‹ Questions d'aujourd'hui et de demain (volume 3)Chapitre 15 sur 38 · LA MALADIE DE BARBES · texte numérisé non relu

LA MALADIE DE BARBES

admirable instinct des femmes qui est Tinfaillibilit^ même, madame Fages ayait calculé que Barbés, en un pareil moment, ne refuserait pas une tasse de lait, présentée par moi. Ah I que c'était bien connaître rame de Barbés, âme si douce, si tendre, qu'on se demanderait comment elle a pu être si forte, n'était cette loi de nature qui enveloppe la force dans la bonté !

Notre ami François-Victor Hugo vous a traHSmis la navrante dépêche : t Plus d'espoir I > Moi j'espère encore. Lorsque, il y a environ deux heures, j'ai quitté Barbés, il était calme, sans trop d^abattement. La nuit avait été moins mauvaise qu'à l'ordinaire. S'il pouvait reprendre à la vie I Et pourquoi non ? Les arrêts funèbres de la science sont-ils donc sans appel? Il a tant souffert, qu'an dédommagement lui est dû par la destinée. Puisse la France devenir libre avant que ce grand cœur, où elle a occupé une si large place, ait tout à fait cessé de battre!

Prononcé le 22 juin 1870

« Ils D'échouent point, ceux qui tombent pour une cause juste; car ils ajoutent à la masse des pensées profondes qui conduisent le monde à la liberté. »

Ces belles paroles de lord Byron, Barbes les avait en mémoire, la veille du jour où il était attendu sur jPéehafaud.

C'est qu'en effet, pour les amis de la justice, le succès se compose de défaites, dont chacune prépare la victoire définitive de la vérité sur Terreur, du bien sur le mal.

Des amis delà justice on peut dire, par une application détournée d'un mot fameux de Pascal : t Ils sont plus forts que ceux qui les tuent, parce qu'ils savent pourquoi ils meurent et que ceux qui les tuent ne le savent pas. 0

Les rois, lorsqu'ils ont mis Uur couronne sur leur tète; les ministres, lorsquHs ont placé leur signature au bas d'un décret; les diplomates, lorsqu'ils ont bien intrigué autour d'un tapis vert; les traîneurs de sabres lorsqu'ils ont bien traîné ces sabres dans le sang, se croient des puissances. Risible orgueil I Ils ignorent que c'est la pensée, et elle seule, qui mône le monde ; ils ignorent que, bien souvent, les vivants, lorsqu'ils s'imaginent commander, ne font qu'exécuter sans les comprendre les ordres silencieux de certains grands morts. Les vrais puissants de la terre, ce sont ceux dont les idées créent les choses de l'avenir ; ceux dont l'esprit façonne, longtemps à l'avance, la vie des générations futures; eeux qui, par la parole ou l'exemple, élèvent le niveau de l'âme humaine. Oui, ceux-là sont les vrais puissants de la terre. Je sais tel apôtre du drmt, tel martyr du droit, qui gouverne plus réellement les hommes du fond de son tombeau, que le pre-^ mier des potentats ne saurait le faire du haut de son Mue*

Eh bien, Burbés ftit un âe ces apôtres, un de ces Martyrs.

A l'âge où la plupart des hommes ne s'occupent que de leurs plaisirs^ d'une fortune à acquérir &a à augiBenter, de leur carrière, comme on dit •— ce qui l'ab* serba tout entier, lui, ee fut le ^ectaele de» douleurs èm painmy qui deirinreni aastttôi ses propres donleurs. Il vit au-dessous de l'oisiveté repue le travair

ik

affamé; aQZ «Kh tout -« aux autres» rien. Il rit la société diyk^» selon rexpresstou si amàrement spiii* taelle et si sMeusement légère de Ghamfort, eu gens qui ont plus de dîners que d*appétit et gœs qui ont plus d'appétit que de dîners. Et ee tableau révolta son âme altérée de )ttstice.Il se demanda si un ordre sodal qui consacrait un parrtl partage était bieft le dernier mot de la j^losophie^ le dernier mot de la merale, le dernier mot de la science. On lui parlait de liberté; mais il ne vous comprit pas» ce grand coeur intelligent, à liberté des meurt-de-faim, liberté des ra-nu-pieds, liberté des paralytiques à qui l'on accenrde le droit d'être ingambes, liberté de ceux qui plient» dès leur naissance, sous la misère, lourd fardeau, et auiquels on crie : courez 1 le prix de la course est aux «filet ! Ce qif il comprit, c'est que la liberté sans l'égalité e«t un leurre» et la liberté saâe la fralenrtté m mrm enïel. Il consulta l'histoire; et la Sktp^tmM âw ^«Mm liât M apparut eoniBe le âèrékfpêmmft, f^-mm moins procbain maie inéf HâMe^ êiÊ ff^tt^ê ffoU «H^H mis fin à resdaTsge et M ser^^ge.fafeftfl» f'fi(Mf^ftttm, détrdner le inefMMgey Aétrs^» U itA^ëi éirflU^ possible? BirM# m péfmtàéà éptë «^HêH pmflM^f puisque c'était )ttst# '^ H ii féHftHl; ffffHf UfH^ t^^tté déreloppement de leurs fbtmitM tnéfHftim^^ U ^mUlli pour tous l'égale satisbetion de Murs ^mm^^ tkitUM*: Hais comme il ne se dissimulait pM eemMM >» fMh sation d'un semblable idéal était dlfMk es ^u'^iit

exigeait d'efforts, et ce qu'elle commandait de sacrifices, il éleva son dévouement à la hauteur de cette généreuse conception, et il offrit en holocauste au peuple. qu*il brûlait d'affranchir, sa jeunesse, sa fortune, sa liberté, sa vie.

C'est ainsi qu'en lui le penseur engendra le soldat.

Une rénovation sociale fondée,non sur l'iramolation du droit individuel au droit social, mais, au contraire, sur le développement du droit individuel par le droit social, c'est-à-dire sur la force de tous employée à rendre effective et réelle la liberté de chacun, voilà ce qu'il avait en vue, voilà ce qu'il nomma « la souveraineté du but; » et le seul moyen de l'atteindre lui paraissant être la République, il fut républicain.

Croire que, dans ion ardente guerre au gouvernement de Louis-Philippe, il ne songeait qu'à renverser les quatre planches lecouvertes d'un morceau de velours qu'on appelle trône, ce serait prendre bien mal la mesure do son intelligence et méconnaître singulièrement la. portée de ses aspirations ! Elles montaient bien plus haut.

Mais il mit au service de sa pensée un si éclatant courage; il y avait dans les allures de son dévouement et dans le fceulasfect de sa personne quelque chose qui rappelait d'une manière si frappante les anciens preux, qu'aux yeux des observateurs superficiels, le philosophe disparut en lui derrière le chevalier. Ils crurent avoir tout dit en rappelant le Bayard de la démo-

cratie. Il en fut le Bayard sans doute ; mais, si je puis m'exprimer ainsi, le Bajard méditatif.

Autre trait caractéristique de cette noble nature : si jamais homme eut à un haut degré le sentiment du cosmopolitisme et de la solidarité humaine, ce fut Barbes. A quel peuple opprimé n'aurait-il pas offert avec joie tout ce qu'il avait de sang dans les veines ? Le 23 mars 1863, en proie déjà à cette terrible maladie de cœur qui vient de nous i'enlever,il m'écrivait, d'une plume désespérée : <c Moins malade, je serais f allé me faire tuer en Pologne. Mais le moyen d'aller « recevoir un coup de fusil à quatre cents lieues d'ici, « lorsque je puis à peine faire quelques pas sans re- « courir à mon flacon d'éther? » Seulement, chez Barbes, le cosmopolitisme, loin d'avoir une existence distincte, se confondait avec un violent amour de la patrie et en faisait en quelque sorte partie intégrante. Son cosmopolitisme consistait à vouloir que toutes les nations, devenues sœurs, marchassent à la conquête du bonheur commun sous la direction civilisatrice de la France, à laquelle Barbes attribuait une sorte de mission divine, lui réservant le droit des grandes initiatives et la gloire des grands dévouements. La lettre citée plus haut disait : « Hélas 1 Tinsurrection de ces « pauvres Polonais est venue trop tôt ou trop tard « pour moi, et trop tôt aussi pour l'héroïque nation « qui va de nouveau être accablée, parce que la Répu- € blique française n'est pas là pour prêter force au

< droit; » et encore: « Je ne vis pluâ qa*à condition « de ne faire aucun acte de vie humaine, et il est triste « de prolonger ainsi son existence, lorsque notre chère c et pauvre patrie sembla n'exister qu'à condition de c ne iaire aucun acte de France. »

Aucun acte de France I Le mot est étrange; mais combien cette étrangeté même accuse avec énergie le genre de sentiment qui Ta dicté I

Le fait est que Barbes aimait la France avec une passion dont on peut dire qu'elle fut, avec Tamour du peuple, la passion dominante de sa vie. De là son inapti* tode à oublier le mal que nous avait ùAi la longue rivalité de l'Angleterre. De là l'accablement où le jetèrent, après Sadowa, les agrandissements de la Prusse sous les auspices d'un roi despote. De là aussi les inquiétudes exprimées dans ce passage d'une de ses lettres : c Qui « sait si, dans 25 ans, les Anglo-Saxons d'Amérique ne « seront pas cent millions d'hommes ? Que deviendra, c en face de cette agglomération, notre pauvre petite « France que Ton ne veut pas même étendre jusqu'au « Rhin ? Le monde serait-ii donc aux Anglais ? Et € Tavenir n'aura-t-il qu'un tombeau pour la nation € qui fit la Révolution, pour la patrie du dévouement s et de l'égalité, de Jeanne d'Arc et du socialisme? »>

J'ai prononcé le nom de Jeanne d'Arc; pas de nom qui revint plus souvent sur les lèvres de Barbes; pas de nom qui se retrouvât plus naturellement sous sa plume. Il ne parlait d'elle qu'avec attendrissement. Il

FUNÉRAILLES DE BAUBès 251

associait le souvenir de cette sublime fille du peuple à tous ses élans d'enthousiasme. C'était comme sa vierge Marie à lui, et Ton eût dit qu'il lui avait construit une chapelle au fond de son cœur. Avec quel orgueil il s'écriait un jour : « Il est possible que d'au- . « ires nations aient produit d^aussi grands hommes « que la nôtre. Mais quelle autre nation jusqu'à préc sent s'est montrée capable de produire une femme « de génie comme George Sand, et une sainte comme « Jeanne d'Arc? » Ai-je besoin d'expliquer ce culte de Barbes pour Jeanne d'Arc ? Elle avait sauvé la patrie !

Et quand on songe que l'homme qui aimait la France au point de faire tenir dans cet amour celui, bien vaste pourtant et bien profond, qu'il éprouvait pour l'humanité, s'est condamné à vivre loin d'elle, et que c^est là, là, dans une fosse creusée sur une terre étrangère, qu'il a voulu dormir le sommeil dont on ne se réveille plus!

Car c'était aussi un exilé volontaire que Barbes. Que dis-je, volontaire? Est-il donc un exil plus forcé que celui qui est décrété par la conscience ? Ah ! vous ne soupçonnez pas,vous ne savez pas ce que contient d'angoisses le regret de la patrie absente, vous qui croyez qu'il y a des exilés volontaires I Les républicains, qu'on nomme tels, obéissent, il faut qu'on le sache, à un souverain dont le trône est au fond d'euxmêmes, et dont les ordres sont d'autant plus difficiles

à éluder, qu'ils s'imposent invinciblement au respect des cœurs qu'ils déchirent!

On n'approfondira jamais ce qu'a été pour Barbes ce long exil, que lui ont rendu si douloureux d'intolérables souffrances physiques, l'idée de Ja patrie courbée sous un maître, et le froissement d'une âme sur laquelle les affections de famille avaient tant d'empire ! Qu'elles sont touchantes et qu'elles le peignent bien, les lignes qui suivent : a Je veux épargner à ma sœur, a à mon frère, la peine de mes derniers instants. Je f n'ai laissé dans mon logis de là-bas que des souve- « nirs de force et de jeunesse, qu'al-je à. gagner de les « faire disparaître sous ceux do mon épuisement? Après « moi, il y aurait tel fauteuil, telle place à table que « les êtres que j'aime ne pourraient regarder sans se « dire: t C'est là qu'il s'asseyait; là qu'il a mangé « pour la dernière fois avec nous, près de nous, et leur « cœur se briserait à ce souvenir ! Mort au loin, il leur « semblera que je suis toujours vivant, i Qu'on mesure, si Ton peut, la profondeur d'une souffrance qui lui faisait redouter la présence de parents qu'il aimait comme ils étaient dignes d'être aimés, qu'il aimait du fond des entraiiles. Mourir au loin, mourir, seul 1 Ah! il pouvait bien, par excès d'affection, ne vouloir pas franchir la distance qui le séparait de son frère, de sa sœur, de sa nièce, du mari de sa nièce, et de la charmante enfant, leur fille ; mais eux, quelle puissance au monde aurait pu les empêcher d'accourir, à la pre-

miôre nouvelle qui alarmerait leur tendresse ? Aussi a-t-il quitté la vie, entouré de leurs soins et comme enveloppé de leur dévouement.

Mais quelle est donc cette fatalité terrible qui poursuit les dévoués ? Louis, le frère de Barbés, ce frère dont le cœur a toujours si complètement battu à l'unisson du sien, dont les traits rappellent les siens, dont la voix est presque la sienne, le voilà étendu à son tour sur un lit de douleur, dans la maison mortuaire, désolé, navré, inconsolable — inconsolable de n^être pas près de ce cher tombeau.

Quant aux amis de Barbes, combien j'en connais qui seraient ici eu ce moment fuaèbre, si pour presser sa main mourante et raccompagner au champ du repos qui dure, il ne leur avait fallu que s'arracher m leurs affaires, traverser lainer! Mais, comme Ta écrit l'un d'eux, leur deuil du moins est avec nous.

Barbes a été bien méconnu, bien calomnié, par ceuxqui ne le connaissaient pas; mais, en revanche, 11 a été aimé de ceux qui l'ont connu comme personne, peut-être, ne le fut jamais. Et à cela quoi de surprenant ? Il était si indulgent aux autres, cet indomptable esprit ! Elle était si douce, cette âme stoïque ! Le sourire avait quelque chose de si pénétrant sur ces lèvres austères! O vous tous qui avez approché Armand Barbés, vous savez s'il était possible do le voir sans l'aimer ! C'était, dans toute la force du mot» un charmeur, que cet inflexible représentant de l'inflexibilité

254 PtJNlklAILLBS DB BARBÉS

républicaine, que ce Taillant homme, que ce modèle des Tertus fortes. Jamais nul ne parla mieux aux enfants le langage qui leur conrenait. Il y a des lettres de lui à la fille de sa nièee qui sont yraiment adorables. Il avait des délicatesses de femme. La dernière fois qu'il me ftit donné de le roir rlrant, ému de Témolion que j'éprourai au moment de lui dire adieu, il rassembla toutes ses forces pour sourire, et cria à sa sœur d'une voix étouffée mais qu'il s'efforçait de rendre gaie : t Augusta, des verres ; et buvons tous à la République 1 » C'est ce que nous fîmes, et ce que lui-même essaya de fttire, en se donnant un air joyeux. Hélas ! j'y fus trompé, tant je tenais à me tromper sur son état ! Je crus à un retour possible de la vie. Mais non : c'était un admirable artifice de l'amitié. Il voulait consoler, rassurer ceux qui pleuraient & cause de loi!

Encore un mot ; quelque valeur Intrinsèque qu'on attribue aux conceptions métaphysiques, elles ont, en tout cas, cela d'important qu'elles indiquent la pente générale de notre esprit,qu'elles sont comme la contreépreuve de nos sentiments les plus intimes. £h bien, dans sa dernière lettre, Barbes m'écrivait : « Tu éproua verasune peine bien vive si je meurs. Car tu auras « un ami de moins dans ce monde. Je voudrais que le « système de Jean Reynaud fût vrai, pour qu'il nous « fût donné de nous revoir ailleurs. » Ces quelques lignes donnent la clef des opinions métaphysiques de

Barbes; elles en montrent la source. C'était ce qu*il y avait en lui d'affectueux et de tendre qui le faisait croire à l'immortalité de Tâme en lui rendant insupportable ridée des séparations absolues, déflnitiyes. Là était le secret de sa foi dans la permanence de Tétre, dans la continuité de son développement progressif, dans l'existence, disait Barbes lui-même,d*une échelle sublime de Jacob, appuyée sur la terre et montant, sans finir jamais, de sphère en sphère et d^astre en astre.

Du reste, dans quel moment mieux que dans celui* ci pourrait-on être porté à admettre l'idée de la dnrée éternelle ? quoi ! Ce qui fut Armand Barbés il y a quatre jours à peine, ne serait plus aujourd'hui qu'un peu de ponssière l Pour moi, je ne saurais y souscrire. Barbés, au revoir, au revoir I Pour les hommes d'élite surtout, pour les grands hommes^ dont aucun ne fut meilleur que toi, la mort est une porta ouverte sur l'immortalité.

Publié le 13 juin 1872.

Quand on réfléchît que la femme est ia source de la vie, l'âme de la famille, Télément générateur et conservateur de la race humaine, on s'étonne que la condition des femmes ne soit pas Fobjet de préoccupations plus générales, plus vives. Et i'étonnement redouble, quand on songe qu'il s*agit ici de la destinée de l'être humain, — oui, de l'être humain; car l'être humain n'est ni l'homme ni la femme : il est les deux.

Mais, hélas ! il n'est que trop vrai : « Sur beaucoup de questions, à cette heure, les gouvernants sont en retard. » Ils sont en retard sur l'amnistie, attendue par nous depuis si longtemps tt avec une si douloureuse impatience. Ils sont en retard sur la nécessité d'en finir arec la peine de mort^ question à laquelle des ajour-

nements successifs disputent la lumière d'un débat public, et qui figure inutilement à l'ordre du jour, pendant que « Téobafaud sévit » ! Ils sont en retard sur bien d'autres questions encore ! L'émancipation civile des femmes est du nombre.

Je ne rechercherai pas jusqu'à quel point l'orageuse existence de la place publique, la mêlée des combats parlementaires, le bruit et l'agitation de la politique militante sont incompatibles avec les fonctions particulières qui, en dehors de toute convention sociale, semblent assignées à la femme par son organisation même ; je n*examinerai pas si ceux-là ont tort ou raison qui, tout en admettant cette incompatibilité d'une manière générale, veulent qu'on laisse à la nature le 80ia d'«n déterminer les effets et demandent que -des r^lements faits de main d'hommes ne soient pas arbitrairement et artiâciellement substitués, pour la &mme^ à ia loi naturelle des vocations et des a^^ti^udes : de quelque façon que l'avenir doive résoudre ua problème dont de graves considérations font redouter à de fort bons esprilâ Ja solution immédiate, ce n'est pas celui qui était posé par les promoteurs du banquet d'avant-bier,

L'toancipatioQ cîmle des femmes , voilà Tœuvi^ l^r laquelle ils iBvoquaieot le concours des esprits élevés et des âmes 'généreuses. Leur appel sera entendu%

<Q|]e> éàVÊ i'état de êM moanm^ et ea vertu de eao-

se^ qtt^ j anali^^Ferai plu6 loln^ toutes Jes femm^ ne «eûtent pais ia pesanteur du joug légal forgé pourries, et même que plusieurs Tignorent, soit ; maid combien le connaissent, «t^&souAr^t, et eu gémissent i Que £aut-il de plus poar qu*oQ le brise ? Comme M. John StuartMillTa très bien faitobser^er, ionsqa 'un homme âe marie, la loi n'exige pas de lui la preure qa'il est parfaitement digne d'exero^r l'autorité absolue dont elle rinFestit* Celte autorilé, elle la deone d'avance à tous les maris, saos condition, sans distinction { elle la livre aux natures grosstôres et brutales comme aux jiatures d'élite.; elle la conâe, chose effi^^ayante à pea- 4Kr^ au premier venu* «

Eh biexi^ pour peu qu'on fasse le compte des êtres vloleuts et penrers qu'enfantent les vices d'une civilisation imparfait^ on aura de la peine à comprendre que le législateur n ait pas irémi à la eeule idée de consacrer, au p.roâtde chacun d'eux, oeluide tous les despotismss dont l'abus est le plus diifâcile A répdmer et le plus terrible» Qu'est-ce, en eâet, que la tyraimie politique, comparée 4 cette tyrannie domestique qui^ là où elle existe, place continuellement le bourreau iace  face av^c la victime, pénétre dans tous les détails de la vie, et, p9>esque toujours, frappe iuipunémeiit, parce qu'elle Chappe dans Tcmbre, et parœ ^'il &ut 41a femme, pour s'en plaindre avec éclat, un effort plus grand que pour la subir en sitence?

JL.e point à considérer n'est donc pas «elni de isav^r

si Tautorité que la loi donne au mari est toujours exercée despotiquement, mais si son essence est d'être despotique.

Interrogeons à cet égard le Code civil. — Je l'appellerai le Gode Napoléon, afin de le mieux distinguer du code de la Convention, avec lequel il serait par trop injuste de le confondre. — Interrogeons, dis-je, le Gode Napoléon, et voyons ce qu'il répondra.

En échange de la protection qui lui est due par son mari, la femme lui doit obéissance.

La fidélité est-elle un des devoirs mutuels des époux? Nul doute à cela, répond le Code Napoléon. Mais admirez de quelle manière il comprend la réciprocité de cette obligation suprême! Pour la femme adultère, trois mois, six mois, un an, deux ans de prison. Pour le mari adultère, quelques cents francs d'amende. Au mari, si sa femme est infidèle, le droit de demander la séparation de corps ; à la femme, si son mari la trompe, nul droit correspondant, à moins qu'il n'ait c tenu sa concubine dans la maison commune , » et ajouté ainsi la souillure du lit conjugal à la violation de la foi jurée.

Trouvez donc étrange, après cela, que la société, inexorable pour les faiblesses de la femme, ait des trésors d'indulgence pour les désordres du mari ! L'opinion est si pou disposée à lui faire un crime de ses galanteries) et il le sait si bien, qu'il s'en fait gloire. Ses infidélités ! ne les appelle-t-on pas des con--

quêtes f Mais malheur à la femme qui succombe, si sa faute cesse d'être un secret ! La voilà irrévocablement perdue. Les femmes se détournent d'elle avec insulte et dédain, quelques-unes avec pitié. Les hommes sa croient autorisés à l'assiéger de leurs plus insolents hommages. En butte à la fois au mépris qui la fuit et au mépris qui la poursuit, c'est à peine si toute une vie de repentir et de vertus sera pour elle, aux yeux du monde, Texpiation d'une heure d'égarement !

Or, n'oublions pas que c'est la loi ici qui enseigne à l'opinion TiDjustice.

Et que fait-elle du mariage, cette loi ? Une ehaîne. Ài-je besoin de dire pour qui ?

Dans quelque pays qu'il plaise au mari d'aller, dans quelque lieu qu'il lui prenne fantaisie d'habiter, fût-ce, écrivait Pothier, dans un lieu infecté de la peste, sa femme est obligée de le suivre.

Qu'elle ne s'échappe pas de la maison conjugale ! Elle risquerait d'y être ramenée de force par les huissiers et les gendarmes.

La femme, ester en jugement sans l'autorisation de son mari ! Allons donc !

Et voyez dans quelles inconséquences, dans quelle pitoyable confusion le parti pris de rabaisser la femme a fait tomber les rédacteurs du Gode Napoléon. Si le droit d'administrer les biens de la communauté n'appartient qu'au mari sous le régime de la communauté, 0^ n'a pas du moins refusé à la fei^me le droit d'^d-

ministration soias le régime ooûtractuel ou judiciaire de la eéparation de bien», soub le régime dotal à Tégard des parapheruauSL, et même sous les deux autres ré« gimes & l'égard des biens réservés. Mais administrer •ans avoir le droit de donner , ni d^aliéner^ ni d'hypo^ tbéquer, ni d'ii^uérir, eèt-ce possible? Cette difflculté et la prévision ût^ eontroverses qui en pouvaient sortir n'ont point arrêté les (facteurs du Gode Napoléon^ et la plième n'a pas tremblé entre leurs doigts lorsqu'ils ont écrit dans rarticle 917 : « lia femme, même non commune ou séparée de biens, ne peut âonner> alié^ ner, hypothéquer, acquérir à titre onéreux ou gratuit, sans le concours du mari dans l'acte ou son consentement par écrit. » Tester sans autorisatioui la loi veut bien te permettre à la femme ; mais toute acquisition gratuite, même par testament, lui est interdite, ai elle n'est autorisée. Caractéristique est la raison qu'on en trouve dans les commentaires : il &ut sauver le sete féminin de la tentation de «"avilir (

Le mari meurt. On pourrait croire que <Miie qui a t30û00ur«i) Binon A le rendre riche, du moins & le rendre heureux, mérite une part dans sa suocêSsion. Dèl n'est pas l'avis du Code.

Ainsi, en ce qui concerne les droits et les devoirs respectif des époux, la loi se place invariablement au point de vue de l'infériorité et de Tîncapacité de la femme.

Et ce point *é vue est aussi celui d'où elle part

La question d£S feMmss 2d3

pour régler les rapports de la mère avec ses enfknts.

Que la recherche de la paternité soit interdite, et la recherche de la maternité permise, on le comprend» à la rigueur. La loi ne permet pas qu'on recherche la paternité» parce que c'est un fait qui échappe à Tobservation» sinon à la preuve; et elle permet qu\>n recherche la maternité, parce que c'est un fiiit très observable, et plus susceptible d'être démontré. Mais puisque la maternité repose sur des bases plus certaines que la paternité, il semble que si, à regard des enfants, il fallait absolument établir un pouvoir autocratique au sein de la fttmillo, c'est plutôt à la mère que ce pouvoir devrait appartenir. C'est le contraire qui a lieu.

TITRE IX : De la puissance paternelle. Et c'est bien en effet la puissance paternelle que le titre IX a pour but de constituer.

Vainement l'article 872 nous assure-Ml que, Jusqu'à sa majorité ou son émancipation, l'enfont reste sous l'autorité de ses père et mère : ce qu'une pareille communauté de droits a de dérisoire, l'article 373 nous rapprend en ces mots : « Le père seul exerce cette autorité pendant le mariage. »

Voilà le principe ; et certes on ne reprochera pas au Code Napoléon d'avoir reculé devant les conséquences.

L'enfant veut-il quitter la maison commune ; il n'a besoin pour cela que de la permission du père : celle

de la mère et les déchirements de son cœur ne comptent pas...

L'enfant donne-t-il à ses parents des sujets de mécontentement très graves ; au père seul le droit de correction, soit par voie de réquisition, soit par voie d'autorité. Lui mort, ou dans l'impossibilité légale d'exercer la puissance paternelle, cette puissance passe à la mère, c'est vrai; mais, dans ce cas, elle n'en saurait faire usage qu'avec le concours des deux plus proches parents paternels, et par voie de réquisition seulement.

Le père est toujours maître d'abréger la durée de la détention du âls qu'il a fait emprisonner. Sur ce point, le Gode est formel. Et la mère? La mère peutelle pardonner à son enfant ? Sur ce point, le Code est muet.

Que dire encore ? Vienne pour l'enfant l'heure du mariage, il lui faudra, jusqu'à un à^e déterminé, le consentement de ses père et mère. Mais que vaut celui de la mère, puisque, en cas de dissentiment, celui du père suffit ?

La mère ne peut donc rien 'par elle-même^ en ce qui regarde ses enfants; elle ne peut ni travailler d'une manière indépendante à leur fortune, ni disputer aux prodigalités de son mari leur bonheur à venir, ni les retenir auprès d'elle, ni les corriger, ni leur pardonner, ni les marier.

Et maintenant, si Ton se rappelle que le divorce a

été aboli ; que celle dont le lot est d'avoir un mauvais maître est privée de la ressource d'en chercher un meilleur ; que l'indissolubilité du mariage imprime à la servitude légale dont le tableau vient d'être tracé, l'aggravant caractère de la permanence, et que l'unique moyen d'échapper à la servitude est la séparation de corps,— triste et dangereux expédient qui condamne une femme à être mariée sans l'être, à porter le nom d'une famille qui n'est plus la sienne, et à ne pouvoir retrouver dans le monde une place qu'elle n'a point mérité de perdre, — ^on aura une idée à peu près exacte de la situation que le Gode Napoléon crée à la femme, à Tépouse, à la mère !

J'ai décrit la condition légale des femmes en France, et je n'ai pas caché combien je là trouvais injuste et dure.

Heureusement, la nature humaine est soumise à l'action d'une foule d'influences qui contrebalancent, mitigentet finissent par détruire Tinfluence des mauvaises lois. Sans cela, les mauvaises lois seraient éternelles et le progrès serait impossible. Le Code Napoléon a bien pu, comme je l'ai dit, mettre à la disposition d'êtres vils et grossiers une autorité funeste, mais il n'a pu faire que cette autorité fût exercée

dd6 Là question DBS FBMIlEfl

detpetiquemeût par des hommea au codup iiobla et à I*osprit délioat. La tyrannie de la loi expire au tieuU de toute maison bien ordonnéia. L*affection, la eon^ flanoe et le respect qu'inspire à tout honnête mari celle qu'il admet au partage de sa destinée, lorsqu'elle est digne d*avoir fixé son choix ; la douceur dee soina journaliers qu'elle lui rend, le oharme des habitude» de flimiUe, et surtout, en ce qui concerne les enftmts, la communauté des intérêts, des Inquiétudes, des chagrins, et des joies, en voilà certes plus qu'il ne faut pour qu'à l'égard d'un pareil ménage, la loi soit lettre morte . De là ce mot dMne femme qui, appre* nant en quoi consistait sa situation légale» s'écria, le sourire sur les lèvres : f Franchement, je ne me sa-^ vais pas si esclave que cela ! »

Mais le mérite des institutions se juge par le carac-^ tère de ce qu'elles prescrivent ou défendent, non par la manière plus ou moins stricte dont on les applique^ Elles sont radicalement vicieuses, lorsqu'elles laissent flotter à la merci des méchants un pouvoir qui, pou^ être tolërable, a besoin d'être exercé par les gens de bien. Il en est du despotisme domestique comme du despotisme politique» qu'on ne saurait à coup sûr absoudre en opposant aux crimes de Callgula et de Néron les vertus d'Antonin et de Marc-Aurèle.

Je vais plus loin : Je reconnais que Tautorité absolue n'est paSj à beaucoup près, dans tous les ménages, du côté où elle a été mise par la loi. Au pou-*

Toir légal établi contre elles^ il eit des femtntec qui opposent atec araatage le pouvoir naturel qu'elles doivent soit à la supériorité de leur espdt^ soit à la forée d*un oaraotère indomptable, isoit au suocès de eés mille artiâced.dont la fatalité d^lne existence dépendante suggère et conseille remploi. Mais, outt^e qu'il y a dans remploi dé la violence ou de la ruse tine t^use de dépratation, les ftinmee qui (Hit recours & dès ï&oyens ée ce géâfe pour se protéger sont préeisément celles qui ont le Ynoiâs beioin de protèotion, qui quelquéfbfs en sont le moin^ dignes. Et, â*uti tXxVée côté, les isïétiB qui se laissent enlever de b sorte Tusâge de leur i^UYoir sont en général cent qui, dans aucun cas, n'auraient été portés à en faire abus. Qu\)n ne cite donc pas comme Compensation aux maûi qu'entraîne i'ass^irvissement dès femmes trop douces pont résister avec énergie on trop Bères ponr ramper Jusqu'à la dominalâon, l'autorité dont jouissent oellè» qnt ent hérité diô la quènoullte d'Orne phale tX de la tobô de Déjanlrè.

Que la subordination du sexe le plus faible au sexe te pins ftrt soit un fait ^ui remonté, de siècle en siècle, Jusqu'à Torîjgîne connue des sociétés, rien de plus Vfal. Et c'est en ôeci surtout que les exceptions Confirment la règle . Si nous voyons la femme religieusement honorée parmi les races germaniques, au temps des Anrinla et des Yelléda^, si, pins tard, an mo^j^n âgé, elle nous apparaît laimée avec respect et

protégée avec dévouement» dans le monde, bien resserré d'ailleurs^ de la chevalerie, que nous apprend, en revanche, Thlstoire, je ne dirai pas des peuplades sauvages, mais des nations même les plus policées?

En Grèce> pour ne citer qu'un exemple, dans cette Grèce ancienne où la civilisation eut son berceau, était-ce bien la femme qu'honoraient les Athéniens ? Non, c'était la courtisane, c'est-à-dire la femme asservie aux plaisirs de l'homme. Lorsque Hypéride, pour faire absoudre Phryné, faisait tomber devant les juges les voiles qui leur cachaient les mystères de sa beauté, que signifiait cela, sinon qu'aux yeux d'Hypéride, comme aux yeux des juges, le mérite de la femme consistait à charmer le sexe dont elle n'est pas ?

De l'idée qu'on se faisait de la mission des femme« dans les temps bibliques, on peut juger par ce tsAt qu'elles-mêmes, à cette époque, regardaient la stérilité comme un signe de réprobation — jusque-là qu'elles avaient recours, faute d'une fécondité réelle, à une fécondité fictive, à une fécondité d'emprunt ! — c Vous savez », disait Sara parlant à son mari Abraham, « vous savez que le Seigneur m'a mise hors « d^état d'avoir des .en&nts ; prenez donc ma ser- < vante, afin que je voie si j'aurai des enfants par € elle. » C'est qu'en effet les croyances religieuses de l'époque des patriarches demandaient que la race d'Abraham se multipliât par tous les moyens, de telle çorte que cette parole du Seigneur fût accomplie ;

^ « Je vous ai établi pour être le père d'une multitude « de nations. » Voilà pourquoi la destination reconnue de la feinme, dans les âges bibliques, n'allait pas au delà de ce qu'exige la multiplication de Uespèce.

Mais s'il est une chose dont on doive s'étonner, c*^st qu'une notion aussi grossière ait si longtemps survécu au moment où elle <ivait sa source, et que le progrès ne Tait pas encore bannie du domaine de l'esprit humain. « La première des femmes est celle qui fait le plus d'enfants, » disait un jour Bonaparte, mot brutal, bien digne de son brutal génie l Car si Bonaparte n'avait pas pour penser ainsi les raisons qu'on trouve dans la Genèse» il en avait d'autres qui sont propres aux égorgeurs de peuples, aux meurtriers en grand. Il leur faut beaucoup d'hommes qui naissent, parce qu'il leur faut beaucoup d'hommes qu'on

Il n'y a donc point à le nier, hélas I la méconnaissance des droits de la femme, de son importance sociale, de sa dignité, est un fait qui a le double caractère de l'ancienneté et de la permanence. Mais en est-il pour cela plus légitime ? Autant vaudrait proclamer la légitimité de l'esclavage parce qu'il a traversé toute Thistoire, ou celle du despotisme politique parce qull est aussi vieux que le monde.

Et c'est bien en vain qu'on chercherait à justiâer l'assujettissement d'un sexe à l'autre par les dues différences qui» au point de vue itfteUt

270 ul question dbs femmes

«K»ml, les difltifigtteot» Af tut 4e trancher la ^«esUon , U y «i«raU i examiner ti ees ^UTiirencefl ont été suffi- «amaieat étudiées; si eUes ont pu l^être; 6t le s^ce féminîA» dans «a miUea où il lui «emt persiit ds se déFetofiper JilNwneiit, eerait tout Jt iait tel qu'il bous >a|)pal!^ aiyourd'àui; «i^ dans te lûlîett où nouis setii- «leSh ce qu'ea «appelle te «.tul^ de te fenuce a'« itoa «d'artifloîeli; si «ea iaiftrionté supposés n'est pas te ré^ «iltat des lois auxq«eUes elle a été eouttitee, 4e l'édmaiion iMoispt^ <et fa«sse «qu'on tei « donnée^ 4tt tC6rde eu ses pFéûceufyatioas ont été tonfiaéesie^ps^ éé»atiq«ement, d« moule où de «bonne Iseure <nit «été Jetéesses idées; il y aurait Jt examiner 4ri «n repro- <olMn!t e«x ienunM d'être trof peu instruHss^ trop mo •oessibles à ^des influeaees najrstîqnss, trop iacuptea^on" mMeSy to>p passionnées, trop avides d'iteop^ages frivoles, trop absorbées dans le désir de plaire^ltfop portées à suliorâonner les grandes dioses aiux petites et à des întérâts particuliers rintérèt général, tes faoaunes ine leur neprocbent ^as d^étre oe que tes jiommes tes ont Mies.

Quand on parte de ta fmture^ on cntblte toujours jusqu'à quel yoînt ^« est suraeptiibte d\g(re tnodiâée {MOT les irifKMMstMMSSs sodetes, par te direc<ten i«.pri^ mée aux idées, par Tédncatii» eN; tes ttsagesqu'^te déitmnane. A qwfein'un lofù «dtaît devant tet te vieil este^e : « h'hÊMUnlm eet une neooids mi»t% *> «n mMMte «Mbm Tépondil --^ parole fMftndel -^

mà^

« Vcns yo«8 ttxmpea, monBèeur, le'est la premiëf^ i Du reste, que le sexe dont le long assemssemeût n'a été, après tout, que Pappltcatioli du droit du ^lus ^rt^ possède des qualités distindives; que son domaine ^ et il n'eu est pas de plus kmM ^^ «oit celui du 8«atiuie^t ; que ^ part ^ «t il n'en est pas de plus belle ^^ soit C6!l« du eœor ; que £oa luâueiroe ^ et il n'en eet fAS de fbaa douce «*^ soit cette q«M s^eieroe par ramoufs (m peut omettre tout cela, sam qu*U y ait rien A en conclure contre r«^alifê des ses«s. De ùe que la femme mi«Bt pass ^ntblaèîfe & Tfacnnii)^ il ne «uit en aucune ftmn quelle nie soit ps^ «M ifffwle. St métne. Cette dissèttf^nce <»»t une raison de pluis pour qu'on s'apj^ique A K^oYnjpUter par le lit^re <eon^sours de la femme toute <eeuTre qui intéresse la destinée 4e l'être hufusin.

C'est ce qu'avait compris <ou du in<4nâ entrevu te <3ode de *a Oonventîo») ^ «uj^érie^ir, ï»r ce c6*é-4à surfout, au Oe^te «ropd^fowren. Partant de œ principe, que le mat^age =est uoe asscciation t<^ontaît^ fon^dée sur ra.inour, «et qui a pour -essence la liberté -et f égalité, le €ode de la Contention appelait les époux : « !• à régler librement les conditions de leur unten; ^* à exercer un droit égal pour l'fedminîstraHfon de leurs biens. »

n -est, je le suif, un argument spécieux qu'on appose & la consécration du prilieipe de Tégalilé en tta^ tière de marié ge t c'est celui qui se ïii^ de »a dif*îu«*,

pour les époux, d'arriver à une décision en cas de désaccord.

Mais, comme Ta écrit M. John Stuart Mill, lorsqu'une association industrielle ou commerciale est formée entre deux ou plusieurs personnes, est-ce que la loi intervient et désigne d'avance celle à qui appartiendra la conduite de l'entreprise ? Et Texpérience prouve-t-elle que la marche d'associations de ce genre soit rendue impossible par l'absence de conditions différentes de celles qui résultent du commun consentement des associés et des arrangements dont ils conviennent entre eux? L'unité de direction est nécessaire, sans doute; mais s'ensuit-il qu'elle doive d'avance, invariablement, aveuglément, être assignée à la même personne ? La division des fonctions et la détermination des droits respectifs que celte division implique ne peuvent-elles pas être, dans le mariage aussi bien que dans toute autre association volontaire, l'objet d'un arrangement préalable et librement consenti ? Enfin, n'est-ce pas de la sorte que, bien souvent, les choses se passent dans la famille, même sous l'empire d'une loi de contrainte et en dépit d'elle ?

Je m'arrête. Dire ce que la condition sociale des femmes du peuple ajoute aux misères de leur condition civile; dire ce que le mariage réserve de douleurs à celles pour qui le mariage n'est que ralliance tragique de la pauvreté avec la pauvreté; expliquer

comment il est des mères à qui la maternité n'apporte que tentations funèbres ou terreurs» et des jeunes allés qui, dans un amant, chose effroyable, Toient une ressource contre la faim , ce serait, non pas précisément sortir de la question soulevée, mais aborder un sujet qui, par son importance poignante et les développements qu'il nécessite, dépasserait le cadre où il faut, cette fois, que je me renferme. Je finis donc, en répétant ces paroles d'un penseur que l'aime à citer : «La moralité des premiers âges était dans l'obligation de se soumettre à Tautorité. La moralité des âges qui ont suivi a été dans le droit qu'avait le plus faible à la tolérance ou à la protection du plus fort. Il est temps que la moralité qui s'est appelée tour à tour la soumission et la gënérositë^ fasse place à celle qui se nomme la justice. >

Page 1