SE MAINTENIR AU PODVOIR, IL FAUT SE METTRE A LA TÊTE DES
IDÉES DE SON SIÈCLE. Mais d'abofd, quelle signiâcatioii attacherons-nous à ces* mots : idées de son siècle?
Devons-nous entendre par là les idées qui corres* pondent le mieux aux intérêts dominants, aux passions victorieuses? Dans ce cas, les adopter, ces idées, c'est bien souvent s'associer à d'odieux préjugés, s'asservir aux violences de la force, se rendre instrument ou complice de la t3Tannie. Qu'à ce prix le pouvoir se puisse conserver, cela n'est pas douteux; seulement, vivre à de telles conditions est une honte, et mieux vaut périr.
Par id(fes du siècle, devons-nous entendre les idées qui, sans contrarier trop brusquement la marche naturelle de la civilisation, sont les plus conformes à la justice et aux intérêts bien entendus de la masse du peuple? Dans ce cas, les adopter, c'est s'imposer un rôle héroïque, sans doute; mais si un tel rôle a sa gloire, il a ses périls ; et se ranger du parti des oppri* mes contre les oppresseurs, du parti des faibles contre les forts, du parti de la vérité méconnue contre le ihensonge heureux, ne sera jamais un moyeti bien sûr pour se tr^aintenir au pouvoir.