LA COMMUNE. — CE QU'ELLE DEVRAIT ÊTRE
La Commune I Ce qu'il y a au fond de ce mot, c'est l'association; ce qu'on a voulu y voir, c'est l'individualisme.
De ce renversement d'idées sont nés les raisonnements les plus bizarres et les plus graves erreurs. Chose singulière 1 les adversaires les plus fougueux de la Commune se sont déclarés les champions de l'unité; et c'est au nom de la liberté seulement que les défenseurs, de la Commune ont osé plaider sa cause! C'est sur les libertés municipales qu'a presque toujours porté la discussion, et la nécessité de Vassociation municipale n'a été que très accidentellement invoquée.
Qu'on lise ce qu'a écrit sur les municipalités un des publicistes les plus distingués du libéralisme. Benjamin Constant, et on verra de quelle étrange façon les publicistes de cette école comprennent les conditions de l'existence communale. Le droit individuel, voilà
leur point de départ ; la nécessité des garanties que réclame la liberté ^ voilà ce qui compose le fond de tous leurs raisonnements.
Eh bieni tant que la discussion restera établie sur un pareil terrain, le problème de l'organisation communale sera insoluble, ou ne recevra que des solutions funestes.
Qu'est-ce que la Cîommune? Son existence est-elle nécessaire? Son individualité n'entraîne-t-elle pas son indépendance? Son indépendance peut-elle se concilier avec ce principe d'unité qui doit dominer toute société fortement organisée? Toutes ces questions sont de la plus haute importance ; nous leur consacrerons un examen sérieux et approfondi.
Dans Tordre des idées sociales, la Commune tient le milieu entre la famille et TEtat. De même que c'est par l'éducation domestique que l'homme se prépare à la vie communale, de même c'est par l'éducation communale qu'il doit être initié aux devoirs de la vie politique. Brisez un seul des anneaux de cette chaîne, vous faites disparaître une des transitions qui font passer l'homme de l'état d'individu à celui de citoyen. Que ces gradations paraissent inutiles à certains publicistes, nous avons quelque peine à le concevoir. Les obligations sociales ne sont pas tellement simples, elles ne se concilient pas si facilement avec le principe d'égoïsme aveugle qui est au dedans de nous, qu'on puisse repousser dédaigneusement l'initiation aux
sa.
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saintes maximes du dévouement. D'ailleurs, les affections humaines ne sont pas assez vastes pour embrasser dès Tabord l'humanité tout entière. C'est en se fixant sur les objets qui sont le plus à leur portée qu'elles acquièrent de Ténergie, de l'étendue. Leur force d'expansion demande à être développée, et ne saurait se manifester spontanément. Quoi qu'il en soit, les publicistes que nous combattons ne peuvent pas s'arrêter à la négation de la Commune. La logique de leur système les pousse irrésistiblement à la négation de la famille. L'unité ainsi étendue, c'est le Saint-Simonisme.
L'existence de la Commune admise, sur quoi reposera son individualité ? Cette question ayant été singulièrement obscurcie par des mots qu'on a employés sans les définir, nous commencerons par en poser nettement les termes.
C'est au nom du principe de l'unité qu'on a attaqué la liberté communale; c'est au nom de ce principe^ convenablement appliqué, qu'il fallait, au contraire, la demander et la défendre.
On a confondu deux choses bien distinctes : l'unité politique et Tunité sociale. De ces deux principes^ le premier doit servir de garantie au second. Là où le premier règne seul, il y a despotisme ; là où le seeoBd 2>eul eù^^ il y a bientôl dislocatk)n*et anarchie.
Mais en quoi oonsiste rnnité sociale ? Ceci demande quelques iolairassemeuts.
Penser, vouloir et agir en commun, voilà ce qui constitue l'asHOciation dans ce qu'elle a de plus rigoureux et de plus large. L'association proprement dite ne peut donc exister sans liberté d* action^ et pour qu'elle conserve toute sa force, il faut qu'elle ne sorte pas d'une sphère limitée d'intérêts et de besoins, car le mode d'existence en commun suppose des relations fréquentes, habituelles, journalières presque. Ces relations composent le fond de l'existence de la Commune ; les intérêts sur lesquels portent ces relations habituelles forment les éléments de l'individualité communale, et cette individualité ne peut se révéler que par la liberté.
Si donc on admet que Tunité sociale ne saurait avoir d'autre base que l'association, ce qu'il est presque futile d'énoncer, tant la chose est incontestable, il faut reconnaître la nécessité de constituer la société par associations, et par associations libres de régler les intérêts qui naissent de rapports journaliers, fréquents, immédiats^ en leur imposant la loi de laisser à une autorité supérieure le soin de régler les rapports plus médiats et plus éloignés.
Cette doctrine, comme on voit, n'admet aucune opposition réelle possible entre les intérêts généraux et les lùtéTèii particuliers.
Pour établir l'utilité de l'existence communale, Benjamin Coùstant est parti de ce point de vue que, dans une société, Hnâividu a des intérêts qui ne re-
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gardent que lui, et que les fractions de la société ont des intérêts qui ne concernent en rien la société tout entière.
Rien de plus faux, suivant nous, qu^une pareille théorie, et rien de plus dangereux.
Il n'est pas un seul acte de rindividu qui, attentivement analysé, puisse laisser indifférente la société à laquelle cet individu appartient. Tout intérêt particulier se lie intimement à la satisCsu^tion de l'intérêt général ; et l'intérêt général lui-même n'est-il pas une vaine abstraction, si on veut trouver autre chose que le résultat de la combinaison, de la fusion des intérêts particuliers?
Qu'on ne s'y trompe pas : cette discussion n'a pas seulement une valeur grammaticale ou métaphysique. Savez-vous ce qui en résulte ? Que presque toutes les communes, en faisant leurs affaires, feront celles, de l'État. Et ainsi s'écroule le système de ceux qui supposent entre le pouvoir municipal et l'autorité centrale une hostilité naturelle, qui n'a d'autre fondement qu'une erreur de langage. Ainsi tombe le sophisme qui consiste à faire passer arbitrairement dans les choses une opposition plus arbitraire encore introduite dans les mots.
Les communes une fois, constituées, de manière qu'elles puissent librement s'administrer, qu'on les unisse par des liens politiques fortement doués, et dont les extrémités se réunissent dans la main d'un
pouvoir œntral, Tunité sociale sera créée. Organisez maintenant ce pouvoir de telle sorte qu'il domine sans peine les associations diverses qui l'entourent ; donnez-lui pour mission spéciale d'empêcher que rhai^monie de l'ensemble ne se corrompe ou ne s'altère; pour lui faciliter Taccomplissement de cette mission, faites que, par ses représentants, il vive au sein de chaque commune pour en surveiller les mouvements, mais sans avoir le droit de les arrêter autre part qu'aux limites de la sphère administrative : si ces limites ont été sagement tracées, vous aurez fait de l'unité politique la garantie de l'unité sociale; vous aurez opposé une barrière au despotisme et une digue aux débordements de l'anarchie.
Dans rétat actuel des choses, la division communale est on ne peut plus défectueuse. Sur les trente huit mille communes dont la France se compose, il en est un grand nombre où on chercherait en vain les éléments d'un pouvoir municipal. La nécessité de modifier la division communale fut proclamée, en 1793, par Condorcet. Il est impossible de ne pas reconnaître cette nécessité; et c'est par là que doit commencer toute loi ayant pour véritable. but l'organisation des associations municipales.
Le principal vice de l'organisation municipale créée par l'Assemblée constituante consistait dans le caractère double et contradictoire attribué aux officiers municipaux. La Constitution de 1791 portait qu'il
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pouvait être délégué aux officiers municipaux, chargés de gérer les affaires particulières de la Commune, certaines fonctions relatives à Vintérêt général de l'État.
L'intérêt général signifiait ici le résultat des volontés de Taûtorité centrale ; et cette volonté, qui n'est pas toujours en rapport avec le véritable intérêt de tous, peut fort bien ne pas l'être avec celui de quelques-uns.
Or, après avoir établi de la sorte deux classes d'attributions qu'elle supposait de nature à se combattre, la Constitution de 1791 réunissait aux mêmes mains deux pouvoirs qui-devaient se trouver en lutte. Les inconvénients de cette bizarre confusion ne tardèrent pas à éclater. Le pouvoir hermaphrodite créé par l'Assemblée constituante ne pouvait remplir aucun des deux objets qui lui avaient été assignés. La force des choses devait l'entraîner, tantôt à sacrifier aux intérêts communaux la volonté du pouvoir central, tantôt à servir la volonté du pouvoir central aux dépens des intérêts communaux.
Toujours est-il qu'il fallut revenir sur cette combinaison qui, .soit dit en passant, sert encore de base à notre système municipal.
En réunissant dans une administration collective, constituée en canton, toutes les communes dont la population était inférieure à cinq mille habitants, la Constitution de l'an HI voulait obvier aux inconvé-
nîents de la division communale alors existante ; mais, en respectant la règle qui veut qu'on mette les communes en état d'exercer les droits qu'on leur confère, cette Constitution viola une règle non moins importante, celle qui resserre l'association communale dans de certaines limites, pour lui laisser le caractère qui lui est propre. De cette première violation en naquit nécessairement une seconde: La Commune, en s'absorbant dans le canton, perdait son individualité. Le pouvoir communal, à son tour, perdait son caractère et acquérait une véritable importance politique. De là, pour l'autorité centrale, l'obligation de mettre sous sa dépendance une force qui pouvait devenir datigereuse ; delà l'institution d'agents qui, placés par le Directoire à côté de chaque municipalité, corrom {dirent les fruits du système électoral, et éteignirent autour d'eux tout mouvement.
Nous demandera-t-on maintenant sur quelles bases nous voudrions voir s*opérer la réforme communale ? On a pu déjà le pressentir.
On commencerait par procéder à une circonscription nouvelle. Parmi nos nombreuses communes, il en est de trop petites; il en est aussi de trop grandes. Dans les premières, il ne saurait y avoir ni vie ni mouvement ; les lumières y manquent ; on y chercherait en vain les éléments d'une autorité municipale suffisamment respectable et intelligente. Dans les secondes, le lien des communes habitudes, des rela-
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tioûs journalières, ne peut être assez fortement noué, parce qu'il embrasse un trop grand nombre d'individus. 11 faudrait donc avant tout corriger ce double abus, et cela au risque de briser quelques rapports déjà établis et quelques affections anciennes.
Le maire serait le gérant de la Commune, élu par elle, relevant d'elle spécialement; il cesserait de représenter, par je ne sais quelle absurde confusion, la Commune contre l'Etat, et TÊtat contre la Commune. La nomination des agents communaux lui appartiendrait exclusivement, et lui seul aurait le droit de les révoquer. Son autorité, sans être tout à fait indépendante, jouirait de toute la force, de toute la considération qui se puise dans un droit d'initiative bien reconnu. Les représentants du pouvoir central pourr raient intervenir au besoin, mais leur intervention n'aurait pas ce caractère systématique et cette permanence qui en font aujourd'hui une véritable tutelle, tutelle tracassière, jalouse, d'où sortent à chaque instant, comme d'une source empoisonnée, les conflits de prérogatives, les querelles de préséance, les misérables luttes d'amour- propre.
La puissance financière des conseils municipaux serait agrandie, fortifiée; et dans le règlement de leurs attributions, on ne partirait point de ce faux point de vue qu'il y a une hostilité naturelle entre ce qu'on appelle les intérêts particuliers et les intérêts généraux. Car cette hostilité, ce qui la crée précisé-
ment, c'est le dualisme que le système actuel établit dans chaque commune. Lorsque le pouvoir local aperçoit sans cesse au-dessus de sa tête un pouvoir qui se dit le représentant d'intérêts autres que ceux de la Commune, est-il surprenant qu'il résiste quelquefois et se défie toujours? De là des rivalités, des embarras sans nombre, des déchirements qui accoutument les esprits à voir les intérêts locaux dans tout ce qui n'est pas Tintérêt général, et à chercher sans cesse la Commune hors de l'État.
Les séances des conseils municipaux seraient rendues publiques. On habituerait de la sorte les habitants à s'intéresser activement à leurs affaires; on les initierait à la vie politique ; on établirait un équili- Hbre sg-lutaire entre le mouvement de Paris et celui de toutes les autres parties de la France. Aujourd'hui, grâce au déplorable mystère qui enveloppe la marche des autorités municipales, tout se décide, dans les communes, par des considérations mesquines; l'intérêt personnel est tout-puissant dans les conseils ; et il est' incroyable à quels motifs puérils et honteux tiennent souvent les décisions les plus graves. La publicité ferait justice d'un tel abus ; elle purifierait le pouvoir municipal tout en l'éclairant, et, en le contenant, elle le fortifierait.
Les sous-préfectures seraient complètement supprimées, comme une superfétation tout à la fois ridicule et coûteuse.
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Le pouvoir central serait représenté dans les communes par des commissaires dont le rôle serait non d'entraver l'autorité municipale et* de la dominer, mais de la surveiller. A dire vrai, nous ne concevons guère l'utilité des préfets. Nous voyons bien ces personnages parader, mais nous ne les voyons pas agir ; nous savons bien ce qu'ils empêchent et ce qu'ils coûtent ; mais ce qu'ils font et ce qu'ils valent, nous l'ignorons.
Est-il jamais arrivé à un département, je ledemande, de souffrir de l'absence de son préfet, ou, seulement, de s'en apercevoir? Ce n'est pas que la besogne manque... Mon Dieu I non. Les bureaux de préfectures ne sont-ils pas encombrés d'écritures et de correspondances, et de vérifications, et de tableaux? Mais que sort-il, et que peut-il sortir de ce pêle-mêle? N'entendons-nous pas chaque jour les administrés se plaindre de ce que justice leur est refusée, de ce que leurs réclamations les plus légitimes viennent expirer sans écho dans les antichambres, de ce que leurs droits dorment pour jamais dans la poussière des dossiers administratifs ? Et pourquoi ? Parce que de tous les obstacles à l'expédition des affaires, il n'en est pas de plus sérieux que la multiplicité des rouages. Pourquoi? Parce que tout mouvement déréglé empêche .l'action; que la confusion engendre l'impuissance, et que la confusion est là plaie de tout gouvernement paperassier.
Ce n*est pas nous, certainement, qu'on accusera de vouloir affaiblir la puissance de TÉtat. N'avons-nous pas réclamé, en faveur de l'État, la direction supérieure des esprits par renseignement ? N'avons-nous pas dit qu'à lui seul il appartenait d'ouvrir aux idées et à la civilisation les routes nouvelles indiquées par le génie? Qu'à lui seul il appartenait de disposer, au * profit de la société tout entière, des découvertes de la science, sauf à indemniser l'inventeur? Que lui seul devait ou pouvait changer les bases du monde écono« mique? Que l'unique moyen de détruire l'oppression dans les sociétés modernes était de substituer le crédit de l'Etat au crédit individuel, d'anéantir à jamais les lâches maximes du laissez faire, et de créer un pou- voir social assez fort, assez intrépide, assez honnête, pour se mettre résolument à la tête d'une grande révolution industrielle? Mais c'est précisément parce que nous voulons donner à l'État une puissance féconde, que nous verrions avec douleur cette puissance s'égarer sottement dans les détails. C'est précisément parce que nous voulons que la force du pouvoir s'applique à toutes les grandes choses, qu'il nous * déplairait de la voir absorbée par les petites. Il nous fendrait un gouvernement d'hommes d'État, et nous n'avons aujourd'hui qu'un gouvernement de commis l
Et remarquez bien à quel abîme nous pousse cette centralisation au rebours. Jusqu'ici, du moins, personne n'avait mis en doute que la France attaquée ne
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pût se défendre. Or, des hommes graves affirment que notre nationalité est suspendue à un fil. Et savez-vous la raison qu'ils en donnent? Elle vaut la peine qu'on la médite : « Dans trois bonds Tennemi est dans Paris, disent-ils: maître de Paris, il Test de la France entière. » Ainsi, voilà que d'un trait de plume ils font disparaître de la carte tout un grand royaume!
Eh bien I je dis que ces frayeurs sont fondées. Oui, ' on est parvenu à rapetisser la France jusqu'à la faire tenir dans l'enceinte de ce mur d'octroi dont on a fini par faire un rempart. Oui, on est parvenu à mettre, chose monstrueuse, un vaste royaume dans une ville de quelques lieues de circonférence. Et, comme on craignait pour cette ville, on e'est avisé de la fortifier. Courage I Pourquoi nous arrêter dans ce système d'amoindrissement? De la France nousavons fait Paris; de Paris faisons un fort. Une garnison à la place d'une société I Une forteresse à la place d'un royaume ! Voilà les nécessités du système I
Non, ce n'est point là une centralisation véritable. La centralisation véritable serait celle qui, au lieu d'entasser la France dans Paris, étendrait Paris, sans l'affaiblir, sur toute la surface de la France. S'il est vrai que la perte de Paris entraîne celle de la France, qu'en conclure, sinon que la fausse centralisation qu'on nous a faite n'a servi qu'à dépouiller la France des innombrables moyens de défense que la nature lui a donnés? Car enfin, n'avons-nous pas dans ce pays de puissantes
barrières naturelles, des montagnes inaccessibles, des fleuves profonds, des retraites assurées ? Eh bien I si, Paris au pouvoir de l'ennemi, rien de tout cela ne doit plus nous servir, qu'en conclure, encore une fois, sinon qu'il y a au fond de notre société un principe d'aflEaiblissement continu, de dépérissement, un principe de mort ?
Il faut en revenir à de plus saines doctrines. Paris doit être partout où battent des cœurs français. Paris doit être au pied des Alpes et au pied des Pyrénées. Il doit toucher à la fois à la Méditerranée, au Rhin et à l'Océan. —Le moyen pour cela? 11 est bien simple. Il s'agit de faire naître partout un peu de la vie de Paris. On y peut parvenir par une vigoureuse organisation dé la Commune.
Et je ne saurais trop le répéter : la Commune représente l'idée d'unité tout aussi bien que VÉtat. La Coms mune, c'est le principe d'association ; VÉtat, c'est le principe de nationalité. VÈtat^ c'est tout l'édifice ; mais la Commune, c'est la base de cet édifice.
Organisez la Commune d'après des vues d'ensemble, et vous aurez rendu le pouvoir central d'autant plus respecté, d'autant plus fort, que son activité n'aura rien d'étouffant, et son action rien d'aveugle.
Alors sera créé ce lien moral qui fait la durée des empires. Alors, si jamais nos frontières étaient dépassées, la patrie sera défendue sur tous les points du sol. Alors elle aura, pour vaincre par son désespoir, à
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défaut de Paris et de la Seine, toutes ses villes, toutes ses montagnes, tous ses ravins, tous ses fleuves, tous ses enfants ; et nul Français ne pourra venir dire, en découvrant aux yeux de l'ennemi la poitrine de la France : Voici l'endroit mortel, nous tremblons que vous ne frappiez là !