessins sont le tésultat de minutieuses ifecherchcs, et devront, à ce titre, intéresser les amateurs de théâtre et le public, devenu savaût sur tous ces détails dont nos pères faisaient si bon marché, alors qu'on représentait les héros de l'antiquité en poudre et en talons rouges. Ce qui, pour notre compte, nous a vivement intéressé dans l'œuvre de M. Maurice Sand, c'est la découverte d'un personnage qui nous était absolument inconnu, et qui, probablement, sera nouveau pour un certain nombre de lecteurs. Nous voulons parler de Ruzzante^ type d'un persoftnage btfrlesque, créé, porté et joué' par un bouffon de la Renaissance, qui avait en lui, à son insu, du Shakespeare et du Molière. Nous nous sommes beaucoup plu aussi à la filiation établie entre les divers niasques de la comédie italienne, et, par conséquent, à un classement ingénieux des personnages de cette œuvre mystérieuse appelée les Petits danseurs der Gallof. En somme, nous avons appris là beaucoup de' choses, et nous ne croyons pas être les s'euls qui trouveront du profita cette lecture, si atgréablement illustréerpar un artiste que nous aimôni^^