UN MOT SUR FRANKLIN
plus favorable, et les expose moins à être contredites.
N'est-il pas bien remarquable que, dans cette liste, une place ne se trouve marquée pour aucune des vertus qui, telles que le courage, la constance, la fermeté, la passion du vrai, Thorreur de Toppression, le mépris de la mort, se rapportent à des idées de sacrifice et de dévouement ?
Et pourtant, c'est dans l'exercice de ces vertus-là que consiste le culte de Thumanité qui, sans elle?, n'aurait jamais été disputée au mensonge et à la tyrannie. Ce sont ces vertus-là qui font les héros, les réformateurs... et les martyrs.
La théorie de Franklin sur VArt de la vertu n'est donc paS| tant s'en faut, d'une application universelle. J'ignore quand arrivera, et s'il arrivera jamais, le temps où il n'y aura plus, pour les esprits d'élite et les grands cœurs, d'imposteurs à confondre, de despotes à combattre, d'opprimés à défendre ; mais tant que le mal régnera sur la terre, le monde aura besoin d'hommes qui soient vertueux sans avoir intérêt à l'être, et qui donnent pour but à leur existence, non le bonheur, mais la justice.
D'ailleurs, même dans la vie privée, il est des circonstances qui rendent impérieux le devoir du dévouement et l'exercice des austères vertus que l'accomplissement de ce devoir comporte. Pour être vertueux, même dans les conditions les plus obscures, ne